Les familles dysfonctionnelles sont monnaie courante dans la société où l'on vit aujourd'hui et le septième art exploite ce thème dans un bon nombre de films. On ne choisit pas les membres de sa famille et bien souvent, les différences qui nous séparent peuvent mener à des conflits parfois très désagréables.
"The Quiet" raconte l'histoire de la famille Deer: Nina (Elisha Cuthbert) est une jeune fille des plus typiques, capitaine de l'équipe des meneuses de claques, superficielle et snob à souhait. Elle se moque des autres à outrance et se fout des gens autour d'elle. Son père Paul (Martin Donavan) et elles entretiennent une liaison incestueuse, bien à l'insu de sa mère Olivia (Edie Falco), qui passe ses journées à avaler des pilules: celles-ci la rendent tellement comateuse qu'elle n'a aucune idée de ce qui se passe sous son propre toit. Pour fermer la boucle sur cette famille des plus dysfonctionnelles, Dot (Camilla Belle) entre en jeu: sourde et muette, elle sera adoptée par la famille Deer après le décès de son père. Malgré son handicap, elle est sans doute la moins dérangée du groupe, en plus d'être une parfaite confidente, car elle ne pourra répéter quoi que ce soit. Petit à petit, tous se mettent à lui dévoiler leurs secrets et ils ne réaliseront qu'après coup l'impact de leurs cachotteries...
Je dois admettre que bien que le scénario du film me semblait intéressant, plus j'avançais dans son visionnement, moins je savais à quoi m'attendre: chaque segment additionnel le rendait plus irréaliste et j'ai quelque peu perdu le fil. Les acteurs sont convaincants dans leurs rôles, particulièrement Camilla Belle et Elisha Cuthbert: cette dernière, que j'associais davantage à des rôles dans des films pour ados, m'a impressionnée dans sa prestation dramatique. Malheureusement, cela ne suffira pas à rendre ce film mémorable: on voit quelques inspirations à la American Beauty, mais la comparaison s'arrête là.
Les suppléments débutent avec la séquence "Fetal Pig, Fetal Pig, Let Me In", qui montre Dot, Nina et Connor dans leur classe de biologie, alors qu'ils doivent disséquer le fœtus d'un cochon. C'est sans doute l'un des suppléments les plus inutiles qui soit, alors que le film n'aborde même pas une optique d'horreur: cette scène en fait, n'a pratiquement aucune importance dans l'histoire. On entend les acteurs s'exclamer de dégoût, et la réalisatrice qui se délecte de nous raconter pourquoi elle a choisi d'intégrer cette scène au film. Vous pourrez donc sauter le visionnement de ce supplément sans manquer grand-chose. Dans le segment "Locations: Shooting in Austin", la réalisatrice nous explique pourquoi le film a été tourné au Texas et la façon dont les gens locaux étaient contents qu'un film soit tourné près de chez eux.
Le plus intéressant sur ce DVD est sans doute le documentaire "Sans Celluloid", où on apprend que le film a été tourné en numérique, et que certains membres de l'équipe technique ont été choisis en fonction de leur habileté à utiliser ce médium: c'est assez réussi puisque la qualité de l'image est très acceptable. "Script Development" est sans surprise un segment où différents intervenants discutent du scénario et des différents thèmes abordés dans le film ; un dernier segment permet encore une fois à la réalisatrice de s'exprimer sur la brochette d'acteurs qu'elle a choisis, segment qui est davantage auto-félicitation que pertinent. La section des suppléments se termine avec une série de bandes-annonces.
La présentation est malheureusement des plus simplistes: tous les menus sont composés d'une seule image statique et aucune musique ne vient agrémenter ceux-ci. Du côté technique, ça suit cette tendance: la piste audio fait le travail, mais la trame sonore est assez ennuyante. Les effets d'ambiophonie se font rares, et pour un film où on entend Dot jouer du Beethoven au piano, ça aurait pu être beaucoup plus dynamique. Du côté de l'image, tel que mentionné précédemment, il s'agit d'un film tourné avec une caméra numérique et compte tenu de ce fait, on peut dire qu'il s'agit d'un travail accompli, surtout considérant qu'une grande partie des scènes sont tournées le soir, dans un environnement très sombre.
Pour un film indépendant, le scénario aurait pu avoir un potentiel exploitable, et les personnages avaient réellement des personnalités intéressantes: mais ce qui a réellement mené le film à sa perte est sans doute la tournure bizarre des événements, qu'on a voulu exagérer pour choquer le spectateur. Personnellement, je trouve qu'on en a un peu trop mis et que le film perdait de sa crédibilité.
| Film | 5 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |