Histoires d'hiver
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: François Bouvier
Année: 1999
Classification: PG
Durée: 105 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DD51, DD20), Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 février 2007

Les attentes décident très souvent de la réussite ou de l'échec d'un film. Avec un titre aussi ordinaire et un scénario sans envergure, il est évident que "Histoires d'hiver" serait complètement oublié quelques heures après son visionnement. Grosse erreur! Non seulement le long-métrage de François Bouvier dresse un portrait sensible et universel du passage de l'enfance à l'âge adulte, mais il n'a rien à envier à tous les C.R.A.Z.Y. de la planète.

Martin (Joël Drapeau-Dalpé) a douze ans et c'est l'âge des découvertes. Même s'il ne jure que par Henry Richard et qu'il demande continuellement des billets de hockey à son père (Luc Guérin), les priorités sont nombreuses. Entre son attirance pour les personnes de l'autre sexe et les frictions amicales, les conversations avec son oncle (Denis Bouchard) ne manquent pas. Comment peut-il donc être sérieux à l'école alors que l'univers autour de lui semble le supplier de vivre pleinement?

En adaptant le roman Des histoires d'hiver, avec des rues, des écoles et du hockey de Marc Robitaille, François Bouvier signe une de ses plus belles œuvres. À travers une histoire toute simple, il arrive autant à faire rire qu'à rendre les yeux humides. Il faut avouer que le réalisateur du navrant Maman Last Call joue à fond la carte de la nostalgie. Il recrée parfaitement une génération avec ces détails les plus singuliers tout en offrant des clins d'œil à saveur historique et sociale. Il revient dans le temps où tout était possible en repassant subtilement les nombreuses étapes qui transforment les enfants en adultes, que ça soit les premiers amours, les menstruations, les conflits avec le meilleur ami, la friction envers les parents, les espoirs, les déceptions, la maladie et la mort.

Pour y arriver, il a confié les rôles principaux à des comédiens chevronnés qui s'avèrent parfaitement crédibles. N'importe qui pourra s'identifier à Joël Drapeau-Dalpé tant sa fraîcheur et son authenticité envahissent l'écran. En père aimant, Luc Guérin ne se laisse pas envahir par des facilités comiques. Il est au contraire humble et latent. Tout le contraire de Denis Bouchard, exubérant et franchement serein dans sa façon de raconter encore et toujours la même histoire. La distribution secondaire, aussi attachante que savoureuse, comprend une attentionnée Diane Lavallée, une plus clichée Suzanne Champagne et quelques têtes vues dans l'émission Virginie.

Comme il fallait s'y attendre, la recréation d'époque est totale. Les costumes et les décors frôlent la perfection, et ce, même s'il est évident que le budget n'était pas faramineux. Les images ont tendance à être un peu trop lumineuses et le blocage peut se faire ressentir, mais dans l'ensemble, les couleurs s'avèrent très précises, toujours distinctes. La superbe partition musicale de Michel Rivard berce l'esprit sans trop baigner les émotions dans le mélodrame. Que ça soit les pistes sonores francophones Dolby Digital 5.1 (elle est cosmétique, rien ne transcende des haut-parleurs situés sur le côté) et 2.0, ou celle en anglais (seulement en Dolby Digital 2.0 avec une traduction hilarante), toutes les voix demeurent parfaitement compréhensibles. Une excellente nouvelle, car il n'y a aucun sous-titre disponible. Lorsque que le professeur parle dans la langue de Shakespeare, il peut être drôle de constater que les sous-titres qui apparaissent automatiquement n'arrivent pas toujours à suivre le rythme!

La vraie déception se situe plutôt au niveau des suppléments. Plusieurs années après sa sortie, il est malheureux de constater qu'aucun documentaire ou piste de commentaires n'ait pu se frayer un chemin sur le DVD. Cela aurait permis d'entrer encore plus en profondeur dans les différents thèmes. La pochette est néanmoins très jolie. Elle montre un garçon embrasser une fille. Les yeux sont fermés et un chandail du Canadien de Montréal figure à l'arrière-plan. Voilà facilement une des scènes les plus mignonnes du long-métrage. Le menu principal du disque n'est pas aussi convainquant. Il y a une photographie statique d'enfants habillés pour jouer au hockey. Une chanson mélodique se fait entendre, sauf qu'elle est beaucoup trop courte pour satisfaire l'ouïe.

En 1999, François Bouvier a donné une âme à "Histoires d'hiver", une délicieuse chronique qui fait beaucoup de bien. Pour une fois, il ne faudra pas se fier au titre ou au descriptif. Sans avoir obtenu un énorme succès populaire lors de sa sortie, le film mérite certainement une seconde chance en DVD. Seulement pour (re)visiter une époque révolue, où tout semblait plus clément. En attendant l'édition spéciale ou celle du collectionneur, avec une tonne de bonus...


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments-
Vidéo7
Audio6