One Week
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Michael McGowan
Année: 2008
Classification: PG
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159039213

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 juin 2009

Lettre d'amour envers le Canada, "One Week" jongle avec des thèmes sérieux comme la mort en prenant position pour la vie. Peut-être pas un film très original, mais une œuvre d'une sincérité indéniable qui touchera son lot de spectateurs.

Ben (Joshua) apprend qu'il va mourir. Au lieu d'écouter sa fiancée (Liliane Balaban) et de suivre des traitements, il décide de s'acheter une moto et de parcourir l'Ouest canadien pour faire le point sur son existence. Pendant son périple qui s'étend de Toronto à la Colombie-Britannique, il rencontrera une multitude d'individus qui l'aideront indirectement dans sa quête.

À l'image de son précédent Saint Ralph, le cinéaste Michael McGowan vient de concocter un joli petit long-métrage aussi drôle qu'émouvant. À la manière d'un Amélie Poulain, il saupoudre son récit d'une hilarante narration masculine qui touche aisément sa cible. Ce qui débute dans le mélo n'y reste pourtant pas longtemps grâce à cette mise en scène souple et aérée qui prend rapidement la forme d'un "road-movie". Afin de faire le vide autour de lui, le protagoniste décide de visiter une partie du Canada, ce qui offre la chance au réalisateur de multiplier les lieux insolites et les grands espaces du pays de la feuille d'érable. Bien qu'il ne faut pas s'attendre à un traitement aussi singulier et mémorable que dans le merveilleux My Winnipeg de Guy Maddin, le résultat demeure plus que potable.

Le scénario veut susciter la réflexion en faisant vibrer quelques cordes sensibles. Il est question de vie et de mort, de choix et de désillusions, de désir de liberté et celui d'être aimé. Ultimement, il y a cette prémisse peu originale - celui de pouvoir vivre pleinement son existence avant qu'il ne soit trop tard - qui recèle son lot de surprises et de fantaisies. Mais également de chemins déjà arpentés autour d'une trame narrative parfois mince et linéaire qui débute en force avant de lasser par la suite, reprenant heureusement de la vigueur dans la dernière ligne droite qui n'évite toutefois pas d'être moralisatrice. Au sein de cette escapade universelle où l'être humain est confronté à ses démons, il y a un Joshua Jackson très à l'aise, et une éclatante Liliane Balaban qui ensorcelle par son charme et sa beauté céleste.

La musique mélodique typiquement canadienne offre un bon répertoire d'artistes inspirants comme Stars et l'inévitable Patrick Watson. Les pistes sonores anglophones et francophones agrémentent l'odyssée du jeune homme de cris d'oiseaux, du souffle du vent, de bruits d'automobiles, de klaxons et de coups de tonnerre. Ces éléments n'entravent cependant jamais les dialogues. La délicate photographie capte admirablement cette nature sauvage ou urbaine. Le grain qui apparaît dès les premières minutes s'éclipse assez rapidement pour laisser de la latitude aux solides images aux couleurs sobres qui sont parfois dotées de jolis reflets ou de contrastes satisfaisants.

Le boîtier ne s'éloigne guère des conventions du genre. Il n'y a que le protagoniste, une moto et un ciel parsemé de nuages. Plus inventif est le menu principal du DVD. Celui-ci est en forme d'itinéraire avec des photos en mouvement et une très douce mélodie. Plusieurs suppléments agrémentent ce voyage à l'autre bout du pays. Il y a tout d'abord une très intéressante piste de commentaires qui permet au cinéaste, scénariste et producteur Michael McGowan de décrire ce qui apparaît à l'écran en ne lésinant pas sur les détails et les anecdotes. Un documentaire moins explicatif sur le tournage suit et il regroupe les pensées de l'équipe technique sur la réalisation d'un tel projet qui s'est déroulé au sein de plusieurs provinces. Plus nourrissante - quoique répétitive - est cette entrevue avec le metteur en scène, et il y a beaucoup de fous rires qui émanent de ces échanges de questions entre Jackson et McGowan. Une bande-annonce et une trop courte galerie de photographies complètent le tout.

"One Week" n'est pas une version canadienne de Into the Wild. Il s'agit plutôt d'un pensum sur l'existence, une méditation sur le temps qui passe et sur la vie qui s'égrène de plus en plus rapidement. Il n'y a presque rien de nouveau sous le soleil, si ce ne sont ces touches humoristiques, ce montage habile, cette interprétation dans le ton, ce choix musical constant, ces exquis paysages et ces pertinents bonus. C'est déjà beaucoup pour une production qui n'aurait pu être que lourde et prévisible.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio7