L'Invention de l'amour
RemStar / Alliance Atlantis

Réalisateur: Claude Demers
Année: 2000
Classification: 18A
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DD51, DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
5 décembre 2005

Sorti au cinéma en 2000 dans l'indifférence la plus totale, le premier film de Claude Demers, "L'invention de l'amour", obtient un second souffle quelques années plus tard en prenant la direction du format DVD. Ce changement de support n'améliore pourtant pas la qualité du long métrage. Gros soupir!

Antoine (David La Haye) est triste. Il accumule les aventures sexuelles sans rien ressentir. Depuis que sa Martina chérie (Irène Stamou) l'a quitté, il n'est plus l'ombre de lui-même. Lorsqu'il entre (littéralement) en contact avec Charlotte (Pascale Montpetit), une mère de famille malheureuse en couple, deux destins seront chamboulés. Entre les peurs du changement et celles de l'inconnu, une autre âme perdue (Élisabeth la prostituée, incarnée par Delphine Brodeur) viendra se greffer à ces gens qui devront, pour la première fois de leur existence, prendre des décisions et véritablement devenir des adultes.

C'est toujours navrant de voir un jeune réalisateur se casser la gueule avec un matériel potentiellement pertinent et des comédiens des plus talentueux. Pourtant, après un seul visionnement de "L'invention de l'amour", difficile d'être emballé par un résultat aussi ordinaire, sans saveur et, surtout, prétentieux. Les situations sont tirées par les cheveux, les rares dialogues sont soporifiques, la vraisemblance est rarement au rendez-vous et tout devient prévisible dès les premiers instants. Déjà que le canevas éculé du "triangle amoureux pour zombies" n'est pas nouveau, s'il n'y a rien pour surprendre, à quoi sert une telle entreprise?

Pour personnifier comment ils souffrent, les personnages ne parlent pas, ils se dévisagent et ils semblent en pleurs. Grosse psychologie profonde et détaillée! Afin de montrer comment ils atteignent des sommets, le cinéaste Claude Demers les montre s'éclater en dansant lascivement. Et quoi encore? Surtout qu'avec un tel sujet, les séquences intimes sont pseudo sensuelles et jamais excitantes. Le comble pour un film classé 18 ans et plus! On montre le popotin de David La Haye et le buste de Pascale Montpetit, et c'est pas mal tout. Les interprètes, médusés, demeurent sans émotion. Ils sont comme dans un mauvais rêve et cela prend près de 90 minutes avant qu'ils ne se réveillent! Difficile d'être convaincant après tout cela. C'est toujours intéressant de voir de nouveaux visages (Delphine Brodeur, Andreas Apergis, Irène Stamou), mais il faut également des rôles le moindrement développés.

Comme si ce n'était pas suffisant, les pistes audio présentes prêchent par l'excès. Les petits bruits de portes, de rires et les oiseaux sortent parfaitement des différents canaux situés à l'arrière, alors que la musique moyennement convaincante s'accapare des enceintes avant. Sauf que les voix sont beaucoup plus faibles et qu'elles sonnent bizarrement. Ainsi, il faudra toujours jouer avec le volume pour ne pas déranger les voisins si l'écoute de ce long métrage se déroule en heures tardives. En contrepartie, la qualité vidéo est franchement réussie. Le format plein écran de l'image perd des détails et il y a un peu de blocage, mais la justesse des couleurs et des degrés de teintes compense largement. De plus, et c'est peut-être une solution pour combler les faiblesses au niveau du son, les sous-titres blancs sont très gros et ils sont impossible à manquer.

La pochette montrant un homme chanceux entouré de deux femmes est parfaitement dans la note. Pourtant, c'est pas mal tout ce qui a été soigné. En insérant le DVD, on arrive à une option où il faut choisir entre le français et l'anglais. Ensuite, le menu principal s'ouvre sur une simple image du film, sans mouvement ni partition musicale. Les suppléments, aussi discrets, comportent une bande-annonce disponible uniquement dans la langue de Molière et de courtes pages biographiques sur le réalisateur Claude Demers. Un peu mince.

Comme drame québécois spirituel, prétentieux et inutile, "L'invention de l'amour" a peu d'équivalents dans la Belle Province. C'est aussi vide que Dans l'œil du chat, mais sans l'once de suspense de ce dernier. C'est extrêmement décevant de constater que des interprètes généralement flamboyants comme Pascale Montpetit et David La Haye sont venus se perdre dans cette misérable galère. Personne n'est parfait.


Cotes

Film4
Présentation3
Suppléments2
Vidéo7
Audio5