Plus tard en 2007, le vénérable cinéaste Francis Ford Coppola prépare son retour sur les écrans avec Youth Without Youth. Cela faisait dix années que le réalisateur du puissant The Conversation s'était retiré comme un ermite. Son dernier film remonte à "The Rainmaker". Pour souligner ces bonnes nouvelles, une nouvelle version affublée du sobriquet "édition spéciale de collection" arrive sur le marché.
Les compagnies d'assurances qui ne payent pas, il n'y a pas que Michael Moore dans Sicko qui doit affronter ça. Rudy (Matt Damon) est un jeune avocat qui sort tout juste de l'école. Avec l'aide du sans scrupule Deck (Danny De Vito), il s'attaque à une influente institution qui refuse d'indemniser un patient qui se meurt. Sans argent ni expérience valable, le duo se lance dans un important procès sans être certain d'avoir en possession tous les atouts gagnants. Ce n'est pas grave, au nom de la morale (et peut-être aussi pour remporter le gros lot), rien n'est impossible.
Les temps changent. Dans les années 1970, Coppola multipliait les chefs-d'œuvres comme les deux premiers Godfather et Apocalypse Now. À la fin de sa carrière, il se contentait d'appliquer à la lettre les écrits du célèbre romancier américain John Grisham. Même si les enjeux sont moindres, le travail de monsieur Cotton Club est à tout point honorable. Sa mise en scène classique est très solide. Le montage fluide enchaîne rapidement les séquences attendues, les scènes de tribunaux et les nombreux personnages qui gravitent autour du protagoniste.
John Grisham semble souvent écrire des scénarios de films et son roman ne fait pas exception. À force de multiplier les bouquins, de nombreux éléments semblables ressortent. La plupart de ses héros sont jeunes, naïfs et ils sont pris dans des engrenages qui les dépassent. Dans les années 1990, c'était la mode de transposer ses mots à l'écran. Entre les bonnes adaptations (The Client) et les mauvaises (The Chamber) se situe "The Rainmaker". Si de nombreux éléments semblent être empruntés au supérieur The Verdict, l'humour est ravageur. Ce sont les gags qui accrochent immédiatement le spectateur et qui ne le lâcheront plus.
La force du récit est également dans l'interprétation qui est ici plus que satisfaisante. C'est dans ce rôle que Matt Damon a été révélé au grand public et il s'acquitte honorablement de la tâche. Pour l'appuyer, il y a le mentor suspect Mickey Rourke, l'efficace énergumène Danny DeVito, le rayon de soleil Claire Danes, le suffisant Jon Voight, le méchant Andrew Shue et le grand patron Roy Scheider. Plusieurs autres œuvres d'avocats comme Primal Fear ou A Few Good Man ont toutefois proposé des personnages nettement plus élaborés.
Le charisme du personnage principal passe par sa narration éclatante. Même si les différentes pistes audio mettent à l'avant-plan des bruis de voitures, de téléphone, de criquets et des cloches d'église, les voix s'entendent toujours parfaitement. Et il y a de magnifiques sous-titres jaunes en anglais, en espagnol et en portugais pour rejoindre le public le plus large. La musique variée touche à tous les styles. Beaucoup de jazz, un peu de piano doux et même du "mickeymousing" pour signifier l'ironie des situations. Les images sont particulièrement soignées. Les couleurs précises prennent graduellement de la profondeur, tout comme ces contrastes plus que parfaits dans les tons de noir. Il y a cependant un peu de blocage qui peut survenir à quelques endroits.
La pochette rouge et noire à l'effigie de Matt Damon est loin d'avoir le charme de l'originale. Heureusement, l'image de la première édition est présente sur le boîtier. Après de multiples sauts tortueux, le menu principal du DVD apparaît. Il s'agit d'un plan fixe entre Damon et Jon Voight. Très moyen. La musique solennelle est toutefois jolie. Les suppléments ne sont pas très nombreux, mais ils s'avèrent généralement intéressants. Il y a quatre scènes supprimées, dont une introduction et une conclusion différente. Quelle chance que ce ne sont pas ces segments qui ont été utilisés! Les essais de quatre comédiens sont également de la partie. Une bonne façon de mieux cerner les personnages. Un documentaire de 27 minutes assez rigolo montre l'importance de la camaraderie et de l'improvisation dans le cinéma du réalisateur de l'horrible Jack. La distribution semble former une énorme famille et chaque acteur possède son importance. La pièce d'orfèvre est la piste de commentaires de Coppola et de Danny DeVito. Les deux hommes parlent avec fébrilité de cet univers particulier, des problèmes et des inquiétudes d'une telle adaptation. Un bonbon qui fond dans la bouche.
"The Rainmaker" respecte les écrits de Grisham sans les transcender. C'est divertissant, très comique et la distribution élaborée sauve souvent la mise. Les disciples de Francis Ford Coppola ne comprennent toujours pas pourquoi il s'est attaqué à un tel projet (même son de cloche pour le Gingerbread Man de Robert Altman), mais il n'y a pas de mauvais sujet. Seulement des traitements qui laissent à désirer.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |