The Other Man
E1 Entertainment

Réalisateur: Richard Eyre
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 87 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212102295

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
5 janvier 2010

C'est à n'y rien comprendre. Normalement, un bon cinéaste (Richard Eyre qui a offert les excellents Iris et Notes on Scandal) qui adapte une nouvelle d'un écrivain estimé (Bernhard Schlink qui est également l'auteur du splendide The Reader) en ayant recours à une belle distribution (Liam Neeson, Antonio Banderas, Laura Linney, Romola Garai) offre quelque chose d'intéressant. Peut-être que "The Other Man" se révèle être l'exception: un long-métrage vide et improbable qui s'écrase par sa mollesse et sa fadeur.

Peter (Liam Neeson) découvre que sa femme (Laura Linney) a un amant. En enquêtant plus en profondeur, il finit par prendre un vol pour Milan afin de le retrouver. Au lieu de confronter directement Rafe (Antonio Banderas), il joue avec sa proie, essayant de le cerner lors de plusieurs parties d'échecs. Au fil des rencontres, des secrets et des mensonges seront révélés, ce qui aura des répercussions irrémédiables sur les différents individus.

Ce suspense repend la forme du sublime L'homme qui voulait savoir de George Sluizer. Un mari qui croyait connaître son épouse part en croisades pour la retrouver et, surtout, faire toute la lumière sur son passé et son présent, une mission qui s'avère toujours délicate et douloureuse. Pendant la première moitié, le metteur en scène campe une atmosphère de suspicion en recourant à une photographie soignée, des décors brumeux, des images détaillées, des couleurs froides et de beaux contrastes qui embrassent parfois les êtres. Dommage qu'il oublie au passage d'enrayer le grain et le blocage qui se font parfois ressentir.

Il a toutefois recours à une élégante musique mélodique de Stephen Warbeck qui est présente pour bercer le récit, au même titre que tous les bruits (échos de voix, eau, vent, oiseaux, klaxons) qui s'échappent des différentes enceintes. Bien que les dialogues s'entendent parfaitement et que la traduction francophone soit convenable, il peut être intéressant d'écouter la version originale britannique aux accents beaucoup plus suaves, et d'insérer de très visibles sous-titres blancs en anglais ou en espagnol.

Malgré le soin apporté aux éléments techniques, l'ensemble manque de consistance. Une fois arrivée en Italie, l'antihéros retrouve presque immédiatement sa cible, et il se lie d'amitié avec elle en deux temps trois mouvements. Cette invraisemblance est renforcée par des moments encore plus incompréhensibles, surtout lorsque Rafe étaye ses sentiments à la vitesse de l'éclair, ne sachant pas qu'il se fait manipuler depuis le début. Lorsqu'arrive la révélation finale (qui demeure terriblement attendue, car les ellipses chronologiques étaient beaucoup trop brusques en entrée de jeu), l'émotion n'arrive jamais à filtrer correctement tant l'interprétation d'ensemble est sur le neutre, le pilote automatique. En campant des personnages finalement très peu développés, ce n'est guère surprenant que les acteurs s'isolent dans leur coquille en offrant seulement le minimum requis.

La pochette grise, blanche, noire et bleue à l'effigie des trois protagonistes est également un peu attendue. Le menu principal du DVD s'avère plus inspirant, mélangeant quelques extraits à une mélodie descriptive évoquant l'attente, la jalousie et l'obsession. En plus de bandes-annonces, les suppléments regroupent 24 minutes d'entrevue (sous le format questions/réponses) avec les comédiens et le réalisateur. Ces segments généralement intéressants permettent d'étayer la naissance du projet, les liens entre les partenaires de jeu, la façon d'aborder les personnages, etc. Il y a également une piste de commentaires de Richard Eyre qui, de sa voix porteuse, parle de ses motivations profondes et de quelques anecdotes cocasses.

"The Other Man" avait tout pour sortir de l'ordinaire. Au lieu de cela, il ne fait que s'enfermer dans son cocon, ne surprenant jamais, gâchant le grand talent de son équipe réunie dans une production ronflante et terriblement ordinaire. En quoi cela peut bien servir d'avoir une carte gagnante si ce n'est pour ne jamais l'utiliser correctement?


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments4
Vidéo7
Audio7