Perfume: The Story of a Murderer
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Réalisateur: Tom Tykwer
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 147 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
8 juillet 2007

Fruit d'une adaptation du roman de Patrick Süskind, "Perfume" est mis en scène par le réalisateur de Run Lola Run. Ce dernier a donc eu la lourde tâche, presque expérimentale, de reproduire le sens olfactif à l'écran. Aidé de la musique, la cinématographie, les décors, une équipe d'acteurs de haut calibre et quelques moments qui frôlent le surréalisme, "Perfume: Story of a Murderer" possède de réelles qualités s'adressant à un auditoire intemporel. Malgré quelques minces égarements, l'on peut dire mission accomplie pour Tom Tykwer qui se charge non seulement de la réalisation, mais qui signe en plus une partie de la musique et de l'écriture.

Paris au 18e siècle. Une poissonnière donne naissance à un nouveau-né dans la douleur et l'odeur. Cependant, la pauvre infortunée décide de laisser son petit sur le sol, abandonné à son triste sort. Ses cris attirent l'attention et il est immédiatement amené à un orphelinat où il passera une bonne partie de son enfance. Nommé Jean-Baptiste Grenouille, le jeune homme possède un odorat hors du commun. Il trouve là son nirvana en respirant partout de nouveaux parfums. Toutefois, il n'apprend pas à parler avant l'âge de 5 ans, ce qui cause un problème qui le clôt en lui-même. Engagé dans une tannerie comme esclave, il travaille des peaux pour que son maître les vende. Sur le chemin il s'égare et sent un parfum dont il n'avait jamais eu l'idée: une jeune femme rousse au teint un peu pâle attire son attention. Cette dernière changera à jamais le cours de la vie de Jean-Baptiste Grenouille. Après sa rencontre, l'obsession de capturer le parfum, l'essence de la femme, occupera toutes ses pensées, menant le jeune prodige des odeurs à commettre en secret plusieurs atrocités au sein d'une communauté.

Le film de Tom Tykwer est ancré dans la réalité. Rien ou presque n'est romancé ou laissé au hasard. La superbe cinématographie de Frank Griebe reproduit fidèlement les passages du roman sans jamais se laisser aller à une facilité quelconque. Ses cadrages sont travaillés en fonction de la mise en scène du réalisateur dans le but précis d'obtenir un... parfum de chaque scène. L'équipe d'acteurs, fort habile, se débrouille très bien dans les rôles secondaires à Jean-Baptiste Grenouille( inquiétant Ben Whishaw), à savoir: Alan Rickman enfin sorti du rôle du méchant de service, Dustin Hoffman en parfumeur déchu ainsi que Rachel Hurd-Wood interprétant la fille du personnage d'Alan Rickman avec conviction. La narration de John Hurt, qui a quelques élans d'Anthony Hopkins, est une sorte de guide bienvenu dans le monde de Grenouille qui sait quand ne rien dire. Teinté d'ironie, le métrage dégage un parfum, un portrait, de plusieurs sphères de la société de l'époque, rendant justice aux intentions de Patrick Süskind. Tom Tykwer tire très bien son épingle du jeu en ne romançant jamais le propos, en ne le diluant pas dans une mixture dont sont victimes maintes adaptations qui font le saut de roman au grand écran. Dure, provocante, dérangeante, la vision de Tykwer demeure sans compromis et au service de l'histoire. Le suspense est bien ficelé et bien que Jean-Baptiste Grenouille n'ait pas beaucoup de dialogues, sa présence se fait "sentir" tout au long du film par le talent de son comédien. Rachel Hurd-Wood offre un portrait sensible, touchant et irrésistiblement séduisant. Ornée de cheveux rouges, elle est tout bonnement l'incarnation de la Vénus de Botticelli sortie de ses toiles.

Édition chiche en suppléments, nous avons droit à une seule revuette ne dépassant pas treize minutes suivant plus que rapidement les méandres à peine esquissés d'une production allemande et épique qui aurait mérité davantage. Laurent Bouzereau, l'un des plus convoités fabricants de matériels bonis sur galette numérique, ne se contente ici que de livrer un minimum de félicitations et de débrouillardise dans un trop court laps de temps. On ne sent que la hâte d'en finir avec les suppléments plutôt que de s'attarder sur les départements impliqués et livrer ainsi une édition réellement à tous les parfums. Décevant. Même les menus sont plus réussis, c'est dire.

Quelques poussières et imperfections se font voir durant le métrage. Certains contrastes souffrent de la compression tandis que les couleurs sont bien balancées et laissées à leur état presque monochrome (les ingrédients des parfums demeurent les seuls sujets véritablement colorés). Il est plutôt rare pour un film de faire entendre une respiration en 5.1 et bien que le tout puisse sembler curieux, l'entreprise est réussie lorsque Jean-Baptiste Grenouille s'accapare des odeurs de son entourage. La respiration devient alors envahissante sans pour autant être cacophonique. Somme toute, un travail remarquable surtout au niveau sonore, riche en effets de toutes sortes, qui ne passe pas... "inaperçu".

Le film ne s'adresse définitivement pas aux cœurs sensibles. Comme le mentionne le sous-titre, il s'agit de l'histoire d'un meurtrier. Les actions du jeune homme parviennent à dégoûter et fasciner à la fois. Lors d'une finale épique durant laquelle il devra être exécuté, un surprenant tour de force tant narratif que cinématographique s'opère sur plusieurs niveaux (il faudra voir le film pour cela), créant la scène la plus surréaliste du métrage, mais aussi la plus efficace jusqu'à la toute dernière image choquante menée par la narration de John Hurt. Hormis de pauvres extras, "Perfume" peut se vanter d'être dans le panthéon des adaptations très réussies.


Cotes

Film9
Présentation6
Suppléments1
Vidéo7
Audio8