Ha!, le merveilleux monde de la science-fiction au cinéma. Tant de possibilités de créer des histoires intéressantes et imaginatives et pourtant si peu de vraies réussites dans l'histoire de ce genre cinématographique. Là où les seules limites sont celles de l'esprit humain et du portefeuille du producteur, pourquoi faut-il qu'on nous rabâche sans cesse la même histoire dans le même décor avec la même fin heureuse? Au secours Asimov, Van Vogt, Silverberg et les autres grands auteurs, le cinéma vous appelle à la rescousse!
Hé oui, comme vous vous en doutez, "Planetfall" ce nouveau film de science-fiction made in USA ne passera pas à la postérité. Fait avec un budget miniature (de la bouche même du producteur/scénariste qui n'arrête de le répéter dans une entrevue incluse dans les suppléments, comme s'il voulait qu'on lui pardonne la piètre qualité du film), ce western de l'espace n'a rien de bien remarquable. Le scénario est banal: un vaisseau gouvernemental transportant une cargaison top-secrète s'est écrasé dans une région désertique et hautement dangereuse de la planète Zéta. Plusieurs groupes rivaux (gouvernement, armée rebelle, mercenaires mutants, ainsi que deux jolies chasseuses de prime) tentent de la récupérer pour en tirer profit à leur façon. Les décors, le désert américain et deux ou trois ruines post-apocalyptiques, ont déjà été filmés quatre mille fois. Les costumes, de vieux uniformes de l'armée soviétique pour les militaires, du latex noir saillant pour une des pitounes et un chapeau de cowboy et long paletot à la Clint-Eastwood-dans-les-films-de-Sergio-Leone pour l'autre, semblent venir de l'atelier de costumes du cégep local. Les acteurs et actrices sont à peu près uniformément vraiment mauvais, et la réalisation extrêmement banale et parfois maladroite.
La seule chose qui aurait pu sauver un film comme celui-ci (c'est de la science-fiction après tout) c'eût été les effets spéciaux. Malheureusement les quelques vaisseaux, véhicules ou décors sont à peine dignes d'un jeu vidéo, et certainement pas d'un long métrage. Bon, ceci étant dit, si vous êtes un drogué de science-fiction et que vous avez des rages inassouvissables, je suppose que "Planetfall" est tout de même divertissant et saura contenter votre "rush". Du moins, vous pourrez rire un peu (du ridicule de tout ça) tout en sacrifiant à votre péché mignon.
De plus, si vous êtes vraiment en manque, vous pourrez prendre plaisir à une myriade de suppléments. Des heures de bonheur. Tout d'abord quelques scènes retranchées du montage final, dont une fin alternative et aussi une séquence non achevée devant un écran bleu. On a ensuite un documentaire d'une heure sur le tournage avec des entrevues et des images sur le plateau de tournage. Puis trois revuettes, une sur la fabrication des accessoires, une sur les ruines figurant dans une partie du film, puis la dernière sur un moulin figurant dans une autre partie. Une autre revuette comique sur le réalisateur où tous les acteurs et actrices commentent ses défauts exagérés. Pour finir, une entrevue avec Ted V Mikels, le comédien jouant le rôle du président corrompu de la planète Zéta, et réalisateur du classique de série B Astro Zombies.
Au niveau visuel, "Planetfall", ressemble à un film étudiant à gros budget. Comme je le mentionnais plus tôt, les effets spéciaux sont assez faibles, les séquences devant écran bleu sont apparentes, le montage est boiteux et la qualité des éclairages et de l'image en général, ordinaire. Faute de budget, on a tourné en vidéo HD là où une pellicule 35mm aurait été souhaitable pour bien rendre les nuances des couleurs du désert. On a tout de même fait un effort pour travailler le look général, même si on sent fortement l'influence de Sergio Leone et autres cinéastes des westerns spaghetti. Pour l'audio, encore là un travail amateur, avec plusieurs séquences intérieures au son bâclé, où on n'a pas été capable de corriger la résonance de certains lieux de tournage. Presque (mais tout de même pas!) comme si on avait utilisé le micro caméra au lieu d'un équipement professionnel. En plus, certains personnages à la diction limite sont incompréhensibles.
| Film | 5 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |