Noelle
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: David Wall
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 9
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 janvier 2009

Attention: pamphlet moralisateur religieux à connotation non-violente. Il n'y a pas de mal à faire un film qui puisse promouvoir l'absence d'une des racines les plus présentes de l'humain, mais de noyer le propos dans une sauce de clichés et sous une avalanche d'interprétations à l'avenant mine le film au complet, ruinant ainsi toute opportunité d'amener un renouveau dans la religion, la rendre plus séduisante au lieu de demeurer dans un marasme millénaire.

Un prêtre impatient (pas la nouveauté du siècle) est appelé pour faire fermer une église un peu avant le jour de Noël (si ce n'est pas chrétien ça!). Les choses prennent un tournant "inattendu" alors que le prêtre est entraîné dans la population du village de pêcheurs et est appelé à s'impliquer davantage, recouvrant ainsi la véritable nature de sa vocation, la rédemption et le pardon...

Voici un film dénonciateur de l'état de la religion aujourd'hui: elle dénivèle. En effet, les clichés sont abondants, les sentiments forcés se suivent à un rythme alarmant et même la seule scène de "violence", une courte bataille, est filmée comme un événement anodin tout en montrant du doigt la "faute" commise par les responsables. Le "control-freak" David Wall écrit, produit, joue et réalise le film entouré de sa femme. Toutes les scènes sont sujettes à emmener de force le prêtre Jonathan Keene à reconsidérer la fermeture d'une église. Pas ce que l'on peut appeler un développement naturel, la mise en scène peu soignée et usant du trop-plein émotionnel, centre sur les regards façon Sergio Leone, sans la subtilité et l'impact du réalisateur légendaire. Une histoire à l'eau de rose qui offre peu sous la dent (n'est-ce pas là le principe de toute "entreprise" religieuse ou commerciale? De garder beaucoup et offrir peu?), des acteurs à la merci d'un metteur en scène davantage préoccupé au conservatisme religieux qu'à la cohérence et la narration de son récit. Le tout forme un pâté indigeste dont on se remet avec douleur. Il n'y a aucune violence à proprement parler, excepté celle ressentie par ce manque d'évolution religieux. Le film s'adresse sans problème à tout public, s'étant vu desservir un sceau "Approuvé pour toute la famille".

Les couleurs du film manquent de saturation, les contrastes se perdent parfois dans un noir trop ambitieux ou une omniprésence de blanc qui envahit beaucoup trop, minant encore une fois le peu d'aspect métaphorique restant. Le son est adéquat et, malgré le 5.1, les seules scènes utiles sont celles des chorales, l'écho se réverbérant dans les caisses comme une tonne de briques. On y croit, mais c'est peu pour un film baignant dans la religion. Aucun supplément sur le disque, pas même une piste de commentaires... ni même une sélection de scènes sur le menu principal... on peut dire que la religion aime garder ses atouts pour elle et ce n'est pas cette édition ou le film qui me prouvera le contraire.

Vous aimez les films à connotation religieuse? Encore une fois, et dans un registre tout autre, vous avez The Exorcist qui procure les sensations généreuses de peur, mais également cette profondeur nécessaire afin de faire ressurgir l'aspect religieux, même dans un contexte athée. Sinon, passez votre chemin, il ne vaut même pas un second regard.


Cotes

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