Premier long métrage de Louise Archambault, "Familia" a fait le tour de plusieurs festivals, dont celui de Toronto où il gagne le prix du meilleur premier long métrage canadien. Malgré la qualité du scénario et du produit final, il semble que le film a passé inaperçu pour le public du Québec. Il faut dire que 2005 a été une année faste pour le cinéma québécois et que certains films ont monopolisé l'attention des médias et du public.
Michèle (Sylvie Moreau) est professeure d'aérobie, mais surtout, elle est joueuse compulsive. Afin de se soustraire à ses dettes, elle décide de tout quitter pour aller rejoindre sa sœur en Californie. Le seul problème, c'est qu'elle n'a pas d'argent et elle est responsable de sa fille de 14 ans, Marguerite (Mylène St-Sauveur). Elles se réfugient donc chez Janine (Macha Grenon), une amie d'enfance de Michèle. Celle-ci vit dans une banlieue cossue avec son mari et ses deux enfants. Un monde sépare maintenant les deux amies d'enfance: leurs styles de vie, leurs façons d'éduquer leurs enfants, etc. Sans emploi et sans le sou, Michèle réussit à convaincre son amie de l'aider. Tout d'abord, c'est en lui passant de l'argent et puis, c'est en lui offrant en emploi. À chaque fois, Michèle dépense cet argent dans le temps de le dire. Janine est inquiète de la relation qui se tisse entre sa fille Gabrielle (Juliette Gosselin) et Marguerite. Cette dernière est beaucoup plus déniaisée pour son âge: party, boisson, garçon, etc. Quant à elle, Gabrielle est une petite fille timide, obéissante et réservée. Janine aura du mal à garder sa main mise sur sa fille.
Plusieurs thèmes sont abordés via les personnages: sexe sur Internet, double vie, avortement, prostitution intrafamillale, famille reconstituée, drogue, mensonges, etc. Le film se pose aussi la question: est-il possible de ne pas reproduire les comportements malsains, innés ou acquis, de ses parents avec ses propres enfants? Une question qui fait réfléchir.
Comme supplément, il est possible de visionner le court métrage "Atomic Saké" de Louise Archambault. Ce court métrage, gagnant d'un Jutra en 2000, est l'histoire de trois filles (Audrey Benoît, Suzanne Clément et Noémie Godin-Vignault) qui décident de se raconter tous leurs secrets après un repas arrosé au saké. Ensuite, quatre segments qui regroupent des scènes ne faisant pas parties du montage final sont disponibles. Elles sont bien intéressantes, plus particulièrement celle intitulée "Épilogue" où on peut suivre l'histoire dix ans plus tard et en apprendre un peu plus sur le destin de plusieurs personnages. Personnellement, j'avais trouvé la fin originale un peu abrupte, alors ce supplément vient boucler la boucle. Dans la section "Coulisses du tournage", il est possible de visionner le tournage de la scène avec le fœtus, une répétition d'une scène, d'une réunion de production et d'une confession de la réalisatrice Louise Archambault.
Du côté de la technique, le DVD est très satisfaisant. L'ambiophonie est présente en quelques endroits, particulièrement dans la première scène du film. Par contre, la plupart de la piste audio utilise les enceintes avant. Visuellement parlant, je ne peux pas reprocher grand chose au DVD. L'image est claire et sans défaut apparent.
"Familia" est un film qui ne peut vous laisser indifférent, peu importe votre situation familiale, votre âge ou votre culture. Impossible de passer sous silence la performance des quatre comédiennes principales qui sont toutes très convaincantes. Bref, un film que j'ai bien apprécié.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |