Suspense valable jusqu'à sa dernière demi-heure qui cumule les invraisemblances et les baissent de régime, "Impasse du désir" se termine en queue de poisson, ne sachant pas toujours tirer profit de ses excellents interprètes.
Un psychiatre (Rémy Girard) manipule un patient sensible (Laurent Lucas) pour l'inciter à tuer sa femme infidèle (Natacha Régnier). Le plan préparé avec soin ne se déroute toutefois pas comme prévu...
Avec son horrible titre qui pourrait facilement faire référence à un film pornographique, "Impasse du désir" tient davantage du drame psychologique. Comme chez Chabrol, le héros bourgeois est insatisfait de sa condition et il pense assouvir son mal d'aimer en l'exterminant, tout simplement. Cela donne une première heure généralement intrigante où une manipulation s'effectue entre un être de pouvoir et son client. La joute en place, bien dosée, est fondée sur les dialogues et les échanges entre les personnages. Devant un Laurent Lucas comme toujours inquiétant, Rémy Girard s'en sort bien malgré un accent pas toujours crédible.
Cela se gâche par la suite. Le récit laisse plus d'espace à l'action, à cette obsession fantasmée, qui apparaît avec son lot de fils blancs et d'incohérences. Les motivations se désintègrent, versant allègrement dans la facilité alors que le pouvoir de la raison fond devant l'irrationnel. Un sentiment qui peut être équivoque chez l'être humain, mais qui transforme le long-métrage en un vulgaire thriller de série B. À ce chapitre, la réalisation appliquée, mais sans grande personnalité de Michel Rodde confirme cette sensation de se retrouver devant un banal téléfilm.
La musique nuancée tire cependant son épingle du jeu. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 se limite à soutirer quelques effets précis (des sonneries de téléphone, de l'eau, le bruit d'une horloge) des différentes enceintes, se concentrant sur les dialogues. Ces derniers sont toujours audibles et il y a même de très visibles sous-titres blancs pour un public anglophone. Les images assez détaillées à la palette de couleurs plutôt précises souffrent de contrastes beaucoup trop sombres, d'un peu de grain et de blocage. L'ensemble se regarde heureusement sans difficulté.
La pochette hideuse montre les visages des comédiens qui semblent émaner du néant. Le menu principal du DVD découpé en cases fait succéder des séquences sur une mélodie onctueuse. Les suppléments comprennent une bande-annonce, un documentaire de 18 minutes sur le tournage qui permet au metteur en scène et aux acteurs de parler des thèmes développés, ainsi qu'une entrevue avec le docteur Giovanna Stoll. Ce bonus beaucoup trop court est étonnamment écrit. Il faudra donc faire des arrêts sur l'image afin de bien lire ses réponses éclairantes.
Véritable art de la destruction de camper une atmosphère de suspicion et de jalousie avant de saboter complètement son résultat, "Impasse du désir" laisse un goût amer en bouche, n'arrivant jamais à exploiter correctement ses nombreux atouts. C'est bien dommage pour sa distribution talentueuse qui méritait mieux.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |