Il y a 80 000 ans, la tribu qui possédait le feu, possédait la vie. De sanglantes batailles intervenaient dès lors pour s'approprier le précieux élément tant convoité. Alors que faire si, par un simple et stupide accident, la flamme jalousement gardée s'éteint et qu'on ne sait pas comment la rallumer ?
"Quest for Fire", ou de son titre original "La Guerre du Feu", garde depuis maintenant plus de vingt ans une longue liste d'honneurs et de mentions cinématographiques. À première vue, on pourrait se demander comment un simple film sans aucun dialogue "compréhensible", tourné en pleine nature avec seulement quelques acteurs maquillés peut susciter autant de bons commentaires ? Tiré du roman éponyme, écrit en 1911 par l'auteur belge J.H. Rosny, les scénaristes ont dû mettre à jour les données scientifiques sur la préhistoire, car celles du roman dataient du début du siècle.
Alors qu'ils vivent tranquillement au pied de leur falaise, à l'orée de la forêt, les Oulhamr, la tribu de Naoh (Everett McGill), Amoukar (Ron Perlman) et Gaw (Nameer El-Kadi) garde précieusement dans une sorte d'encensoir formé d'un crâne, d'os et de peau, une flamme permanente afin de ne jamais manquer de feu. Un jour, ils sont attaqués par une tribu de sauvages qui veulent leur voler le précieux élément. La bataille est soudaine et brutale. Malheureusement, la flamme est détruite. Nos trois amis sont mandatés par le vieux sage d'aller rechercher du feu. Une série de rencontres plus ou moins amicales s'ensuivra dont celle de Iko (Rae Dawn-Chong) qu'ils sauvent d'une mort certaine d'entre les mains d'horribles anthropophages. Mais cette dernière leur apportera plus qu'une simple compagnie.
Le tournage, qui s'est échelonné sur quelques mois, entre le Kenya, l'Écosse et le Canada, a coûté en 1980 la somme de douze millions de dollars, somme importante à l'époque. Rien ne fut laissé au hasard. Sur place, il y avait en permanence 28 maquilleurs, dix perruquiers et dix costumiers qui suivaient de façon continue les acteurs. Un professeur de mime, en la personne de Desmond Jones, fit travailler sans relâche les principaux acteurs afin de leur donner une démarche qui soit entre celles de l'animal et de l'homme. Même si on ne le comprend pas, le langage utilisé dans le film est vrai. L'auteur Anthony Burgess a inventé un langage cohérent spécialement pour ce long métrage. On a eu recours à de simples "maquillages" pour certains animaux, comme rajouter de longues canines à des lions. Pour ce qui est des mammouths, on a simplement "déguisé" des éléphants que l'on dû faire venir spécialement de Grande-Bretagne. Malheureusement, ces braves bêtes qui n'étaient pas habituées à porter ainsi une fourrure (il a fallu les habituer pendant près d'un an) donnèrent beaucoup de mal à l'équipe de tournage. Il fallait en effet refaire constamment leur déguisement, car ils mangeaient la fausse fourrure, sans parler des dégâts qu'ils causaient au matériel pour marquer leur impatience.
Il existe une anecdote concernant les éléphants que le réalisateur se plaît à raconter. Lorsqu'on lui a montré la première fois un éléphant déguisé en mammouth, Jean-Jacques Annaud a été ébahi. L'équipe lui avait malgré tout réservé une surprise en ayant préparé un deuxième éléphant dans un chapiteau fermé proche. Lorsqu'ils ont ouvert le 2e chapiteau, le premier éléphant a eu peur n'ayant jamais vu de mammouth de sa vie. Du coup, le deuxième en fit de même et nos deux pachydermes de s'enfuir à travers les rues de Manchester. Quelle épopée! Aujourd'hui, Annaud se dit qu'il n'aurait pas à refaire les mêmes péripéties aidé par les ordinateurs. Il aurait tous les mammouths de la Terre qu'il souhaite. Mais quelque part la magie du cinéma n'est plus vraiment là.
Le DVD de "Quest for Fire" est assorti de quelques compléments intéressants. Mais avant, je dirais que l'image proposée ici est très belle pour un film de plus de vingt ans. Les grandes étendues sauvages sont bien rendues même si souvent on a plutôt des paysages perdus dans le brouillard ou au fond d'une forêt. Le son Dolby Digital 5.1 est bien utilisé autant pour la musique, assez présente, les différents sons, principaux dialogues du film et les scènes d'actions et de batailles. Le menu principal est illustré de scènes du film alors que les sous-menus sont simples et statiques.
Comme suppléments, un documentaire promotionnel réalisé à l'époque de la sortie du film et présenté par Orson Welles en personne. D'une durée d'environ 23 minutes, nous survolons les préparatifs, les maquillages et nous assistons au tournage de quelques scènes avec les commentaires des différents intervenants. Très intéressant. La bande-annonce originale nord-américaine nous est présentée ainsi qu'un ensemble de photographies regroupées en quinze catégories, allant des repérages de tournages au dictionnaire utilisé par Anthony Burgess. Chaque catégorie, présentée comme un petit diaporama, est commentée par le réalisateur.
Deux pistes audio de commentaires sont proposées. La première avec le réalisateur Jean-Jacques Annaud qui nous raconte bien entendu la création de ce projet et qui explique, scène après scène, les techniques utilisées ou les anecdotes qui s'y rapportent. La deuxième piste est animée par Rae Dawn-Chong, Ron Perlman et Michael Gruskoff, producteur exécutif. Cette fois-ci, nous avons l'approche des acteurs et du producteur face à ce film, y allant eux aussi d'anecdotes et de précisions de tournage selon les scènes.
Les émotions vont du rire et du sourire (telle cette mémorable scène de l'arbre et des deux lions ou encore les nombreuses maladresses de nos trois comparses) à la tristesse. On acceptera, mode de vie de l'époque oblige, quelques scènes de nourriture peu ragoûtantes ou d'autres illustrant l'amour bestial. Tout ceci assemblé donne un des grands films du Septième Art, qui a le grand avantage de voir passer les années sans pourtant vieillir. Mais je ne me prononce pas sur son impact dans 80 000 ans.
| Film | 9 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |