Vers l'âge de cinq ans, rivé sur mon écran, j'ai visionné un film énormément troublant, "The Naked Jungle". Il y avait de quoi puisque des milliards de petites fourmis rouges dévastaient tout sur leur passage, même les êtres vivants. J'étais tellement impressionné que le soir venu, j'ai demandé à ma mère si les fourmis pouvaient venir me bouffer durant mon sommeil...
Ce film raconte l'histoire de Christopher Leiningen (Charlton Heston). Durant plus d'une décennie, cet américain richissime exploite une plantation de cacao en Amérique du Sud, près de la rivière du Rio Negro. Il reçoit la visite de sa femme Joanna (Eleanor Parker) qu'il venait de marier à distance, suite à une petite annonce dans un journal de la Nouvelle-Orléans. Pendant ce temps, un ennemi juré, surnommé Marabunta par les indigènes, avance furtivement dans la jungle et détruit tout sur son passage sur une distance de vingt milles de long et deux milles de large. Marabunta, qui est en fait une légion de fourmis rouges ravageuses, marche inexorablement vers le domaine Leiningen et rien ne pourra l'arrêter!
La réalisation de Byron Haskin est très ordinaire. Il faut avouer qu'il n'a jamais fait d'éclat en carrière et qu'il s'est surtout spécialisé dans les films de série B. Heureusement pour lui, ce film est ni plus ni moins sauvé par la magnifique prestation de Charlton Heston et ce malgré un mauvais scénario et des dialogues quelque peu stériles. Enfin, le film est souligné par une musique insignifiante, lourde et mélancolique à outrance de Daniele Amfitheatrof qui ne nous laissera aucun bon souvenir.
La définition générale est décevante et le niveau de détails est particulièrement pauvre, offrant des arrière-plans flous et des contours qui ne sont pas toujours très bien définis en avant-plan.. Les couleurs sont saturées et manquent de stabilité. La palette de couleurs est chaude, trop chaude peut-être, elle déborde notamment vers le rouge ce qui dérange énormément puisque nous avons l'impression que tout le monde a eu un sévère coup de soleil au visage. Les noirs sont à la limite de l'acceptable. L'image très sombre, manque vraiment de netteté. L'interpositif est en mauvais état et les parasites ainsi que les points de couleurs apparaissent constamment. Fait à remarquer, au début du film sur le bateau, la blouse d'Eleanor Parker a un effet d'arc-en-ciel communément appelé "cross-coloration" qui consiste en l'apparition de fausses couleurs dans l'image, souvent du au voisinage de lignes étroitement serrées. Ce phénomène n'affecte que les signaux vidéo transférés en composite. Vous trouverez également un problème "chroma noise" qui affecte surtout les grandes surfaces de même couleur dans une image. En effet, au lieu d'afficher une même couleur de manière unie et stable, les aplats paraissent granuleux et en mouvements constants, résultant en un fourmillement fort désagréable. Le "chroma noise" apparaît très souvent lorsque la source vidéo employée est d'origine analogique, entraînant pour conséquence la présence de bruits supplémentaires ce qui est vraiment désagréable. En terminant, il faut mentionner aussi un problème de" color bleeding", c'est-à-dire un étalement de couleurs qui se produit lorsqu'une couleur s'étalent sur une zone contiguë de l'image de manière inappropriée. La raison la plus courante de ce phénomène est la saturation excessive de l'image. Ce défaut peut aussi se produire lors de travaux vidéos à basse résolution. Finalement, toute la palette de problèmes vidéo se trouve dans ce film!
La dynamique de la bande-son est tout à fait standard pour l'époque de production du film. La musique et surtout les effets sonores sont bien rendus et parfaitement intégrés au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles. Au niveau des suppléments, c'est le vide total même pas une petite bande-annonce à se mettre sous la dent! Bref, ce film est une grande déception et ne mérite pas de place dans toute vidéothèque qui se respecte.
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