L'amitié masculine laisse terriblement à désirer dans "My Effortless Brillance", un film peu intéressant tourné avec presque rien et qui mise tout sur son improvisation. Parfois mieux vaut se contenter de la forme du court-métrage.
Eric (Sean Nelson du groupe musical Harvey Danger) est un écrivain égoïste qui possède un gros ego. Conscient qu'il est en train de perdre ses amis, il décide de remédier à la situation. C'est pourquoi il aboutit au chalet de son ancien complice Dylan (Basil Harris) afin de prendre des nouvelles et de rattraper le temps perdu. La fin de semaine ne sera pas de tout repos au sein de ces deux anciens meilleurs complices de la planète.
Avant d'être reconnue pour son pétillant Humpday qui a pris l'affiche en 2009, la cinéaste Lynn Shelton a tourné deux précédents essais, dont "My Effortless Brillance". Ce récit, qui se veut réaliste et naturaliste, ne bénéficie pas réellement d'histoire. Il n'y a qu'un canevas - l'amitié masculine - qui est exploré pendant 80 minutes. Cela laisse énormément de place à l'improvisation, mais également aux scènes qui s'étirent inutilement, aux dialogues sans sens et à la dérive de l'intérêt. Rajoutez à cela un manque d'émotion et de l'humour qui laisse parfois à désirer et le temps peut sembler très long.
Le talent des comédiens est plus ou moins bien exploité et la mise en scène manque fondamentalement d'attrait. La metteure en scène veut tellement offrir un produit minimaliste qu'elle multiplie les gros plans, faisant souvent trembler sa caméra, seulement pour faire rejaillir la "vérité" de son effort. Ce qui, ironiquement, aura l'effet contraire, l'enfermant dans son maniérisme, n'ayant absolument rien à voir avec le cinéma britannique, celui des frères Dardennes ou celui de ses confrères américains indépendants (comme Lodge Kerrigan qui est vraiment dans une classe à part).
Ce dépouillement touche le plan musical, où de rares cordes mélodiques bercent les protagonistes. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 s'avère extrêmement limitée, oubliant les enceintes situées sur les côtés pour se concentrer sur les nombreux dialogues, généralement audibles, qui peuvent être accompagnés de très visibles sous-titres en anglais et en espagnol. Les images banales ne sont guère stimulantes. Les couleurs froides laissent de glace, les contrastes demeurent beaucoup trop sombres, le grain est omniprésent, le blocage aussi et la définition des contours est loin d'être édifiante! Mais bon, c'est peut-être une question de style...
La sympathique pochette montre les deux personnages principaux au sein d'un dessin colorié représentant des arbres, des montages et une table à pique-nique. Le menu principal du DVD s'approprie cet esthétisme statique en y saupoudrant une douce mélodie à la guitare. En plus d'une bande-annonce et de quelques publicités, les suppléments proposent 11 minutes de scènes supprimées qui traînent en longueur, un dépaysant documentaire de 13 minutes sur le tournage et une piste de commentaires ornée des voix d'environ une douzaine de personnes de la distribution et de l'équipe technique! Ce brouhaha décontracté s'avère parfois brouillon, sauf qu'il intéresse nettement plus que le résultat final.
"My Effortless Brillance" est une curiosité s'adressant uniquement aux amateurs de Humpday de la même réalisatrice. Même là, rien ne dit qu'ils y trouveront leur compte tant l'ensemble manque singulièrement d'attrait. Sur un sujet connexe, il est presque normal de préférer le plus accessible I Love You, Man de John Hamburg qui n'a aucune autre ambition que de divertir sans se prendre au sérieux.
| Film | 4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 6 |