"Pretty in Pink", c'est une version moderne de Cendrillon pour une clientèle adolescente comportant une sensibilité sans équivoque et, bien entendu, aucun dégoût pour ces années 1980 qui n'ont pas toujours bien vieilli.
Andie (Molly Ringwald) est une jeune fille solitaire se trouvant trop pauvre et ordinaire pour conquérir le cœur du beau et riche Blaine (Andrew McCarthy). Ce dernier n'est pas d'accord et il l'invite continuellement à sortir. Tout serait parfait dans le meilleur des mondes si l'ami de l'adolescente, Duckie (Jon Cryer), n'était pas en amour par-dessus la tête avec elle. Difficile de croire à cette providence lorsqu'elle est trop redevable et c'est encore plus ardu de ne pas décevoir des proches aux attentes irréalisables.
Le producteur John Hughes est un gourou des films pour adolescents. Il est l'homme qui a rendu possible la sortie d'œuvres marquantes comme Ferris Bueller's Day Off et The Breakfast Club. Un de ses boulots les plus populaires était "Pretty in Pink", également connu pour sa version française "Rose bonbon". Pour célébrer les vingt années de cette création, une nouvelle édition aux suppléments proéminents arrive sur le marché.
Critiquer une telle production peut s'avérer casse-gueule tant les fans louangent le récit original. Pourtant, ce n'est qu'un énième ersatz sans grande originalité de Cendrillon avec ces situations attendues, ces dialogues prévisibles et ces valeurs assez ronflantes. S'accepter les uns les autres, l'argent n'achète pas le bonheur, prendre son mal en patience et de nombreux autres messages qui font plus rire que réfléchir. La distribution est également limitée, des acteurs moyens campant des personnages caricaturaux. La palme revient à Jon Cryer qui interprète un Duckie énervant, jacassant à gauche et à droite. La chimie entre Molly Ringwald et Andrew McCarthy semble par moments fade, sans grande étincelle. Seul James Spader arrive à se sortir de ce marasme en ami hédoniste. Quant au génial Harry Dean Stanton, il apparaît malheureusement trop peu souvent pour laisser un effet. Un casting rendant le tout assez niais et mièvre.
La qualité de la musique compense presque pour toutes ces lacunes. Dans le désordre, il y a du Psychedelic Furs, INXS, The Smiths, Echo and the Bunnymen, OMD et plusieurs tubes de New Order! Une trame sonore à découvrir le plus rapidement possible. Il y a même des thèmes sirupeux accolés aux différentes figures humaines. Ce soin apporté ne vient jamais brimer les voix. L'utilisation des haut-parleurs situés sur le côté propose des bruits de train, du vent et beaucoup de basse. La qualité de la traduction dans la langue de Molière n'est pas trop terrible et au besoin, les sous-titres anglophones jaunes se liront aisément. Quelquefois, les protagonistes parlent et rien ne s'affiche au bas de l'écran, sauf que dans l'ensemble, ce n'est pas si mal.
Le réalisme des images est impressionnant. Le soin apporté aux détails évite le blocage et si tout semble avoir vieilli (costumes, maquillages, décors, cheveux longs et queue de cheval, le bon vieux gel), rien au sein de la qualité technique ne trahit que deux décennies se sont déjà écoulées depuis la sortie de ce long métrage. Quelques égratignures peuvent apparaître à l'occasion, ce qui est normal. Le générique de la fin est facile à déchiffrer, un gros plus pour reconnaître les noms se cachant derrière la musique. La pochette est d'un kitch assumé. Tout en rose, reflets perceptibles, photo pré pubère des trois héros: une magnifique laideur sur toute la ligne! Le menu principal du DVD propose un montage de différentes séquences sur un fond de musique synthétique.
Contrairement à l'édition précédente, les bonus sont très nombreux. Il y a une piste de commentaires assez complète du réalisateur Howard Deutch qui n'évite pas les lieux communs pour éclairer sur ses choix parfois particuliers. Une revuette montre des acteurs louanger le réalisateur et le producteur et il y a même un long moment accordé à la trame sonore. Un autre segment fait un tour d'horizon complet des différents personnages. Une entrevue débute lorsque l'acteur était jeune et se termine de nos jours, de nombreuses années plus tard. Des anecdotes gentilles, comme la fascination qu'exerçait James Spader et le choix de Andrew McCarthy devant Charlie Sheen! Une section est dédiée entièrement à l'actrice Molly Ringwald. Elle parle de son amoureux d'antan qui était jaloux des scènes de baiser et de la difficulté de tourner pendant des séances d'examens scolaires. Et c'est loin d'être terminé. "Volcanic Ensembles" traite des costumes, "Prom Stories" s'attarde à l'époque et il y a une série de dix photographies sans grand éclat. Huit scènes "préférées" sont accessibles, alors qu'un épilogue touche à la pertinence de l'œuvre en 2006, des thèmes universels et du dégoût des critiques en comparaison du délire d'un public plus jeune. Plutôt comique. La cerise sur le gâteau et le morceau le plus savoureux est sans doute cette fin originale tellement plus adaptée, qui a été retranchée après des séances avec le public. Le seul hic vient de la pochette. Presque la totalité des options sont annoncées avec des sous-titres en français. Cependant, ils sont introuvables au moment opportun.
Daté et parfois ridicule, "Pretty in Pink" sera encore et toujours une valeur sûre pour les adeptes qui sont très nombreux. Surtout que cette fois, il y a énormément de suppléments pour calmer les plus récalcitrants. Les autres personnes regarderont le tout en demeurant blasés devant autant d'évidences et fascinés par un culte qui ne se démord pas. Mieux vaut peut-être se contenter du supérieur Some Kind of Wonderful...
| Film | 5 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |