Qu'il est donc facile de mettre une étiquette sur tout ce qui nous entoure. En 2002, un jeune étudiant ontarien, Marc Hall, s'est battu jusqu'en court pour faire valoir un droit qui pourrait en révolter certains et en apaiser d'autres: celui de pouvoir choisir un partenaire de même sexe pour l'accompagner à son bal de finissants. C'est à partir de cet authentique fait de société que Seville nous propose de découvrir "Prom Queen", un film tourné à l'origine pour la télévision, mais qui a des airs de grandes salles.
C'est bientôt la fin de l'année et Marc Hall (Aaron Ashmore) est tout heureux de pouvoir remplir le formulaire en vue du grand bal des finissants. Mais son bonheur sera terni lorsque le principal Warrick (David Foley) lui fera remarquer que c'est un collège catholique et qu'il n'est pas question que sa partenaire de bal soit un garçon, en l'occurrence son ami de cœur Jason (Mak Fyfe). Une bataille rangée va alors se dérouler entre les partisans de Marc, qui ne cache pas son orientation à son école et dont ses parents Audy (Jean-Pierre Bergeron) et Emily (Marie Tifo) ainsi que ses amis, d'un côté, et les fervents défenseurs des vertus chrétiennes de l'autre. Un avocat gai (joué par nul autre que Scott Thompson, des Kids in The Hall) viendra même aider gratuitement Marc pour plaider sa cause devant un tribunal.
Derrière donc une histoire qui pourrait nous être servie un peu trop sucrée, on découvre une œuvre habilement composée où on ne sombre jamais dans les clichés faciles. On a beau être dans le monde homosexuel, nos deux tourtereaux ne seront jamais pris en flagrant délit de caresses ou même plus. C'est même à se demander s'ils sont vraiment copains. Pourtant, leur complicité ne nous échappe pas. À part les cheveux bleus de Mark (qui changent un peu selon son humeur), il n'y a rien d'extravagant dans les images montrées. Et c'est tant mieux, car finalement, ce n'est pas le sujet du film. Les personnages sont justes, surtout le rôle de la mère, joué par Marie Tifo, qui acceptera la situation et se battra aux côtés de son fils. Sans oublier un montage jeune et gai (désolé pour le jeu de mots), avec des pistes musicales et des effets de décors parfois surprenants (ne manquez surtout pas les quelques secondes de la scène d'ouverture et les deux minutes qui suivent). Un petit bijou, simple, mais efficace, comme les petites animations de transition.
Même si l'œuvre originale a été tournée pour la télévision, l'image qui nous est offerte est au format panoramique et de bonne qualité, avec une grande netteté et de belles couleurs. Les deux pistes sonores disponibles sont quant à elles assez égales dans leur puissance et leur force (à noter que dans la version anglaise, Marie Tifo dit parfois ses répliques en français). Les pages de menus sont statiques, mais sonorisées. En guise de suppléments, nous avons tout d'abord la possibilité d'écouter une piste de commentaires du réalisateur John L'Écuyer. Sans être totalement inintéressante, cette piste apporte peu de matière au film, si ce n'est quelques anecdotes de temps en temps par rapport à la scène visionnée. Un autre supplément qui n'a pas non plus un grand intérêt, il s'agit des scènes ratées. Même pas vraiment amusant non plus. On se rattrape un peu avec le clip vidéo de la chanson thème "You Are What You Love", interprétée par Melanie Doane (et qui est aussi dans le générique de fin du film). On termine ces suppléments avec un documentaire d'une quinzaine de minutes sur le vrai Marc Hall et son histoire telle qu'elle a été montrée à la télévision et aux nouvelles locales. À noter enfin que le boîtier possède une jaquette bilingue réversible.
Un de mes rares regrets vis-à-vis de ce film est le titre, autant français qu'anglais. Il donne un ton dénigrant et presque irrespectueux à ce film qui traite d'un sujet sérieux. Ce bémol étant dénoncé, ce petit film plaira certainement à tous ceux qui s'intéressent aux phénomènes sociaux actuels ou simplement à la liberté de tout un chacun. Si vous en avez, mettez donc de côté vos préjugés et appréciez ce bon moment de détente social. Un peu de détente colorée dans notre vie quotidienne parfois un peu trop terne.
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |