Les pirates fascinent. Peu importe l'époque, ces hors-la-loi des mers ont toujours captivé les foules en grand nombre. Dans les années 90, Renny Harlin nous avait offert Cuthroat Island, avec en vedette Geena Davis, qui avait littéralement coulé plus rapidement qu'un Titanic au cinéma. Depuis 2003 par contre, Johnny Depp ressasse les récits incroyables de Jack Sparrow et son inénarrable talent à se mettre les pieds dans les plats ainsi que sa capacité à s'en sortir avec brio. Dotés de budgets faramineux, les films de la série Pirates of the Caribbean sont la convoitise de tous et chacun. Cependant, la vague épique qui sévit dans cette ère rend les productions de ce genre peu nombreuses à relater les histoires des malfrats nautiques. Dans les années de l'après Seconde Guerre mondiale, ces films étaient, pourtant, monnaie courante. Anthony Quinn, Errol Flynn, Maureen O'Hara et tant d'autres, enjolivaient l'écran de leur simple présence. Nostalgie, quand tu nous tiens.
Remisés dans un coffret de deux disques, "Pirates of the Golden Age" raconte les quatre aventures de différents équipages à l'époque où la guerre de Sécession n'avait pas pointé le bout de son nez. Les quatre films sont: "Against All Flags", "Buccaneer's Girl", "Yankee Buccaneer" et "Double Crossbones". D'un intérêt varié, les films proposent des aventures dotées de dialogues croustillants fleurant bon l'ancienne époque (d'où le titre du coffret Golden Age), des combats où les acteurs faisaient leurs cascades d'eux-mêmes et dans lesquels séduire une jeune femme se faisait en moins de trois scènes. Il ne faut pas oublier non plus les accoutrements colorés des pirates, dans des teintes saturées au possible et à l'accent on ne peut plus caricaturé. Les films ne reposent pas sur leur valeur historique ou scénique, mais bien pour leur valeur sentimentale. Car ne nous trompons pas, ce qui fait le charme d'une telle production est son indéniable pouvoir de nous transporter dans un monde lointain, fort lointain.
La direction d'acteur est calquée d'un film à l'autre. Il n'y a pas réellement de morceaux de bravoure à se rappeler, sauf de l'apparente sincérité d'offrir un bon divertissement aux spectateurs, qui saurait captiver l'imagination de ceux et celles qui offriraient à leur tour des films déjantés. Écho d'une époque révolue, "Pirates of the Golden Age" montre des personnages ne subissant aucun ou très peu d'épreuve psychologique (on est loin de Batman Begins), et dont le héros est incorruptible. On assiste même à une scène tournée sous l'eau, une réelle épreuve spartiate dans ces temps reculés.
On ne s'attardera pas aux suppléments puisqu'il n'y en a aucun, hormis les bandes-annonces de deux des quatre films proposés, soit "Against All Flags" et "Buccaneer's Girl". De voir Errol Flynn se battre contre une myriade de pirates et arrêter la bagarre à son apogée pour parler à l'écran de son film est tout simplement un bijou que l'on ne voit plus désormais. Un point de plus pour la nostalgie. Il aurait sans doute été plus sage d'offrir un minimum d'extras tels des commentaires d'historiens du cinéma, des entrevues sur l'impact de ces films sur les générations futures, etc. On devine avec une telle absence de bonus qu'il s'agit là d'une tentative de capitaliser sur le phénomène Pirates of the Caribbean et ainsi, pour Universal, d'avoir sa part du gâteau, aussi mince soit-elle.
Un excellent travail a été fait au niveau du transfert numérique. Tout d'abord, on ne décèle que très peu ou aucun artefact de compression. Ensuite, les égratignures d'un film de cette époque sont complètement disparues, laissant place à une image nette et surprenante. Il y a certains passages où la colorimétrie semble faire défaut, mais il faut réellement s'y attarder pour voir quelques changements de teinte dans l'apparence des visages de certains personnages, notamment dans "Yankee Buccaneer". Cela dit, l'expérience d'un tel film ne serait pas la même sans ces défauts mineurs. La piste sonore en Dolby Digital Mono recrée bien l'atmosphère de ces cinémas anciens sans plus. Les menus sont statiques et sans musique et surprise, il n'existe même pas de page pour accéder aux scènes, un blasphème surtout quand on sait qu'il s'agit presque d'un standard dans le marché du divertissement maison.
Malgré ses défauts de coffret réalisé dans l'urgence, "Pirates of the Golden Age" a le mérite de nous soutirer à notre époque combien technologique et apprécier la simplicité (involontaire à l'époque) d'un temps révolu, durant lequel les dialogues primaient sur les scènes d'action. Si vous connaissez un proche parent qui se débrouille en anglais, offrez-lui ce joyau de souvenirs impérissables dans lequel deux légendes du cinéma (Errol Flynn et Anthony Quinn) s'affrontent aujourd'hui sous d'autres cieux.
| Film | 8 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |