Le cinéma québécois est véritablement une petite boite à surprises. Autant on peut être surpris du bon sens avec des petits bijoux, autant ça peut partir vers l'autre côté et l'expérience est très laborieuse. Le dernier film de Gaël D'Ynglemare fait définitivement partie de la seconde vague. Pourtant, l'idée sur papier semblait bonne et le film repose sur deux bons acteurs québécois, Emmanuel Bilodeau et Gildor Roy. Malheureusement, si l'histoire ne tient pas la route, n'importe quel nom se casserait la gueule avec un tel projet.
Michel (Bilodeau) est un petit livreur pris à la gorge tellement il est endetté. Sur le point de toucher le fond du baril, au moment où sa femme le quitte, il perd son automobile, il se fait couper l'électricité, rien ne va plus. Pour s'en sortir, il décide de livrer des colis pour un certain Shotgun, un criminel du quartier. Jacques (Roy) est un homme qui semble filer le parfait bonheur. Grosse maison, une femme aimante, il dirige une compagnie d'une main de maître, mais derrière cette façade inébranlable, Jacques est un joueur compulsif. Arrive le moment où rien ne va plus, il flambe tout son avoir au casino et contracte quelques dettes auprès d'un certain Shotgun.
Le film débarque sur les tablettes dans un boitier standard. On aperçoit les personnages de Bilodeau et de Roy sur la pochette et cette même image est reprise pour le menu du disque. La qualité du produit répond au standard du moment et mis à part un petit gel lors d'une transition de scène, le reste du transfert vidéo est impeccable, offrant une belle qualité d'images. Du côté sonore, la piste 5.1 fait amplement le travail sans accroc apparent. La partie des suppléments se compose d'un segment de près de huit minutes de bloopers, de neuf scènes supprimées et de la bande-annonce du film. On peut également voir au lancement du film, les bandes-annonces de Starbuck, Frisson des collines, Gerry, Jalouxet Barney's Version.
Au final, je crois le plus gros problème de ce film est que la boite est beaucoup trop grosse pour le contenu. En d'autres mots, le scénario n'est pas assez étoffé pour remplir la centaine de minutes que dure le film. Malgré quelques séquences où l'on esquisse un sourire, la balance n'est qu'un ramassis d'idées étirées et d'humour mal placé. Les comédiens basculent dans la caricature, surtout pour Jean-Marie Corbin sous les traits de Shotgun. On peut vite mettre l'étiquette "Return to Sender" sur ce colis.
| Film | 4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |