Les films sous-marins ont toujours capté l'attention du public. Un peu comme la découverte de l'espace, il est toujours possible d'imaginer des situations originales provenant de ces territoires vastes et, par endroits, inconnus. Ce courant de pensée a longtemps fasciné Jules Verne et il a même remporté un certain succès au sein de productions hollywoodiennes. Dans la vague de la sortie en DVD de Voyage to the Bottom of the Sea, une autre œuvre similaire a réussi à passer le filtre. Il s'agit cette fois de "The Neptune Factor" et le résultat est nettement moins intéressant.
Au large de l'océan Atlantique, une station de recherche sous-marine est entraînée dans une crevasse après de violentes secousses. Les gens présents sont emprisonnés et ils ne possèdent de l'oxygène que pour sept jours. À la surface, les secours se dépêchent. Un scientifique magnanime (Walter Pidgeon) et son équipe dévouée (dont fait partie un solide Ernest Borgnine) utilisent la technologie expérimentale de sous-marins d'Adrian (Ben Gazzara) pour explorer un abysse mystérieux et sauver la vie à quelques âmes humaines. Le périple est cependant plus tortueux que jamais. Dans cette zone inexplorée, tout devient plus gros et dangereux...
Habitué des séries télévisées, le réalisateur canadien Daniel Petrie s'est souvent prêté au jeu du cinéma. Un de ses projets les plus coûteux, "The Neptune Factor", a malheureusement bu la tasse. C'est un peu dommage, car tous les éléments étaient en place pour créer un récit intrigant ou, tout au moins, divertissant. L'histoire coutumière aurait pu être utilisée pour multiplier les scènes de bravoure, alors que l'interprétation dans la note de comédiens réputés est ici un peu vaine. Le ton trop sérieux de l'entreprise élimine d'abord toutes les séquences possibles et inimaginables de poursuites fantaisistes. En fait, la découverte d'un nouveau monde se déroule très lentement, au fil des discussions de l'équipage. Cette lenteur généralisée, surprenante pour un objet d'à peine 98 minutes, est d'autant plus incompréhensible que les dialogues ne s'évadent jamais des lieux communs. C'est l'éternelle confrontation "continuer ou revenir sur ses pas" sans allégories philosophiques ou métaphoriques sur la nécessité de sacrifier des dizaines d'hommes pour en sauver trois...
Le scénario limité n'est guère élaboré, mais sur un plan technique, les principaux liquides se combinent favorablement. La musique est tour à tour mouvementée, tragique et lyrique. Elle crée de la tension pour sortir le spectateur de sa torpeur. Les différentes pistes audio sont convenables sans toutefois produire une osmose mémorable. Les voix demeurent faciles à saisir et les sous-titres blancs en espagnol et en anglais sont irréprochables. La qualité de la photographie donne le goût d'explorer tous les fonds marins. Les images contiennent de nombreux détails pertinents qui ne sont jamais envahis par du blocage. Quant aux différents tons de couleurs, ils sont parfaitement représentatifs de la réalité. Oui, les nombreux bleus sont tous uniques en leur genre!
La pochette s'avère nettement plus excitante que le film. Un sous-marin échappe de justesse à un immense poisson monstrueux à l'œil ensanglanté. Un dessin qui vaut son pesant d'or. Un livret de deux pages parle de la construction de ce projet canadien et du contexte historique. Le menu principal n'est malheureusement pas à la hauteur. Elle reprend simplement l'image sur le boîtier sans y amener le moindre mouvement ou mélodie! Les suppléments sont cependant en mode musical. Il y a deux pistes où il est possible de visionner le film sans parole. La première contient uniquement la trame orchestrale et grandiloquente du compositeur Lalo Schifrin, alors que la seconde met en vedette les symphonies jamais diffusées de William McCauley. Ici, tout est une question de goût. Entre le stress original ou des émotions un peu mélo de la version inédite, seuls les fans de musique voudront s'embarquer dans l'aventure pour une deuxième et une troisième fois. Il y a ensuite un documentaire de huit minutes. Les informations se font rares et la narration trop enthousiaste et positive lasse assez rapidement. Les derniers bonus consistent à quatre bandes-annonces pour la télévision et le cinéma, ainsi que des photographies du tournage et des extraits du dossier de presse.
Ce qui est frustrant de "The Neptune Factor", c'est son manque d'enjeu. La photographie est superbe, la brochette de comédiens réunie met l'eau à la bouche et le récit aurait dû être mieux développé. Le traitement appuyé manque de vigueur et il se veut finalement superficiel. L'humour s'avère aussi inexistant que les situations excitantes et l'intérêt est rapidement enfermé dans un compartiment qui prend trop rapidement l'eau. Si au moins il y avait une quelconque critique de l'état de la planète comme une certaine production de Irwin Allen...
| Film | 4 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |