Jacques Drouin: Oeuvre complète sur écran d'épingles
Office national du film du Canada

Réalisateur: Jacques Drouin
Année: 1974, 1976, 1986, 1994, 2001, 2004, 2009
Classification:
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 698193226590

Ce DVD est disponible chez: ONF.ca

Selon Martin Gignac
14 décembre 2009

L'Office national du film multiplie les cadeaux en cette période des fêtes. Après les nombreux coffrets retraçant l'importante filmographie de Pierre Perrault, voilà qu'elle offre la possibilité au commun des mortels de s'initier aux œuvres complètes de Jacques Drouin, un cinéaste d'animation qui travaille avec un écran d'épingles depuis plus de 30 ans.

Popularisée par Alexandre Alexeïeff et Claire Parker, la technique de l'écran d'épingles est peu utilisée. C'est sans doute normal. Pour un récit de 13 minutes, il faut compter pas moins de 28 mois de travail! Cela n'a pas empêché le réalisateur québécois Jacques Drouin d'y consacrer sa carrière, arrangeant méticuleusement sa machine à rêves pour créer des formes à la fois disparates et si authentiques. De ses débuts en 1974 avec l'avant-gardiste "Trois exercices sur l'écran d'épingles d'Alexeïeff" à sa collaboration avec Bretislav Pojar sur "L'heure des anges" (1986) en passant par la leçon anti-guerre de "Ex-Enfant" (1994), l'imagination est au pouvoir, s'échappant des cadres formatés des Walt Disney pour atteindre un immense degré de maturité et de liberté.

La sélection la plus intéressante est possiblement "Le paysagiste" (1976), un poème d'une rare intensité dramatique et sensorielle qui séduit à chaque visionnement. L'artiste évolue au fil des années, effaçant sa technique au profit d'un cadre narratif plus classique et réaliste ("Une leçon de chasse" en 2001), avant de revenir à la base et d'en mettre plein la vue avec son spectaculaire tour de force "Empreintes" (2004).

En plus de ces six petits films, un éloquent portrait ("Jacques Drouin en relief") mis en scène par Guillaume Fortin est disponible, revenant sur l'enfance et le travail de longue haleine du cinéaste. Un documentaire intimiste et riche en informations qui permet de bien saisir l'ampleur de ses œuvres. Ce segment est accompagné de suppléments divers, dont un essai de Stéphane Lafleur qui explore des thèmes connexes, des séquences animées commentées par Drouin lui-même, quatre de ses ouvrages étudiants dont il est déjà possible de noter son style et deux bandes-annonces portant sur le 25e anniversaire de la Cinémathèque québécoise et sur le Festival international d'animation d'Ottawa.

L'ensemble est présenté dans un splendide coffret noir, blanc et orangé comportant un fascinant livret bilingue retraçant les pensées de l'auteur et l'impact de ses efforts sur le public cinéphile. Simples à souhait et accompagnés d'une très belle mélodie, les deux premiers menus demeurent un peu lents, et l'icône qui permet de passer du français à l'anglais ou des films au documentaire, aux bonus et aux options audio ne s'affiche pas toujours! Sur un plan plus technique, la qualité vidéo peut varier selon les époques, et si des égratignures sont encore visibles, les dessins restent soignés, le noir et blanc s'avère extrêmement détaillé et les contrastes sont d'une précision chirurgicale. Les pistes sonores sont bercées de quelques bruits (oiseaux, balles, hélicoptères, etc.) s'échappant des enceintes et de superbes chansons orchestrales qui font rapidement apparaître une multitude d'émotions. Les courts-métrages sont muets, mais les séances plus explicatives peuvent compter sur une voix claire ou une très potable traduction anglophone.

"Jacques Drouin: Œuvre complète sur écran d'épingles" est un très joli coffret qui permet de redécouvrir ou de s'initier à un artiste unique au Québec et dans le monde, qui consacre temps et énergie à peaufiner ses petits chefs d'œuvres qui parlent avec éloquente et justesse de la planète. Un cadeau idéal pour quiconque s'intéresse au septième art et qui n'a pas peur de sortir des sentiers battus. Espérons que d'autres personnes suivent ses traces et qu'elles décident d'emprunter cette machine à rêves avant qu'elle ne tombe dans l'oubli.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8