Les comédies ont toujours eu un certain panache au cinéma. À la fin du siècle dernier, des adolescents faisaient le pacte de se rendre à leur bal des finissants accompagné tout en étant un "vrai mec" dans American Pie. Bien que nettement moins axées sur l'adolescence, les années 60 comportaient leur lot de bons moments cocasses dont la première apparition de Woody Allen à l'écran en 1965. Peter Sellers est ici exploré dans un coffret offert par la MGM et dont les films, à savoir "The Pink Panther", "What's New Pussycat?", "Casino Royale" et "The Party" sont réunis avec pour but l'idée de passer une bonne soirée nostalgique.
Dans "The Pink Panther", l'inspecteur Jacques Clouseau doit retrouver, malgré ses nombreuses maladresses, un diamant avant que son ennemi de toujours, le Fantôme, puisse en prendre possession. "What's New Pussycat?" présente ici un homme (Peter O'Toole) avec un problème épineux: il est un aimant à femmes qui ne peut se passer de fêter et faire des... "rencontres". "Casino Royale" n'a rien du film avec Daniel Craig, mais en conserve le titre et une bonne dose de parodie sur les films d'espionnage avec Orson Welles (LE Orson Welles qui nous a offert Citizen Kane) dans le rôle de Monsieur Le Chiffre. "The Party" explore de son côté les mésaventures d'un acteur indien (Peter Sellers) invité par accident à une fête prestigieuse donnée par un important producteur.
Bien que d'intérêt variable, les films n'en demeurent pas moins intéressants et de facture honnête dans leur interprétation. Peter Sellers se démarque du lot constamment, interprétant aussi bien un inspecteur perdant, un psychothérapeute perdant, un James Bond perdant et un acteur perdant. Bon, il y a constance dans la filmographie, me direz-vous, mais le talent du comédien transpire dans chaque scène où il apparaît. Au passage, les apparitions sporadiques d'Ursula Andress (sortie de son succès de Dr. No), Peter O'Toole, Woody Allen, David Niven et plusieurs autres, en font des comédies fortement appréciables. Le tempo des films de l'époque n'étant pas le même qu'aujourd'hui, la parodie de James Bond est tout de même chronométrée à 131 minutes et les autres films se relient nettement plus aux dialogues croustillants qu'à des scènes de gags faciles bien que certains d'entre eux aujourd'hui ont été refaits nombre de fois. De tout l'ensemble, c'est "The Party" qui a été la véritable surprise aux niveaux scénario, dialogues, histoire, originalité, etc. Ce sont 99 minutes qui passent bien, en somme.
Les suppléments ne pleuvent pas réellement sur les galettes numériques. Entre autres, on retrouve les bandes-annonces de chaque film sur son disque respectif, mais c'est "Casino Royale" qui comporte son lot de bonus intéressants: tout d'abord, une revuette sur la production du film qui se trouve à être une entrevue avec l'un des quatre réalisateurs engagés, Val Guest. Tout au long, il parle des problèmes chaotiques de la production et combien il a dû remettre de l'ordre dans tout cela et créer un lien entre les cinq segments dirigés indépendamment (Sin City n'aurait rien inventé?). Par la suite, un vieux film de 50 minutes datant de 1954 réalisé pour la télévision ayant inspiré le film. Cette maigre addition de suppléments fait pâle figure auprès des petits morceaux de bon cinéma présentés. On aurait largement aimé des pistes de commentaires et un documentaire sur les origines de chacun des films ou prendre le modèle de "Casino Royale" et en faire un ensemble d'extras à son image.
La copie du studio est nettement resplendissante et le travail de restructure du film transparaît beaucoup. En bref, la numérisation des films est superbe. Les égratignures ou quelques artefacts qui pouvaient se trouver sur la pellicule ont tous été retirés. La profondeur de champ est bien respectée, les contrastes et couleurs sont bien balancés et l'image ne subit aucun flou subit. C'est du côté sonore que le coffret déçoit. En effet, les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 ne se retrouvent que sur deux des films ("Pink Panther" et "Casino Royale") tandis que les autres ("What's New Pussycat?" et "The Party") sont relégués au mono! Il aurait été pourtant si aisé avec la place restante sur les disques d'intégrer un son donnant une importance sonore aux films, qui aurait pu rivaliser avec le travail de restauration. Il faut croire que l'enveloppe consacrée par MGM n'était pas suffisante (en fait ce sont les disques existants réemballés en coffrets). Pire encore, "Casino Royale" est le seul film de l'ensemble à n'offrir aucun doublage français. Les menus des DVD sont peu animés, mais respectent bien le concept des films, surtout les années 60 en général.
Le coffret de Peter Sellers est d'abord et avant tout nostalgique. Chacune des scènes nous fait presque regretter d'en être à une époque en constant changement. Des comédies inoffensives pas aussi irrévérencieuses que celles dont on nous a affublés ces dernières années, mais qui ont le mérite de mal vieillir pour nous rappeler comment les mœurs ont changé depuis.
| Film | 8/8/9/10 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 2/2/7/2 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 4 |