Oubliez le film de 1966 avec Monica Vitti, voici la vraie Modesty Blaise, héroïne créée en 1963 par Peter O'Donnell, vedette de multiples romans graphiques et bandes dessinées. Comme disait Dalida dans sa chanson, Modesty Blaise "c'est dans le genre de la féminité de la dynamite en jupon". Pour la première fois, nous avons un aperçu de son origine et la raison de son unique nom à travers une production stylisée, mais peu polie. Son histoire nous est racontée en format "flashback" suite à l'attaque de l'établissement où elle travaille par un homme qui en veut à son patron, Henri Louche (Valentin Teodosiu). Cet homme du nom de Miklos (Nikolaj Coster-Waldau) tient Louche responsable de la mort de son père qui lui avait acheté des armes qui se sont avérées très défectueuses. Après avoir tué Louche, Miklos veut s'attaquer à l'argent de celui-ci qui se trouve dans son Casino à Tanger, en Afrique. Modesty (Alexandra Staden), qui y travaille, essaie de retarder Miklos en utilisant son assurance absolue de la situation. Elle le convainc de jouer à la roulette le sort des otages, échangeant quelques détails de son passé.
Elle lui raconte, tout en préparant son plan, sa vie d'orpheline à partir de six ans où elle s'est enfuie d'un camp de réfugiés à Karylos en Grèce avec un professeur hongrois (Fred Pearson) qui lui a donné une éducation et un nom. Il lui a appris plein de choses utiles comme à parler et écrire l'anglais, le français, l'arabe, le croate, l'italien et le berbère, comment voler une voiture, comment ouvrir des serrures, se battre avec ses mains et ce qu'elle peut mettre la main dessus, comment mettre la table pour un repas formel, nager et retenir son souffle pendant six minutes (tel que décrit dans le film!). C'est à 17 ans qu'elle a rencontré monsieur Louche à Tanger qui lui a donné un toit où vivre et travailler.
Le film est très captivant, mais n'attendez-vous pas à revirements extraordinaires ou un film d'action, car après tout, même si Modesty Blaise est exceptionnelle, elle reste une personne ordinaire, loin d'une superhéro. Elle n'a pas de pouvoir spécial, si ce n'est que son assurance à toute épreuve, l'absence de peur devant le danger. Alexandra Staden n'est pas l'image à 100% que nous pouvons nous faire de Modesty, mais cette actrice a un look exotique tout de même très semblable aux dessins de Jim Holdaway. Le fait que ce soit une actrice à toutes choses près inconnue rend l'acceptation du personnage plus facile, sans comparaison à un ancien rôle.
Ce film a été produit à la dépêche parce que les droits que Miramax retenait sur le personnage du créateur Peter O' Donnell expiraient en avril 2002. Le tournage à Bucarest fut complété en trois semaines et se veut une base pour une série de films à venir, en toute vérité, une franchise à la James Bond oserons-nous croire. Modesty Blaise est supposée être une dangereuse agente secrète, mais à la fin du film elle n'est encore rien de cela. Elle ne fait que prouver son honnêteté et ne rencontre même pas encore son fidèle bras droit Willy Garwin que nous connaissons de l'œuvre d'O'Donnell.
Les suppléments sur ce DVD sont très nombreux pour un tel film. Il y a d'abord une piste de commentaires avec les scénaristes Lee Batchler et Janet Scott Batchler dans lequel ils discutent principalement de l'histoire et du personnage même au-delà du scénario du film lui-même. Une seconde piste de commentaires, cette fois-ci avec le réalisateur Scott Spiegel et le producteur Ted Nicolaou, nous parle plus en profondeur du tournage lui-même, laissant de côté l'histoire, citant les contraintes qui ont limité leur approche à la production. Généralement, les pistes sont bien, mais pas assez pour me garder intéressé.
Un documentaire sur la production, "Creating the Ultimate Heroine: The Making of My Name is Modesty", nous présente d'une façon assez inusitée des interviews, des extraits du film et des séquences derrière les caméras, les trois en même temps, chacun dans leur coin d'écran. Ça devient étourdissant, mais c'est un bon moyen de montrer beaucoup de contenu en moins de quinze minutes! Cela est suivi d'une conversation avec Peter O'Donnell qui nous parle de son personnage pendant près d'une heure sans arrêt! Une seconde interview nommée "A Conversation with Quentin Tarantino and Scott Spiegel" se transforme rapidement d'une discussion sur le film en une discussion sur ce qu'est un grand fan de comics. Tarantino semble avoir été la force dans la production du film alors que dans les crédits du film il n'est que le "présentateur". La conversation devient aussi une conversation seulement entre Spiegel et Tarantino alors que ce dernier semble totalement oublier qu'il est filmé. Pour finir, nous avons une série de panneaux de texte avec quelques dessins décrivant chacune des histoires de Modesty Blaise qui ont été écrites. Le titre de cette série de panneaux, "A Retrospective of Modesty Blaise Comics and Artwork", annonçait quelque chose de plus que cela à mon avis.
Le menu du DVD coloré est facile à naviguer. Il nous offre des images recolorées des acteurs à côté des images tirées des bandes dessinées. L'image de la présentation est correcte, présentant un peu d'accentuation des contours et de la grisaille dans les étendues de mêmes couleurs. Un transfert intéressant, mais pas tout à fait de référence. La musique du film, "techno-africaine", retentit dans tous les haut-parleurs, mais les dialogues et les bruits d'ambiance offrent peu de dynamisme et sortent principalement des haut-parleurs avant.
Ce film s'adresse beaucoup plus aux fans de cette héroïne qu'à monsieur Tout-le-Monde. Disons que plusieurs seront attirés tout comme moi par la ligne "Quentin Tarantino presents" au-dessus du titre comme un indicatif d'une excellente production. Je ne dis pas que c'est mauvais, au contraire, mais c'était sûrement loin de mes attentes.
| Film | 7 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |