Référence du genre dans la catégorie des "couples mal assortis", "Planes, Trains and Automobiles" continue de faire rire 22 années après sa sortie. La nouvelle édition "Those Arent' Pillows!" ne vaut certainement pas le détour pour les personnes qui possèdent la version précédente, mais les autres voudront sans doute se procurer un des films les plus drôles de John Hughes.
C'est le congé de Thanksgiving. Neal (Steve Martin) doit attraper un avion de l'aéroport de New York pour voir sa famille à Chicago. À cause du mauvais temps, il se retrouve dans le petit bled de Wichita. Comble de malchance, un inconnu bien attentionné, mais fatigant (John Candy) a décidé de veiller sur lui, lui apportant uniquement de la malchance et des tourments. Revenir dans la ville des vents ne sera pas de tout repos et il faudra emprunter pratiquement tous les moyens de transport pour y parvenir.
Premier long-métrage pour "adultes" de John Hughes, "Planes, Trains and Automobiles" s'avère un des récits les plus réussis du célèbre cinéaste et scénariste. Sa satire, toujours pertinente deux décennies plus tard, contient suffisamment de drame et de tendresse pour éviter la vaine superficialité, et surtout énormément de blagues irrésistibles pour faire rire aux larmes. Les situations rocambolesques se multiplient sur ton bon enfant et la mise en scène sans temps mort révèle plusieurs surprises, des séquences d'anthologie et des dialogues fins qui sont à un doigt d'être cultes. Surtout que le duo en place fonctionne à plein régime. Devant un John Candy attendrissant de gaucherie se trouve un Steve Martin au sommet de sa forme.
Les mélodies rappellent que les années 1980 pouvaient offrir des tubes ringards involontairement hilarants. Les pistes sonores exploitent convenablement les différentes enceintes, laissant émaner des sons d'avions, de trains, de klaxons et d'eau. Bien que les voix soient par moments faibles, il y a de superbes sous-titres jaunes en anglais en français et en espagnol afin de ne rien manquer. Les images sans grain ni égratignure bénéficient de couleurs précises, de jolies teintes, d'une belle définition des contours et de contrastes d'une exquise profondeur. Seul ce blocage parfois omniprésent peut déranger.
Le boîtier orné d'un hologramme représente les deux protagonistes dans la neige en train de transporter des valises. Le menu principal du DVD, statique et sans musique, reprend simplement ce concept. Quelques suppléments peu mémorables sont disponibles. Le plus complet est ce documentaire sur le tournage où le réalisateur parle de son scénario et que les comédiens disent quelques mots sur leur expérience. Un trop court segment aborde le style du créateur de The Breakfast Club, un autre rend hommage à John Candy, il y a une séquence retranchée assez cocasse et un peu de publicité. Il n'y a vraiment rien à la hauteur de la production.
"Planes, Trains and Automobiles" est une œuvre férocement divertissante que les amateurs de bonnes comédies voudront absolument rajouter à leur collection. Malgré la bonne humeur constante et le jeu de clown blanc de Steve Martin, le passage du temps rend le tout encore plus mélancolique, avec la disparition en 1994 de John Candy et celle, en 2009, de John Hughes. Il ne faudra donc pas hésiter à profiter du passé avant de l'oublier complètement...
| Film | 7 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |