L'art des remakes est encore à l'honneur. Porté par le succès confidentiel du film allemand Mostly Martha, voilà que débarque la reprise étasunienne avec un réalisateur australien et des comédiens américains. Contre toute attente, "No Reservations" est loin d'être mauvais. Ceux et celles qui n'ont pas vu la version originale risquent même d'y avoir beaucoup de plaisir malgré une progression plus que prévisible.
Kate (Catherine Zeta-Jones) est une chef émérite qui préfère travailler plutôt que sortir avec des hommes. Après le décès soudain de sa sœur, elle doit s'occuper de sa jeune nièce Zoe (Abigail Breslin). Un premier problème, surtout qu'elle ignore comment s'y prendre avec une enfant qui s'isole de plus en plus. La seconde intempérie provient de la nouvelle personne embauchée au boulot, Nick (Aaron Eckart), un sous-chef aux méthodes pas toujours orthodoxes. Entre les deux, c'est le chaud et le froid. Mais pour être heureuse, Kate doit apprendre à faire des concessions.
Voici une œuvre incroyablement prévisible, entre drame et comédie, qui avance sans encombre jusqu'à cette finale positive où l'amour et la famille seront au septième ciel. Mais avant d'y arriver, il y aura des engueulades, des disparitions et des fuites qui ne serviront pas toujours à grand-chose. Sur un simple plan formel, cette production apporte peu de choses au genre romantique si populaire au mois de février.
Cela n'empêche pas "No Reservations" de ravir presque du début à la fin. La réalisation de Scott Hicks (l'homme derrière le très bon Shine) fond comme du beurre dans une poêle et son long-métrage donne rapidement faim. L'humour y est également savoureux, tout comme le trio des interprètes. Rarement Catherine Zeta-Jones aura été aussi à l'aise et charismatique. La chimie est palpable avec un Aaron Eckart fidèle à lui-même, qui soulage l'atmosphère avec ses airs taquins. Et il y a l'excellente Abigail Breslin, la petite fille de l'extraordinaire Keane, qui ne s'en laisse pas imposer avec ses visages si mignons.
La fabuleuse musique de Philip Glass devient le quatrième personnage de l'entreprise. Les mélodies sont variées et rythmées, une trame sonore à s'acheter de toute urgence. Les autres airs se limitent à de l'opéra, de la bossa-nova et des tubes plus populaires. Au sein de ces pistes sonores en Dolby Digital 5.1, rien d'éclatant, mais rien de décevant non plus. Des bruits d'oiseaux, d'automobiles et de casseroles s'échappent des différents haut-parleurs. Dans tous les cas, les voix demeurent toujours très audibles. Et il y a de très beaux sous-titres qui sont disponibles. Pour leur part, les images demeurent précises sans être étincelantes. Les contrastes sont solides et les couleurs laissent échapper de nombreux reflets impressionnants. Il est seulement un peu triste qu'une luminosité un peu trop blanche soit parfois au rendez-vous et que du blocage apparaisse à quelques occasions.
En misant sur les frimousses et les sourires de Zeta-Jones et d'Eckhart, la pochette peut difficilement se tromper. Dommage que le menu principal utilise la même photographie sans y superposer le moindre mouvement. Néanmoins, une petite mélodie douce est de la partie. Comme unique bonus se retrouve un segment de 21 minutes de l'émission Unwrapped où l'animateur Marc Summers discute avec les comédiens et avec les chefs qui ont servi de modèles. Pas désagréable, mais un peu trop superficiel et répétitif.
"No Reservations" s'adresse d'abord et avant tout aux gens qui n'ont pas vu la version précédente. Une fois que le sympathique remake est consommé, cela pourrait être une excellente idée de se retourner vers le film original, simplement pour noter les différences et les ressemblances. Même infiniment conventionnel, le nouveau long-métrage de Scott Hicks se regarde avec un sourire sur les lèvres, tout cela grâce au brio des trois protagonistes et de la musique plus qu'extraordinaire d'un compositeur chevronné. Mignon comme tout.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |