Grand gagnant de la dernière soirée des Jutra avec cinq prix, dont meilleur film et meilleure réalisation, le film "Congorama" du jeune réalisateur (en terme de carrière du moins!) Philippe Falardeau nous arrive enfin en DVD. Malgré des critiques extrêmement élogieuses et sa victoire haut la main au gala du cinéma québécois, on sait que le film avait déçu quelque peu en salle. Ce qui est étonnant vu ses nombreuses qualités.
Tout d'abord, parlons du scénario. Histoire tentaculaire mettant en jeu deux personnages que rien ne semble devoir réunir, un inventeur belge (excellent Olivier Gourmet, acteur fétiche des frères Dardenne) parti à la recherche de ses parents biologiques dans un petit village du Québec et un géologue québécois (Paul Ahmarani) dont le père, inventeur d'une voiture électrique non commercialisée, a disparu deux ans auparavant avec les plans. Un accident de voiture fera basculer leur destin et les réunira de plus d'une façon.
"Congorama", avec son scénario en trois temps, dont deux une répétition de la même histoire du point de vue des deux héros, s'inscrit bien dans la lignée des scénarios déconstruits à la mode ces temps-ci. Par ce processus narratif, le scénariste et réalisateur Falardeau construit une intrigue humaine dont les morceaux s'emboîteront au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, chaque nouvelle séquence nous permettant de reconstituer une ligne temporelle chronologique et de résoudre certaines zones obscures. Le réalisateur ne s'est toutefois pas perdu en contemplation devant la beauté et "l'intelligence" de son scénario comme certains ont tendance à le faire quand ils sont épatés par l'éclatement de la ligne narrative, mais l'utilise à bon escient pour raconter une histoire, ce qui est le but premier d'un film.
Bien qu'il s'agisse d'un drame, comme le témoigne le jeu intensément sérieux des comédiens, le film est tout de même truffé d'une légèreté ou du moins d'un humour présent, mais point déclaré. Le récit lui-même, les lieux où il se déroule et même les personnages sont tous un peu bizarres, conférant une étrangeté sympathique au ton du film. Et malgré le sérieux du propos, on se plaît à sourire régulièrement jusqu'au générique de fin. Donc, un excellent film avec des acteurs merveilleux et une réalisation imaginative et solide.
Dans les nombreux suppléments, on retrouve abondamment cet humour que le réalisateur a su tenir en laisse pour son long-métrage. Premièrement une pléiade de scènes retranchées commentées avec humour par Falardeau et par la monteuse belge, et autres petites revuettes. La première, "Atomium - Les couilles du roi", nous fait découvrir les restes de l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 dont l'Atomium est le seul survivant. On a ensuite un "making of"de l'accident d'auto où le réalisateur nous explique plan par plan tout le travail nécessaire pour construire un accident d'auto réaliste avec les moyens du bord. Les deux autres revuettes se penchent sur deux inventeurs, l'un québécois l'autre belge, oeuvrant depuis longtemps dans le domaine des voitures électriques.
Au niveau vidéo, une bonne transcription des couleurs en général avec toutefois un peu de perte de détail dans les points de luminosité extrême. Certains plans extérieurs sont un peu délavés du au contraste extrême entre l'exposition du sujet et celle de son arrière-plan. Pour l'audio, un bon mixage des sons et des dialogues, avec une musique ambiante bien percutante et bien intégrée à la bande sonore.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |