Depuis My Beautiful Launderette, film tourné en 16 mm qui l'a fait connaître en 1985, jusqu'à son Dirty Pretty Things, récemment nominé aux Oscars, le cinéaste britannique Stephen Frears a presque toujours privilégié une approche filmique basée sur la critique sociale et l'aspect humain des personnages. Fasciné par les relations amoureuses se dénouant par une fin tragique, on pense ici à Dangerous Liaisons par exemple, il réalisa en 1987 "Prick Up Your Ears", un film sur la (courte) vie tumultueuse de l'écrivain Joe Horton, d'après la biographie de John Lahr.
Lorsque Joe Horton (Gary Oldman) rencontra Kenneth Halliwell (Alfred Molina) à Londres dans les années 60, il avait 17 ans et Halliwell 25. Les deux suivaient des cours de théâtre et rêvaient à la gloire. Ils partagaient un petit appartement miteux au nord de la ville et Halliwell, un introverti insécure à tendances maniaco-dépressives, se considérait comme le mentor de Horton. Délaissant le jeu pour la plume, Horton devint rapidement célèbre après avoir écrit deux pièces de théâtre à succès. Malgré cela et malgré son côté libidineux qui le faisait accumuler les aventures d'un soir avec de jeunes hommes rencontrés au hasard, il revenait toujours auprès d'Halliwell. Sauf que ce dernier, de plus en plus jaloux des succès de Horton, finira par l'assassiner brutalement dans son lit pour ensuite se donner la mort. Le film débute par cette scène brutale et se poursuit dans une série de retours en arrière, au gré des conversations entre Lahr (Wallace Shawn) et l'agent de Horton, Peggy Ramsay (Vanessa Redgrave), qui raconte les évènements marquant la vie mouvementée de Horton et les détails de sa relation tourmentée avec Halliwell.
Bien que Horton et Halliwell soient homosexuels, il ne s'agit pas ici d'un film sur l'homosexualité, mais plutôt sur les difficultés d'une relation entre partenaires inégaux. Halliwell est l'écrivain raté, qui s'emmerde ä la maison, fait le ménage, la lessive, et va engueuler son conjoint qui arrive une demi-heure en retard pour souper. Un film plus sur la jalousie engendrée par le succès de Horton donc, que par ses aventures qu'il ne cachait d'ailleurs pas et dans lesquelles il entraînait souvent Halliwell. La performance de Gary Oldman, qui habite littéralement un Joe Horton fougueux, extroverti et fonceur est remarquable, tout comme celle plus effacée d'Alfred Molina qui doit jouer les incompris tout en demeurant en arrière-plan. On peut critiquer le choix de la structure basée sur les retours en arrière qui casse le rythme et nous donne en Lahr et Ramsay, des personnages essentiellement superflus, mais il s'agit néanmoins d'un excellent film d'acteurs.
Puisqu'il s'agit d'un film qui repose essentiellement sur les dialogues, la piste sonore en Dolby stéréo est fort adéquate, ceux-ci étant clairs et sans distorsion apparente. Seule la musique bénéficie des arrières qui, autrement, demeurent muets sauf pendant une courte scène de feu d'artifice. La présentation vidéo souffre d'une granularité apparente et d'un manque de contraste, ce qui est un peu décevant pour un film de cet âge. Par contre, les couleurs sont généralement vives et je n'ai noté aucune accentuation des contours. Notez que la version plein écran du film se trouve sur une face du disque et la version panoramique sur l'autre. Les menus sont statiques et faciles à naviguer. Rien à signaler côté suppléments à part la bande-annonce.
| Films | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |