Route 132
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Louis Bélanger
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 113 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935843368

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
14 janvier 2011

Gilles (François Papineau) vient de perdre son fils de cinq ans. Au lieu d'assister à ses funérailles, il part sur la "Route 132" en compagnie de son ancien ami Bob (Alexis Martin). Ensemble ils essayeront de s'enrichir, remontant le fil du passé pour découvrir qui ils sont vraiment.

Des idées sont souvent dans l'air et des gens différents les cueillent pratiquement au même moment. Cette prémisse sur un être humain qui est incapable d'affronter le deuil, n'est-ce pas la même que l'éblouissant Trois temps après la mort d'Anna de Catherine Martin? Et cette balade à voiture entre gars, n'est-ce pas un des postulats de base du déchirant À l'origine d'un cri de Robin Aubert? Ces sur un chemin parallèle que roule ce nouveau long-métrage de Louis Bélanger qui n'a pas à pâlir de ces comparaisons.

Après l'exercice de style qu'était Le génie du crime et le décevant The Timekeeper, il est plaisant de découvrir que le réalisateur possède encore de l'inspiration, revenant à son récit le plus intéressant depuis le touchant Gaz Bar Blues. Tout cela grâce à une histoire forte (co-écrite avec Alexis Martin), à des personnages crédibles et développés, ainsi qu'à l'émotion. C'est cette pierre angulaire qui transporte à elle seule l'ouvrage. François Papineau semble porter le poids du monde sur ses épaules et il dose à la perfection ses sentiments, devenant un prisme de sensations qui risque d'imploser à chaque instant. De son côté, Alexis Martin représente son penchant plus cynique et léger, un équilibre qui permet d'éviter les lourdeurs souvent liées au genre.

En retournant vers leurs racines, les deux antihéros rencontrent une multitude de figures, brisées ou sources de lumière. Un peu comme dans les opus de Bernard Émond, ces représentations au demeurant intimes et personnelles (Gilles renoue avec sa famille, Bob va peut-être en trouver une) qui laissent une bonne part à l'identité (de l'humain, mais également de la province) n'évitent pas les connotations sociales et politiques. Il y a des hommes qui sont revenus torturés de la guerre, le sort des personnes âgées est loin d'être clément dans les résidences et, sur une note plus humoristique, il y a l'éternelle confrontation entre les gens de la ville et ceux de la campagne. Sans être toujours subtil, ce procédé permet d'élargir les horizons, empruntant des détours parallèles pour traiter de sujets intrinsèques au Québec, dont celui de la religion, notamment par un hommage direct au classique Les Misérables de Victor Hugo.

La très jolie photographie est agrémentée d'une image solide qui bénéficie de couleurs justes, de contrastes développés et d'un niveau appréciable de détails. Un peu de blocage apparaît toutefois à l'occasion. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est subtilement présente du côté des enceintes situées sur les côtés (afin d'y faire ressortir des bruits de voitures, de voix, de vagues et d'oiseaux), se concentrant principalement sur les dialogues. Ces derniers sont compréhensibles, avec une possibilité d'insérer de potables sous-titres blancs.

La pochette demeure plus ou moins inspirante, présentant une carte du Québec, une voiture et les deux héros. Elle s'avère pourtant mieux que l'affiche qui a été présentée dans les salles de cinéma. Le menu principal du DVD reprend cette idée statique. Une agréable pièce musicale berce la navigation. Les suppléments se limitent à un peu plus de huit minutes de scènes supprimées (rien de véritablement nécessaire) et une galerie présentant des photographies du tournage. Mais où est la piste de commentaires?

Maîtrisant son discours et son art de mettre en scène (les paysages y sont éclatants, bercés par les mélodies de Benoit Charest et de Guy Bélanger), Louis Bélanger offre une oeuvre qui interroge le sens de la vie, de la mort et de la mémoire, ne tentant pas de faire inutilement de l'esbroufe, mais se concentrant simplement sur les joies et les peines qui heurtent de plein fouet ses protagonistes. Si son charme discret opère parfaitement, pourquoi le voudrait-on éclatant?


Cotes

Film8
Présentation3
Suppléments3
Vidéo7
Audio7