Ils l'ont fait une première fois, les revoici, les irrévérencieux Elvis animateurs du Festival de Spasm sont de retour avec le second volume qui comprend cette fois, 11 courts-métrages des réalisateurs les plus appréciés lors du Festival annuel du Night Shift à Montréal. Ceux qui croyaient que le premier serait le meilleur vont être surpris, car malgré que le DVD ait deux courts-métrages de moins, n'en demeure, il est davantage efficace et racé que son prédécesseur, déjà fort réussi. La seconde incursion dans les cerveaux de l'horreur au Québec n'est ni plus ni moins qu'un tour du chapeau, une victoire.
Les films présentés ici ont quelque chose de plus que les précédents: tous recèlent d'une imagination débordante et tordue qui offre un plaisir garanti à tout amateur d'horreur. Les morts-vivants sont à l'honneur dans ce recueil de films, la drogue, le sexe, les maniaques insoupçonnés, tout y passe, même les vampires. Encore une fois, trois courts-métrages ont attiré l'attention du publique, à commencer par: "Putain de Bordel de Merde", réalisé par Patrick Boivin, ex-Phylactère Cola, dans lequel un homme fuit les propos hargneux vociférés par sa petite amie en dessinant sur son essuie-tout, le tout ayant une issue plutôt inattendue. Le second, "Head", a été récipiendaire du film le plus gore du festival, et pour cause, il est sans pitié et le style années 70 assumé par le tueur montre la note d'intérêt. Le troisième, "Terrore" d'Izabel Grondin, place des personnages en fuite à un maniaque fou. Les interprétations de celui-ci sont dans la note et le suspense se construit bien. La réalisatrice connaît son matériel et compte l'utiliser à bon escient.
Cette fois, les films montrent un meilleur savoir-faire technique et visuel qui est senti dans chacun d'eux. Il y a un minimum de respect à avoir lorsque l'on tourne un film, une qualité à tenter d'atteindre, et les artisans des 11 films y sont parvenus dans leurs domaines respectifs. Des mentions honorables sont de mise à l'équipe qui a offert "Bagman" dans le premier Spasm Horreur Volume 1 dont vous pouvez lire la critique ici. Ces joyeux lurons sont de retour avec, comme concept le film de loup-garou mélangé au trafic de drogue, résultat marrant intitulé "Mauvaise Dose". "Unleaded Dead" propose sa critique de la société de consommation en utilisant les zombies comme source de carburant à voitures. Une idée très intéressante dont la finale laisse à réfléchir. Il n'y a que "Dark Intent" qui sombre un peu dans les abîmes du cliché et du jeu limité des acteurs. Dans une scène, on peut voir une victime morte cligner des yeux. Mis à part de cela, le reste demeure de facture honnête et bien travaillé.
La section des suppléments propose sensiblement les mêmes extras que l'édition précédente, soit la possibilité de voir le film en formule spectacle, les courts-métrages étant parfois entrecoupés de numéros sur la scène du Night Shift. Un album de photos exclusif des coulisses du Festival Spasm et des bandes-annonces qui ressemblent un peu à celles vues sur l'autre édition, mais qui valent le détour. Ça complète le tableau des extras, comme quoi, quand on a une formule gagnante, pourquoi la changer? Les menus sont animés et pourvus d'une musique d'ambiance d'horreur où l'on entend des gens hurler, des sons de lames et la rencontre des deux.
Pour ce qui est du transfert, on a droit à quelque chose de très honnête considérant la qualité de tournage et la préservation des films. En effet, les couleurs sont très bien balancées, ajustées aux métrages respectifs, la profondeur de champ est nette (sauf dans quelques rares exceptions), mais la compression est ce qui fait le plus mal. Dans "Head", lors des passages dans la forêt, en plein jour, on peut facilement voir maints artefacts de numérisation qui minent le plaisir du métrage, alors dans une course folle entre la vie et la mort. Le son, quant à lui, est d'une bonne facture. Sans être un Dolby Digital 5.1, il remplit son carnet de tâches, balancé entre deux caisses de son et quelques faibles sonorités entendues dans celles de derrière.
Spasm est un festival qui vaut la peine d'être encouragé. Les cinéastes y travaillant donnent leur cœur (au sens défiguré du mot) dans des projets pas toujours faciles. "Alex Vampire Slayer" en est un bon exemple tout comme "Terrore", tous deux étant dotés d'un montage presque sans faille et d'un rythme propre à eux. On espère seulement que les organisateurs du Festival continueront dans cette... veine.
| Film | 9 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |