Portrait Macabre (The Rendering)
Christal Films Distribution

Réalisateur: Peter Svatek
Année: 2002
Classification: 13+ (QC)
Durée: 88 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 août 2007

Un scénario sans intérêt plus un budget pratiquement inexistant plus la présence de Shannen Doherty au générique, cela donne un long-métrage endormant qui est sorti directement en vidéo pour le petit écran. Pour "Portrait macabre" (traduction française de "The Rendering"... qui est également connu sous le nom de "Portrait of Murder"), c'est le début de la fin.

Sarah (Doherty) est une dessinatrice talentueuse. Un jour, elle se fait attaquer et blesser par Gray (Peter Outerbridge). À l'aide d'un de ses croquis, la police arrive à lui mettre la main au collet. Dix années plus tard, alors que son assaillant est sur le point d'être libéré, Sarah apprend que son mari est le principal suspect d'une histoire d'agression sexuelle et de meurtre. Il est rapidement condamné et sa sécurité ne tient qu'à un fil. Pour le faire innocenter, la jolie femme doit replonger dans son passé, flirter avec le diable et trouver un moyen de le déjouer.

Il y a toutes sortes de productions anonymes qui remplissent le bac des clubs vidéos dans la section "5 pour 10$". D'ici quelques semaines, "The Rendering" y sera sans doute. Le seul élément qui pourra lui permettre de gagner quelques locations, c'est sans doute le minois plus qu'aguichant de Shannen Doherty, plus connue comme la Brenda Walsh de Beverly Hills 90210. Pourtant, le temps n'embellit pas ce qui est inexistant et lorsque le talent n'était pas présent au début des années 1990, il ne l'est pas 15 années plus tard.

Sans humour, sans suspense et sans surprise, cette vue de Peter Svatek n'est qu'un cliché ambulant. Introduction en film d'épouvante, progression routinière, intrigue qui fait un détour vers la prison, méchant qui se prend pour Robert De Niro dans Cape Fear, invraisemblances à la tonne, finale qui ne veut jamais se terminer : c'est le moule 101 de l'essai qui ne passera jamais à l'histoire et, surtout, qui laisse complètement indifférent pendant les 88 longues minutes. Lorsque que le spectateur cherche des situations inusitées ou des dialogues truculents à se mettre sous la dent, il a droit à des fausses pistes, des retournements de situations improbables et des interprètes qui semblent jouer uniquement pour le chèque de paye.

À défaut d'enjeux significatifs, le rendu technique s'avère acceptable. Le plein écran, quoique sujet à du blocage sur les vêtements, à du grain lors des séquences ensoleillées et à quelques égratignures, fait état de belles couleurs aux reflets plus qu'appréciables. La qualité des contrastes est également intéressante. La musique variée se veut cependant un peu trop soporifique. Pourquoi aller dans toutes les directions, si c'est pour suivre à la lettre le sentier du "trasher movie" ou de la romance à l'eau de rose? Les pistes sonores anglophones et francophones, seulement en Dolby Digital 2.0, offrent tout de même quelques sons distinctifs comme des cris de criquets et des abus de trame sonore. La traduction est compétente et les voix s'entendent sans difficulté. Un avantage certain, car il n'y a aucune trace de sous-titres.

La pochette banale et attendue superpose trois éléments. Il y a le visage de Doherty, celui du tueur peu inquiétant et une scène de lit qui se veut torride... mais qui ne l'est malheureusement pas. Le menu principal du DVD reprend le même plan sans y rajouter la moindre note musicale ou un mouvement quelconque. Pour y arriver, il faudra passer par-dessus une multitude de bandes-annonces. C'est à se demander si les publicités ne sont pas plus importantes que l'œuvre elle-même. Et est-ce réellement surprenant d'apprendre qu'il n'y a aucun supplément?

Sans sa tête d'affiche, "Portrait macabre" aurait pris le chemin des oubliettes en deux temps trois mouvements. Pourtant, malgré les courbes de Doherty, le visionnement se veut tout sauf divertissant. C'est sans doute plus intéressant qu'une opération dentaire, mais pas tellement plus...


Cotes

Film3
Présentation2
Suppléments-
Vidéo6
Audio6