Narc
Widescreen Edition
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Joe Carnahan
Année: 2002
Classification: R
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca Archambault.ca

Selon Frédéric Gouin
20 juillet 2003

Dire qu'on nous sert chaque année des films gros budgets avec des scénarios qui ne se tiennent pas debout et des suites de films à ne plus finir. "Narc", un film indépendant de grande qualité, a failli ne jamais voir le jour. Manque de budget, manque de moyen. Avec la grande implication de Ray Liotta, le film a été complété pour ainsi être présenté au festival de Sundance. C'est Tom Cruise et sa partenaire Paula Wagner qui décident de le distribuer après avoir assister au visionnement et en être tomber amoureux.

Le sergent détective Nick Tellis (Jason Patric) ne travaille plus pour l'escouade des narcotiques. Après une infiltration dans les gangs de rues, il doit lui-même se rendre à l'évidence qu'il est maintenant dépendant de la drogue. C'est après une bavure policière, qui l'implique directement, qu'on décide de mettre un frein à cette opération et de sortir Tellis de cette impasse.

Dix-huit mois plus tard, on lui demande de revenir pour résoudre le meurtre du policier Michael Calvess (Alen Van Sprang), lui aussi un agent d'infiltration. Même s'il hésite grandement, il retourne dans cet enfer pour éclaircir ce meurtre et prouver qu'il peut encore bien faire son travail. On lui assigne le détective Henry Oak (Ray Liotta plus 25 livres pour les besoins du rôle) comme coéquipier. Celui-ci est un ami proche de Calvess qui avait été mis à l'écart de l'enquête, car on le jugeait trop familier avec la victime.

La scène d'ouverture devrait vous clouer à votre siège. Utilisant la caméra à l'épaule, on poursuit un malfaiteur qui, sous l'effet de la drogue, fait des gestes impensables et d'une rare violence sur son chemin. Cette scène donne donc rapidement le ton au film. D'ailleurs, la réalisation repose sur un montage endiablé avec des jeux de caméras drôlement intéressants. On n'hésite pas à modifier les couleurs pour donner une atmosphère froide (bleue) pour les besoins de l'enquête ou des couleurs chaudes (orangées) pour le confort de la maison et de la petite famille de Tellis.

Le menu principal correspond bien à l'essence du film. Un montage dynamique d'images d'action du film teinté jaunâtre qui rappelle la pochette du DVD. Une musique rythmée, présente dans le film, accompagne le menu. Du côté de la technique, l'image est vraiment excellente. Le niveau de détails est parfait et les couleurs sont vraiment bien définies. On a voulu donner au film un aspect de froideur qui est bien rendu avec le transfert vidéo. Pour le son, la piste audio est très dynamique et utilise bien l'ensemble des haut-parleurs. Je dois dire que j'ai trouvé les effets sonores (bruits de fusil) une petite affaire trop fort comparativement au reste du dialogue.

Passons aux suppléments : Le documentaire "Narc: Making the deal" est très informatif et intéressant. On en apprend plus sur l'idée de base du film, des problèmes de financement, de la supervision d'un policier sur le plateau, des lieux de tournages à Toronto, etc. La petite anecdote qui explique le tournage de la scène où Tellis interroge du monde dans la rue est assez stupéfiante. "Narc: Shooting Up" est sous le même format que le documentaire précédent et tout aussi intéressant. On explique les vraies difficultés financières du film. Après huit jours de tournage, il ne restait plus d'argent. Le tout se termine avec une association avec Tom Cruise et Paula Wagner comme producteur et la Paramount qui acquiert les droits. Un beau conte de fées pour ce jeune réalisateur et son équipe. Également, le réalisateur Joe Carnahan explique plus en détails différentes parties du film: la scène d'ouverture, les "flashbacks", l'enquête policière et la conclusion.

Dans "Narc : The Visual Trip" on fait une incursion dans les différentes techniques de tournages utilisées pour le film. Par exemple, le réalisateur explique son choix d'utiliser la caméra à l'épaule, de l'utilisation des tons de couleurs et de l'écran séparé, de la représentation des personnages, etc. C'est très précis et encore une fois très très intéressant. Le documentaire "The Friedkin Connection" est une entrevue avec le réalisateur William Friedkin, le réalisateur de The French Connection. Celui-ci est totalement emballé par le film et n'hésite pas à féliciter Joe Carnahan pour son bon travail. Il analyse les similitudes entre son film et "Narc".

Malgré tous ces excellents documentaires informatifs, il est possible d'en apprendre encore plus grâce à la piste de commentaires du réalisateur Joe Carnahan et du monteur vidéo John Gilroy. Même si certains détails ont déjà été révélés dans les documentaires, il n'en reste pas moins qu'on en apprend encore. Les deux animateurs ont bien du plaisir et sont bien satisfaits de leur film. Pour terminer les suppléments, il est possible de visionner la bande-annonce ainsi que celles de The Italian Job, Lara Croft Tomb Raider: The Cradle of Life, Timeline, The Hunted et The Core.

Ça fait longtemps que je n'ai pas trouvé des documentaires intéressants pour un DVD. La plupart ne nous offrent que des babioles de publicité et c'est le genre de chose que je déteste. Pour ce film, l'ensemble des suppléments est drôlement intéressant dû à la participation passionnée du réalisateur. Pour un film qui a failli ne jamais voir le jour, c'est un DVD qui dépasse les attentes. Comme l'a si bien dit Ray Liotta, "Narc" aurait sûrement eu une fin explicite s'il avait eu un gros budget hollywoodien. Le fait qu'il soit, à la base, un film indépendant, la liberté du réalisateur fait en sorte que le film ne tombe pas dans la facilité.


Cotes

Film8.5
Menu7.5
Suppléments9.5
Vidéo8.5
Audio8