2007 peut être considérée comme l'année Eddie Murphy. Plusieurs de ses anciens succès se voient offrir une seconde chance en DVD avec des éditions spéciales tels: Trading Places et Coming To America ainsi que Shrek III qui est présentement en salles. La carrière de l'acteur est prolifique à n'en point douter et comme quiconque, Eddie Murphy a vécu des hauts et des bas dans la poursuite du rire. Il s'est imposé, dans les années 80, pour disparaître presque complètement et revenir avec une relecture de The Nutty Professor en 1996 et quelques années plus tard dans le classique d'animation "Shrek". Il n'y a pas à dire, quand on regarde des films tels que Vampire In Brooklyn, Nutty Professor 2 s'ajouter à la filmographie, force est de constater que "Norbit" appartient à la seconde vague des films du comédien.
Norbit (Murphy) est un homme dont la "petite" amie l'a sauvé de représailles violentes à l'école. Depuis lors, Rasputia (Murphy) joue le rôle de petite amie au surplus de poids plus qu'évident et dotée d'un caractère à faire peur. Revoyant une étincelle d'amour de sa jeunesse en la personne de Kate (Thandie Newton), Norbit voit ici la chance qu'il aurait de reconquérir sa flamme et ainsi mettre un terme à un règne de terreur. Cependant, Rasputia se jure de parvenir à forcer Norbit de continuer sa vie avec elle à tout prix. C'est une chaude lutte entre David et Goliath qui s'annonce, surtout lors de l'arrivée d'un prétendant pour Kate (Cuba Gooding Jr.). Les gags redondants donnent à rire facilement sur les problèmes des personnes atteintes d'embonpoint et ne fait, au mieux, qu'esquisser un faible sourire en coin. La réelle prouesse du film réside dans les prothèses créées par le génie Rick Baker, ayant déjà œuvré sur Coming To America.
Votre mission, si toutefois vous l'acceptez, consiste à regarder le film jusqu'au bout. Ni écrit, produit, ou réalisé, Norbit est une comédie aux rires gras et forcés dont l'humour n'a d'égal que le sol. Les scènes sont cruellement mal filmées et les acteurs peinent à entrer dans des personnages un tant soit peu esquissés. Il y a tout de même la beauté de Thandie Newton qui permet d'offrir au spectateur quelques moments de détente entre deux gags qui ne font pas rire le moindrement. Méchant, forcé, cabotin, Norbit l'est et davantage, car Murphy, bien que talentueux pour les imitations, verse ici dans la caricature banale à des lieues de Coming To America, film dont il a eu l'idée. Le message est compris simplement en regardant la pochette et peut s'interpréter comme suit: comment réussir à devenir une personne respectable et parvenir à notre vie rêvée. Ceci est bien sûr une version littérale, le film ne faisant jamais dans une pareille subtilité, on se retrouve avec un clone de Nutty Professor 2: pas de charme, pas de talent, pas de classe.
Du côté des extras, Dreamworks y est allé d'une belle prise: 14 scènes coupées qui n'ajoutent en rien à la qualité du film, les revuettes "Making of Norbit", "Power Tap" une sorte d'info publicité avec Marlon Wayans, "the Stunts of Norbit" et des bandes-annonces. Aucune piste de commentaires, mais avec un film comme celui-ci, il n'y a pas de quoi vouloir s'expliquer. Les suppléments ne vont pas bien loin en exploration, mais offrent à tous et chacun un cinq minutes de félicitations où tous s'entendent pour dire que le résultat est drôle et qu'il ne faut pas rater ça. Un conseil qu'ils auraient définitivement dû suivre au pied de la lettre. Les menus du DVD sont à l'image du film: bêtes et méchants, un peu animés et profitant des généreuses courbes de Rasputia pour tenter de faire rire avant l'heure.
Le film offre un transfert honnête. Les couleurs sont éclatées, équilibrées et la saturation joue un rôle important dans le métrage afin de montrer que l'on s'adresse à une comédie. La trame sonore en Dolby Digital 5.1 utilise bien les chaînes du système, surtout lors des moments supposés cocasses où Rasputia accoure vers Norbit et l'étouffe entre elle et le lit. La redondance du gag a tôt fait de nous casser les tympans, par contre.
"Norbit" est certainement le plus mauvais film d'Eddie Murphy, de récente mémoire. La grossière caricature et les messages à subtilité gargantuesque peuvent faire rire les amateurs de premier degré. Pour les autres, il serait préférable de passer votre chemin et vous coltiner Shrek 2 en attendant la prochaine réussite de l'acteur.
| Film | 2 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |