Nacho Libre
Special Collector's Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Jared Hess
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
12 novembre 2006

Les amateurs de Jack Black seront au septième ciel avec la sortie de "Nacho Libre", une comédie réussie qui fait sourire amplement. Rien d'inédit ou de franchement désopilant, mais de la bonne humeur concentrée en 90 minutes. Sans prétention.

Ignacio (Jack Black) est un cuisinier dans un monastère accueillant des pauvres petits orphelins. Puisque les aliments se font rares, il se transforme, la nuit venue, en Nacho, un lutteur qui multiplie les combats pour remporter de l'argent. Ses succès sont très limités et les victoires se font rares. Il ne peut toutefois arrêter. Que diraient son partenaire Esqueleto "Le Squelette" (Hector Jimenez), sa Sœur bien aimée (Ana de la Reguera) et ces dizaines d'enfants qui comptent sur lui?

Après le succès enviable de Napoleon Dynamite, le réalisateur Jared Hess continue dans la même veine en rendant hommage au célèbre lutteur mexicain Santo. Cette fois, il s'appelle Nacho et il porte les traits de Jack Black, un comédien qui possède autant de supporteurs que de détracteurs. Dans le rôle titre, difficile de faire mieux. Ses mimiques sont irrésistibles, son accent délirant empruntant à plusieurs langues fait hurler de rire et sa prestance physique est tout à fait en lien avec celle du personnage.

Ce qui déstabilise, c'est le mélange de styles. Au départ, c'est une simple comédie kitch et limitée, parfaitement prévisible dans son développement schématique. Tout d'un coup, des aspects d'une franche folie apparaissent, comme ces combats avec des nains poilus qui font des bruits à la Star Wars! Des surprises qui sont souvent positives. Sauf qu'il faut faire attention aux excès. Que viennent faire ces abus scatologiques lors de séquences plus pince-sans-rire ? De quoi ruiner automatiquement la scène en l'espace d'un mince son, ce qui rend le récit plutôt inégal.

Voir évoluer Nacho dans un univers flamboyant est un autre plaisir coupable. Les couleurs sont chatoyantes, riches et variées. Les paysages sont fantastiques et ils donnent le goût de voyager. Comme le film se déroule autant le jour que la nuit, les contrastes se devaient d'être excellents et ils le sont. Ce charme désuet s'appuie également sur une trame sonore aux succès proéminents. La musique gentille vient souligner les actions et elle est appuyée par une multitude de bruits (comme des cloches de ring) qui se font entendre allègrement des différentes enceintes. Les accents et les sous-entendus sont nombreux, il est cependant un peu dommage que les voix se perdent parfois à quelques endroits. Une façon de remédier à cette petite lacune est d'utiliser des sous-titres anglophones ou espagnols jaunes qui se lisent assez facilement. Ou d'opter pour une piste française à la traduction parfois douteuse.

Le plus ardu est d'avoir le goût de regarder "Nacho Libre". La pochette, montrant un gros Jack Black déguisé, est tout sauf inspirante. Le turquoise et le rouge vin détonnent et font mal aux yeux. Pourtant, le produit final est loin d'être mauvais. Le menu principal du DVD met rapidement en haleine avec un montage de scènes et une musique espagnole disjonctée. La tendance bande dessinée ressort rapidement et elle sera présente jusqu'au générique. Les suppléments, en nombre effarants, cherchent surtout à faire rire. Il y a une piste de commentaires où l'acteur Jack Black, le réalisateur Jared Hess et un des scénaristes Mike White racontent des anecdotes à la fois insignifiantes et trop rigolotes. Mêmes s'ils sont trois, ces gens ne parlent pas tous en même temps et ils savent se taire au bon moment. Cinq courts documentaires éclectiques parlent de différents aspects de la production. Il y en a un qui se déroule pendant le tournage. Un vidéoclip montrant quelques aspects importants et des tournages de scènes défilent pendant une demi-heure. Un deuxième segment suit continuellement Black lorsqu'il parle du film. Un petit épisode aborde la popularité de la lutte au sud de la frontière des États-Unis et il y en a un autre sur la joie de tourner au Mexique. Jack Black et Hector Jimenez s'interrogent mutuellement en répondant à des questions simples et efficaces. Ces cinq sections sont malheureusement trop superficielles pour informer outre mesure. Les autres bonus, plus légers, piquent facilement la curiosité. Il y a trois galeries de photos assez inusitées aux poses affriolantes, deux chansons interprétées avec délices par Black, quelques bandes-annonces irrésistibles qui donnent vraiment le goût de revoir le film, plusieurs publicités de différentes émissions, trois scènes retranchées au potentiel certain et une section spéciale où le disque, une fois dans l'ordinateur, devrait permettre d'avoir accès à des bonus spéciaux.

Ce sont dans ses mélanges incessants que "Nacho Libre" réussit à séduire. C'est également en mariant délires passagers et scatologie d'usage que le film perd de son impact. Il y a bien une douzaine de séquences franchement tordantes et un Jack Black plus grand que nature, mais c'est à peu près tout. Il faudra se tourner ailleurs pour s'accaparer de la plus grande comédie de l'année. En revanche, les gens ne devraient pas se fier à l'hideuse pochette, car ils risquent de passer à côté d'un univers très particulier.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments8
Vidéo9
Audio8