Nowhere Man
First Run Features

Réalisateur: Tim McCann
Année: 2005
Classification: NR
Durée: 80 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
29 juillet 2005

Vous souvenez-vous de Wayne Bobbitt, l'homme qui s'était fait trancher l'objet de son désir sexuel par sa femme Lorena pendant qu'il dormait. Elle avait même balancé le phallus par la fenêtre de la voiture pendant sa fuite. Après des fouilles intensives, la virilité de M. Bobbitt avait été retrouvée puis remise en place lors d'une délicate intervention chirurgicale. Lorena expliqua plus tard aux policiers que son mari ne pensait qu'à son propre plaisir et qu'il se refusait à ce qu'elle ait, elle aussi, son moment orgasmique. Pour financer les frais d'opération, Wayne Bobbitt devint "Pornstar" le temps de deux films soit pour Frankenpenis et Uncut, comme quoi qu'il y a toujours une façon de rentabiliser ses malheurs. "Nowhere Man" dernier jet du réalisateur Tim McCann traite d'une histoire qui nous rappelle étrangement celle de Wayne Bobbitt.

Conrad (Michael Rodrick) découvre par un beau matin, une cassette VHS sur le seuil de sa porte. Curieux, il l'insère dans le magnétoscope pour découvrir que sa femme Jennifer (Debbie Rochon) a un passé de "pornstar". Ne pouvant accepter ce qu'il a vu, Conrad attend impatiemment le retour de sa femme pour lui servir une engueulade de première. Il la traitera de tous les noms et lui fera l'amour comme si elle était une grue. Humiliée et blessée, elle attendra tranquillement que son mari dorme pour lui cisailler le collimateur et s'enfuir avec son butin. Elle reprendra contact avec son mari pour lui expliquer qu'elle a toujours en sa possession l'organe de son plaisir et que s'il veut le retrouver, il lui en coûtera 10 000 $. C'est ainsi que s'amorce ce jeu du chien qui coure après sa queue.

Tim McCann nous sert un film tourné sur caméra vidéo pour nous imprégner d'une atmosphère de télé-réalité. Le fait d'avoir édité son film à rebours un peu comme Memento de Christopher Nolan déstabilise et séduit, mais l'histoire est beaucoup trop mince et les personnages sont beaucoup trop peu développés pour vraiment nous garder captifs. Certains moments d'humour nous font sourire et nous ramènent dans le vif du sujet, mais c'est de courte durée et on retombe assez rapidement dans l'indifférence face à cette histoire décousue.

Étant donné que ce film fut tourné en caméra vidéo, il est par le fait même victime des limites de cette technologie. L'image demeure claire et les couleurs sont justes et vives, mais le niveau de détail de l'image est assez faible. Quelques effets de contournements sont également perceptibles ici et là et les plans sombres manquent nettement de contraste. La trame originale de format stéréo est toute à fait convenable compte tenu du caractère verbeux de ce film. Le mixage sonore ne semble pas égal, car certaines scènes sont difficilement audibles alors que pour d'autres, c'est le contraire. Un menu conventionnel et très rouge nous montre un plan statique de la découpeuse d'organes génitaux, arme à la main.

Une trame de commentaires faite conjointement par le réalisateur et la comédienne Debbie Rochon se veut la pièce angulaire des suppléments. Tim McCann anime surtout cette trame et il nous relate les origines de ce film, des problèmes de tournages, de quelques détails techniques et de l'énorme problème qu'il a eu à obtenir du financement. Quant à elle, la comédienne relate les anecdotes de tournage et des principaux défis qu'elle a eus à relever pour incarner son personnage. Quelques biographies écrites sur les principaux artisans de ce film, la bande-annonce du film ainsi que quelques autres extraits des films de "First Run Features" complètent le tout.

Tim McCann est un réalisateur assez singulier qui semble choisir ses titres de films à travers le catalogue musical des Beatles. Après avoir fait son étonnant Revolution #9 il y a quelques années, il nous revient cette fois avec son "Nowhere Man", opus brouillon qui parle d'un homme à la recherche de son phallus. Souhaitons qu'il pige le nom de son prochain film à travers l'album blanc des Beatles, car ça semble lui réussir beaucoup mieux. Je recommande aux curieux d'en faire sa location.


Cotes

Film4
Présentation2
Suppléments5
Vidéo5
Audio6