Payback
Straight Up: Director's Cut
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Brian Helgeland
Année: 1999 / 2007 (DC)
Classification: 18A
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
17 juin 2007

Il en est passé de l'eau sous les ponts depuis la première réalisation du scénariste de Conspiracy Theory (1996), mettant en vedette Mel Gibson. L'acteur lui suggère alors, après la lecture de quelques pages d'un scénario encore à l'état embryonnaire, de peaufiner le tout et qu'il serait prêt à l'aider, le cas échéant. Sous la tutelle d'Icon Production (la boîte à Gibson), le film "Payback" voit alors le jour (pas mal pour un scénariste alors sans expérience récupéré par Richard Donner). Après le tournage et maints débats, les studios et les producteurs voulaient faire de "Payback" un film hommage aux années 70 au coloris bleu, dépeignant la froideur du milieu criminel, teinté d'un humour noir. Le réalisateur se retire alors du projet, mécontent à l'issue de plusieurs pourparlers de refaire radicalement plusieurs scènes. La communauté Internet étant ce qu'elle est, des sites ont été mis au courant du fait et ont fait pression de 1999 jusqu'à ce qu'en 2006, Paramount donne au réalisateur sa chance d'offrir au spectateur la vision originale, non censurée, racée, violente, à des lieues de l'originale. Un montage aussi salvateur que Kingdom of Heaven de Ridley Scott l'a été en son temps.

Porter (Mel Gibson) est un criminel de profession. Il vole de poche en poche et s'attaque parfois à de gros morceaux qui lui procurent quelques menus ennuis. Arrive alors cette idée de soutirer un magot suspect de blanchisseurs chinois. Durant l'opération, les coéquipiers de Porter s'en prennent à lui et le laissent pour mort. Une guérison hollywoodienne plus tard, Porter est de retour plus enragé que jamais. Sa part du gain s'est envolée pour que l'un des traîtres puisse profiter du confort d'une haute organisation criminelle. Porter monte alors le long de la chaîne alimentaire jusqu'à trouver la personne qui lui versera sa part du gain en totalité, soit 70 000$ (oui, seulement cela) et rien ni personne ne se mettra au travers de sa route. La vengeance est un plat qui se mange froid et Porter ne le sait que trop bien.

Et hop, c'est ainsi que se résume la trame du film de Helgeland. Bien que cela paraisse faible, il n'en demeure pas moins un film nettement différent de son modèle de 1999. Tout d'abord, à commencer par le personnage de Kris Kristofersen maintenant complètement retiré du film. Il était déjà un ajout du studio afin d'offrir des moments alternatifs à la sauce "Die Hard". La trame sonore musicale est, elle aussi, majoritairement différente, pour notre plus grand plaisir. En durée, le film est 10 minutes inférieur à la version cinéma et perd la plupart de ses scènes humoristiques au profit d'une mise en scène plus sobre et éclatée à la fois. Brian Helgeland montre ici la réelle force du scénario et retire les effets bleutés de la pellicule afin de faire ressortir la couleur, littéralement, des personnages. Les motivations sont plus claires, plus sombres, plus directes. Il ne s'agissait en rien de rajouter des scènes pour le plaisir, car pour le réalisateur, il fallait le faire correctement, donc beaucoup de nouveau matériel à se mettre sous la dent pour le public ayant déjà vu l'ancienne édition. Les autres n'y verront que du feu, excepté qu'il est probable de ressentir cette terrible envie de visionner le montage cinéma et comparer. Quoi qu'il en soit, celui-ci est féroce, viscéral et sans pitié.

En apparence peu nombreux, les suppléments sont d'une généreuse portion. Tout d'abord, les documentaires et revuettes. "Paybacks are a Bitch" n'est rien de moins qu'un documentaire en deux parties totalisant 50 minutes sur le tournage du film. "Same Story, Different Movie" prend 30 minutes à explorer les deux versions ainsi que le travail d'orfèvre réalisé par l'équipe attachée à cette nouvelle édition, dans laquelle on peut apercevoir un Mel Gibson récent pourvu d'une barbe de près de 10 pouces. Ensuite, une revuette intitulée "The Hunter" dans laquelle l'auteur du livre responsable de ce film, Donald E. Westlake (sous le nom de plume Richard Stark) parle du personnage de Parker ainsi que des films inspirés de ses livres avec passion. Il y a enfin, une piste de commentaires, le plat de résistance juste après le film lui-même. D'un intérêt certain, les propos de Brian Helgeland sont on ne peut plus pertinents. Il explique sans être censuré les raisons du studio de remonter le film. Le menu principal est animé aux tons du film et armé de la nouvelle trame sonore. Les autres sont statiques, mais dans le même ton et beaux à regarder.

Le nouveau montage a été recréé grâce à l'obtention des négatifs d'origine, ce qui n'a pas été chose facile, puisque les producteurs de la nouvelle version ont dû reconstruire une table de montage, le film n'ayant pas été sauvé sur source digitale. Nous avons droit à un montage sans faille ou si peu. Aucun grain superflu n'apparaît et les couleurs, retirées de leur environnement bleu, redonnent un cachet de vie aux personnages et une nouvelle signification à chacune des scènes. Le son, habilement reproduit en Dolby Digital 5.1, est d'une efficacité qu'il serait presque bon de considérer comme meilleure que son prédécesseur. Les basses résonnent juste ainsi que l'ambiance générale du métrage, bien calibrée pour les haut-parleurs. Un très beau et bon travail en somme.

Bien qu'il soit difficile de trancher sur la meilleure version des deux, il faut néanmoins faire la part des choses: d'un côté, le film original, déjà très bon, montre des moments de comédie noire et des performances éclatantes tandis que l'autre offre un polar doublé d'un thriller efficace avec quelques passages d'humour, les mêmes appréciations faites en regard à l'interprétation. "Y a de la monnaie à rendre" (phrase dans Predator), et Porter irait jusqu'en enfer pour le récupérer. Avec ce résultat, moi aussi.


Cotes

Film9
Présentation9
Suppléments10
Vidéo9
Audio8