Le docteur Sidney Schaefer (James Coburn) est un brillant psychiatre... Un jour, il reçoit une offre qu'il ne peut vraiment pas refuser... devenir le psychanalyste du Président des États-Unis d'Amérique. Au début, il se sent très flatté par cette offre. Mais très rapidement, il s'aperçoit que la situation tourne au cauchemar, il est épié et pourchassé jour et nuit par des espions qui veulent mettre la main sur lui afin de lui subtiliser des informations sur les forces et les faiblesses de l'homme d'état le plus puissant du monde. C'est alors qu'une anxiété paranoïde s'installe peu à peu dans son quotidien, ce qui n'arrange pas cette situation rocambolesque.
"The President's Analyst" est un long-métrage qui fut tourné en 1967 en pleine période du Flower Power aux États-Unis. Pourquoi ce film fut-il si marquant dans l'histoire du cinéma américain des années soixante? Afin de bien comprendre, il faut tout d'abord apprécier la beauté et l'importance de la satire caricaturale de cette époque hippie où le mouvement Peace and Love battait son plein. Cette forme d'art a une longue histoire aux États-Unis, elle a atteint son paroxysme lors de la guerre froide entre le bloc capitaliste et le bloc communiste. Une période où les contradictions et les absurdités de cette rivalité malsaine faisaient partie du quotidien et tournaient souvent à la dérision surtout lorsque des gens d'influence inventaient des théories de conspiration. Bien que dans l'ensemble ce soit réussi, la satire de "The President's Analyst" est parfois inégale entre une ironie inspirée et la stupidité. Les scènes initiales de paranoïa sont trop longues et que dire de l'intermède avec les hippies qui semble daté et même un peu trop romanesque pour aujourd'hui. Le rythme est plutôt aigre-doux notamment lorsque le psychologue analyse l'enfance de l'espion russe, la séquence semble interminable. Mais fort heureusement, il y a beaucoup d'autres moments drôles qui viennent mettre un peu de baume sur cette histoire ahurissante.
La performance de James Coburn est tout simplement magnifique. Coburn surprend, étonne et séduit. Il mène le film à vive allure. En parfait professionnel, l'acteur use avec brio toutes les possibilités mises à sa disposition et rivalise d'humour. Un rôle taillé à sa mesure, où les répliques et les mimiques du personnage trouvent leur juste fonction. Ce film prouve qu'une fois de plus James Coburn était un artiste aux multiples talents pouvant pour ainsi dire qu'il était apte à tout jouer au cinéma, en passant du drame à la comédie.
L'exceptionnelle musique de Lalo Schiffrin apporte beaucoup d'amplitude et de mouvement au rythme de cette extravagante histoire. Une mélodie fort chantante et qui sonne très sixties dans l'instrumentation (cordes bien mises en avant, mais aussi guitare jazz, une basse avec un petit rythme de batterie et quelques vagues touches synthétiques assez discrètes). L'ensemble de la musique de Schiffrin aux envolées jazzy, tend à créer un climat de suspense et de danger, s'équilibrant parfaitement avec l'action du film. Né à Buenos Aires en Argentine, Lalo Schiffrin utilise le jazz , le mambo, la musique latine pour créer sa propre forme musicale, résultant sur une forme métissée et révolutionnaire,. Le style, le son, la note, en somme l'identité sonore de Lalo Schiffrin est toujours reconnaissable. Si vous écoutez simultanément la musique des films "The Cincinnati Kid", "Bullitt", "Enter the Dragon" ou le thème d'ouverture de la télé-série "Mission Impossible", vous distinguerez facilement sa touche musicale personnelle.
Le réalisateur Theodore J. Flicker n'a rien cassé durant sa carrière, sa filmographie très quelconque en témoigne, mais il a tout de même le mérite d'avoir travaillé sur des projets originaux comme pour cette production.
En ce qui concerne la qualité de l'image, la définition générale est excellente et rend justice à ce film de 1967. Dans son ensemble, l'image a gardé une très bonne résolution pour son âge et seules quelques très rares scènes semblent manquer de précision. Les couleurs de ce film sont rendues avec éclat, elles sont riches, saturées et toujours bien délimitées. Les parties sombres offrent des dégradés à un niveau de détails des plus satisfaisant. Le contraste est correctement balancé. Au niveau sonore, la dynamique est limitée, mais reste dans une bonne moyenne pour une oeuvre de cette époque. Sa présence et sa spatialité subissent les mêmes remarques. La musique de Lalo Schiffrin est impeccablement rendue et s'intègre parfaitement au reste de la bande-son. Les dialogues sont reproduits avec netteté et intelligibilité.
Bref, ce film sera une agréable acquisition pour votre vidéothèque. L'histoire est inhabituelle et intrigante. Sans être un chef-d'œuvre, le mot qui résumerait assez bien ce film est... "amusant". Même si vous ne rirez jamais à gorge déployée, vous esquisserez régulièrement un sourire du coin des lèvres. Il est dommage qu'aucun supplément n'accompagne ce DVD.
| Film | 6 |
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| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |