Pulp
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Mike Hodges
Année: 1972
Classification: R
Durée: 108 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono), Espagnol (mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 avril 2007

Les films cultes tiennent souvent à peu de choses: des dialogues mémorables, une interprétation détachée et des situations tirées par les cheveux. "Pulp" contient tous ces éléments pour susciter l'attention et pour éveiller la curiosité. Malheureusement, il manque de peu son objectif.

Mickey King (Michael Caine) est un auteur de polars qui a beaucoup d'imagination et, plus inquiétant, des connaissances peu enviables. Alors qu'il part écrire la biographie d'une ancienne vedette de cinéma (Mickey Rooney), il met les pieds dans un mystérieux engrenage. En effet, les gens de son entourage commencent à tomber comme des mouches. Il y a même des balles perdues qui viennent lui siffler près des oreilles. Pour savoir ce qui se passe vraiment, il devra arriver à parler aux bonnes personnes avant qu'elles ne se transforment en cadavres.

En 1971, le tandem Mike Hodges et Michael Caine avaient lancé Get Carter, un flamboyant exercice de style aussi drôle qu'explosif qui a rencontré beaucoup de succès sur son passage. Moins d'un an plus tard et voilà le duo revenir avec "Pulp", une œuvre similaire quoi qu'encore plus décalée et brouillonne. Comme c'est souvent le cas, le public ne suit pas et les critiques crient à la redite. Pourtant, est-ce que le résultat était si décevant?

Bien sûr que non. En fait, la première partie de ce long-métrage concocté par le réalisateur de Croupier est une joute jubilatoire intense et incessante. L'humour physique redondant rappelle celui des Pink Panther, alors que les jeux de mots naviguent dans les sous-entendus sexuels. L'histoire est aussi mince qu'un cure-dent et les dialogues n'ont parfois aucun sens, sauf que la narration savoureuse de Caine aurait certainement plus à un certain Bukowski avec ces nombreuses coïncidences qui pastichent au passage le film noir.

Pourtant, dès que l'hyperactif Mickey Rooney entre en scène, le rythme s'aplatit, l'humour se dissout et il est plus aisé de décrocher. Placer une ou deux chèvres pour déranger le personnage principal est une bonne idée, mais c'est finalement trop peu. Très souvent, Michael Caine doit se contenter de tirer dans toutes les directions pour élever le récit. Avec ses postures bizarres, rien n'est impossible. Sauf que ses efforts tournent rapidement à vide tant les enjeux s'avèrent soporifiques.

L'introduction est pourtant attrayante, avec ces noms qui apparaissent furtivement, tous tapés à la machine. Les couleurs se situent généralement dans des tons de gris et de beige. Le style vieillot est bien adapté au sujet, le blocage sur les cols de chemise l'est beaucoup moins. Malgré des détails intéressants, le contraste est loin d'être idéal. Le blanc est trop lumineux, alors que le noir envahit plusieurs scènes en laissant les personnages dans le flou le plus total.

La musique est dotée de plusieurs pièces assez inspirantes. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 propose quelques sons distincts, comme des élans de mélodies et des collisions de voitures. C'est louable, mais finalement peu mémorable. Les voix sont souvent entravées par des bruits de toutes sortes... et des gros accents britanniques difficiles à saisir. Pour remédier à la situation, il y a d'intéressants sous-titres blancs en anglais et en espagnol. Cependant, où sont les sous-titres francophones qui sont annoncés sur le boîtier? Mystère.

Au moins, la pochette est assez attrayante. Le fond noir ne laisse échapper qu'un Michael Caine décontracté, avec son ombre qui s'évade par une ouverture blanche. Le menu principal du DVD est loin d'être aussi raffiné. Il n'y a que trois poses colorées, statiques et sans musique. Tout ce qui est possible de faire est de regarder le film, sélectionner une scène ou changer la langue. Pendant l'aventure, il y a une séquence d'une drôlerie inouïe où il est possible d'entendre tout ce que les gens pensent. C'est triste qu'il n'y ait pas une piste de commentaires construite de cette façon. Ou le moindre supplément expliquant l'importance du film.

Comme plaisir éphémère, il n'y a rien de mieux que "Pulp". C'est drôle, mouvementé et Michael Caine est parfaitement à l'aise en petit malfrat. Sauf que sa collaboration avec Mike Hodges aurait pu être beaucoup plus importante si l'histoire avait été traitée sur le même pied d'égalité que les situations cocasses et que les atmosphères de fins de soirée. Inégal.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo7
Audio7