The Postman Always Rings Twice
Warner Home Video

Réalisateur: Tay Garnett
Année: 1946
Classification: 18A
Durée: 113 minutes
Ratio: 1.37:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
13 janvier 2004

Les années 40 furent une période faste pour le film noir et pour l'écrivain James M. Cain qui a vu successivement trois de ses romans adaptés pour le cinéma. En 1944, Billy Wilder avec son sulfureux Double Indemnity, souvent crédité pour avoir établi les bases du "style noir", a ouvert la porte à des productions traitant de matériel délicat, auparavant jugé trop risqué pour le grand écran. Suivra, un an plus tard, Mildred Pierce de Michael Curtiz et finalement, en 1946, "The Postman Always Rings Twice" de Tay Garnett. Maintes fois critiqué pour avoir évacué certains des aspects les plus scabreux du roman, code moral de l'époque oblige, ce film demeure néanmoins un incontournable du genre.

"Man Wanted" dit l'affiche du Twin Oaks, petit resto miteux aux abords d'une route secondaire, tenu par Nick (Cecil Kellaway) et Cora (Lana Turner), son épouse beaucoup plus jeune que lui. Gagner un peu de fric, reprendre la route, scénario idéal pour Frank Chambers (John Garfield), un homme atteint de bougeotte qui erre de ville en ville. Mais Frank ne se doute pas, en acceptant cet emploi d'homme à tout faire, du double sens que prendront ces deux mots. En effet, la voluptueuse et ambitieuse Cora, qui a marié Nick non par amour, mais pour accéder à une certaine sécurité financière, rêve de passion et n'en peut plus de cette existence monotone. L'attirance entre elle et Frank sera immédiate, mais partir avec Frank est pour Cora impensable. Elle ne supporterait pas de vivre en nomade avec un homme sans le sou. Seule solution, se débarasser de Nick, hériter de Twin Oaks et le transformer en établissement respectable. Le meurtre parfait est possible, en théorie, mais en pratique c'est une autre histoire. La peur et la panique viendront saboter leur plan et ils se retrouveront, maintenant montés l'un contre l'autre, de simples pions au milieu d'une partie d'échec juridique entre Sackett (Leon Ames), le procureur de la couronne et Keats (Hume Cronyn), l'avocat de la défense. Supercherie, trahison et chantage s'ensuivront.

Moins dur et tranchant que Double Indemnity, ce film demeure quand même fascinant. Il faut se rappeler que MGM à l'époque (les droits ont été achetés plus tard par Warner) était reconnu pour ses productions de type familiales (comédies musicales, Lassie, etc...) et qu'il n'était pas dans ses habitudes de s'aventurer dans des projets aussi controversés. Même ici, le "look" et les valeurs propres à MGM transparaissent. Production léchée, éclairage illuminant toujours parfaitement la star Lana Turner et emphase mise sur la relation amoureuse pour faire contrepoids aux éléments plus risqués. Ceci nous vaut également une finale moralisatrice en forme de sermon, qui sous-entend que les êtres immoraux ne peuvent échapper à la justice divine, dont on aurait pu se passer. Néanmoins, Tay Garnett mène la barque de main de maître et, surtout, la distribution est irréprochable. La chimie passe entre un fabuleux John Garfield, à la fois dur et vulnérable et une Lana Turner qui parvient à insuffler la dose idéale de douceur et de sincérité à son rôle de femme fatale même si, à l'occasion, le "glamour" de la star semble prendre le dessus sur son personnage. Acteurs de composition, Kellaway, Ames et Cronyn sont exemplaires, en particulier ce dernier en avocat véreux et manipulateur. À voir absolument.

La réputation qu'a Warner de prendre soin de ses classiques est encore une fois méritée. La présentation vidéo, mis à part certains débris et égratignures mineures, est excellente. L'image apparaît claire et nette, le niveau des contrastes est à point, tout autant que le rendu des noirs.

Le traitement sonore est tout aussi impressionnant. La piste audio mono ne fait entendre aucun sifflement ou craquement et les dialogues sont clairs et faciles à comprendre. La trame musicale, parfois plutôt pompeuse, est mise de l'avant sans distorsion apparente et bénéficie d'une présence solide. Les menus sont statiques et faciles à naviguer. À noter que le boîtier du DVD comporte l'affiche originale du film. Si seulement Warner pouvait nous débarrasser de ces boîtiers de type "snapper", nous serions comblés.

Côté suppléments, on retrouve une courte, mais intéressante introduction de l'historien du cinéma Richard Jewell, une galerie photo, la bande-annonce originale du film et celle de l'adéquat, mais inférieur "remake" réalisé en 1981 par Bob Rafelson mettant en vedette Jack Nicholson et Jessica Lange. La pièce de résistance demeure "The John Garfield Story", un captivant documentaire d'une soixantaine de minutes sur la vie et la carrière de John Garfield, acteur de talent mort prématurément d'une crise cardiaque à l'âge de 39 ans.

"The Postman Always Rings Twice" est un must, non seulement pour les amateurs de films noirs, mais pour tous les cinéphiles friands de classiques. Fortement recommandé.


Cotes

Film8
Menu6
Suppléments7
Vidéo9
Audio8