Passions criminelles (Crimes of Passion)
Christal Films Distribution

Réalisateur: Richard Roy
Année: 2005
Classification: 13+ (QC)
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST), Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
25 août 2007

Voici une recette qui marche (il semblerait) à tout coup : vous prenez de vieilles pages sur lesquelles est écrit un manuscrit sans intérêt. Vous saupoudrez de poussière prise dans d'autres films, notamment Wild Things et Basic Instinct. Remuez le tout avec des interprétations à l'avenant et une courge vivante nommée Jonathan Higgins (la pochette se permet le luxe de faire une erreur en écrivant son nom), n'ajoutez aucune once d'intelligence ou d'originalité et servez le plus froid possible, étant donné que tout le monde s'en fiche éperdument et a quitté le plateau.

Si vous avez l'impression d'avoir déjà lu une histoire similaire, sachez qu'il en existe pas moins de 379 442 dans le genre, ce qui est considéré comme normal. Le "scénario" présente donc un homme marié (dont la crédibilité peut être comparée à celle d'une balayeuse) depuis dix ans à une très jolie femme (Amy Sloan, probablement la plus convaincante d'entre tous). Le mari rencontre une femme (Dina Meyer, piquant tous les tics de Sharon Stone dans Basic Instinct) lors d'une sortie au bar (tiens donc... ça sent le coup monté) qui, le lendemain, porte plainte contre lui pour harcèlement sexuel. Dès lors, sa femme doute de lui (un mariage de dix ans et on jette tout à l'eau, c'est d'une logique imparable!), ses patrons veulent le ficher à la porte (parce que ça leur tente, disons-le rapidement) et le mari se retourne contre l'entreprise pour toucher le pognon (vu dans 3 395 206 autres films). Cependant, le tout tourne au vinaigre (ben voyons!) lorsque quelqu'un (ou quelque chose pendant qu'on y est) semble avoir des preuves (histoire de faire avancer cette histoire bidon) pour faire chanter (s'ils chantent comme ils jouent, je crains le pire) ledit mari et sa supposée complice.

Histoire qui n'a aucune logique ni aucune psychologie au départ, "Crimes of Passion" nous montre ce qui arriverait si on était tous des enflés de la carafe en acceptant une proposition qui ternirait un mariage entamé depuis longtemps. La réalisation est complètement robotique. La photographie (un album du film aurait suffi) pauvre et sans imagination, se la joue franc jeu : pas de moyens, t'auras rien. Même les comédiens n'ont pas l'air d'y croire, excepté Amy Sloan dans le rôle de la femme du mari trompeur et quelques passages de Dina Meyer, jouant la Katheryne Tramel du film. Rien de bon ne ressort de cette bouillie filmique et il serait navrant que quiconque ayant "travaillé" là-dessus y mette le titre pour son CV. Le plus haut niveau de quotient aperçu dans le film était de 63, lors de cette superbe apparition en arrière-plan de fougères. À force de filmer entre des murs, on finit par en oublier la nature, chose qui a été oubliée lors de l'interprétation qui, afin de le rappeler, est navrante au mieux. Tous carburent à un tel cabotinage en exagérant les expressions faciales, on se croirait dans une comédie avec Jim Carrey. Ça fait peine à voir et à entendre.

Nul besoin de mentionner qu'un tel chef-d'œuvre peut se passer de suppléments, n'est-ce pas? Avouons qu'avec un tel résultat, tenter de justifier ce film avec des revuettes, même congratulatoires, aurait été un brin exagéré.

Le transfert vidéo est honnête, conservant son tournage original. Les couleurs, par contre, manquent de saturation et l'image aurait mérité un meilleur travail sur les ombres et lumières. Il y a souvent des problèmes de raccord qui font varier certaines teintes de couleur, créant ainsi une barrière à l'illusion du film. Dans ce cas-ci, le scénario empêchait déjà tout divertissement possible. Le son quant à lui n'amène franchement rien à tout casser. Il aurait fallu un certain panache, des scènes d'action ou de la musique originale (James Gelfand parodie d'ailleurs le regretté Jerry Goldsmith, y allant de plusieurs accords sonnant Basic Instinct) pour y coller une étiquette 5.1, ce que le métrage n'a évidemment pas.

"Crimes of Passion", ça donne "Crimes de Passion" en français bien traduit, ou "Crimes Passionnels" si vous préférez. Au lieu de ça, nous avons droit à un "Passions Criminelles" qui jure carrément avec son modèle anglais. Le véritable crime de ce film est que jamais je ne retrouverai ces 90 minutes. D'après certaines personnes, il paraît que ce que l'on ignore ne peut nous faire de mal... Dieu que j'ai mal.


Cotes

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