The Reivers
CBS DVD / Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Mark Rydell
Année: 1969
Classification: PG
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 26
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Daniel Cyr
17 juin 2005

En 1969, après que Warner eut brisé son contrat de sept films, suite au charivari sur le plateau de tournage du film Bullitt. Steve McQueen est maintenant libre de choisir ce qu'il désire. Ayant entendu dire que son vieil ami Mark Rydell prépare un film tiré du roman de William Faulkner, intitulé The Reivers, McQueen le contacte et lui explique son intérêt pour cette production, apportant avec lui les capitaux de la Solar, sa propre compagnie de production. Dans ce film, Steve McQueen campe le personnage de Boon Hoganbeck, un domestique aventurier, rustre et naïf qui se lie d'amitié avec Lucius (Mitch Vogel), le petit-fils du patron (Will Geer). Avec la participation de Ned (Rupert Crosse), un autre domestique, ils feront les quatre cents coups dans une longue randonnée en voiture, une magnifique Wynton Flyer jaune. "The Reivers" de Mark Rydell est une réalisation de haute qualité. Les images sont tout simplement sublimes! Les personnages des plus savoureux nous entraînent à travers le sud des États-Unis du début du siècle dernier, sur un fond de poésie bucolique. La narration (en version anglaise) de Burgess Meredith rend justice à l'essence même de Faulkner qui annonce à la fois la détresse et le goût de liberté, et où le suprême degré de la sagesse est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue. Mark Rydell parvient à mener à bien son film, tout en contrôlant un Steve McQueen agacé par le manque de rigueur de l'acteur Rupert Crosse et surtout en réussissant à transposer avec brio une œuvre de Faulkner sans la trahir.

L'histoire de cette grande traversée se situe en 1905 à Jefferson City au Mississippi, Lucius McCaslin âgé de onze ans se rend à la gare pour admirer l'automobile que son grand-père, surnommé le Boss, vient d'acquérir. C'est une magnifique Winton Flyer de couleur jaune, muni d'un moteur Ford de quatre cylindres d'une puissance de quatre-vingt-dix chevaux et pouvant aller à une vitesse de quatre-vingts kilomètres à l'heure. Chemin faisant, Lucius appelle Boon Hogganbeck, un garçon d'écurie un peu insouciant et aventureux pour venir voir cette merveille. Boon, ébloui par la beauté de cette machine, trouve instantanément en elle l'âme sœur, l'amour virginal de son cœur rustre et innocent. Le Boss confie la voiture à Boon pour qu'il s'en occupe. Ce privilège lui est aussitôt contesté par Ned, également un garçon d'écurie de race noire. D'ailleurs, afin de faire enrager son collègue, Ned s'empare du bel engin et se sauve, obligeant Boon à le poursuivre avec un revolver. Ne sachant pas conduire, Ned cause un peu de dégât dans la ville. Boon frustré, veut lui faire la peau et lui saute dessus. Maury McCaslin, le père de Lucius, sépare les deux belligérants. Après une bonne discussion, Boon et Ned promettent de se tenir tranquilles.

Quelques temps après, le père de la mère de Lucius décède... toute la famille McCaslin est appelée à se rendre aux funérailles à St-Louis. À la gare, Lucius est laissé seul pour la première fois de sa vie, mais le grand-père McCaslin prévient Boon de laisser la voiture dans la remise. De retour vers la maison, Boon apprend à conduire la Winton Flyer au jeune Lucius, à travers les champs. Il confie à Boon que ses parents seront absents de la maison pendant quatre jours. Cela donne tout à coup l'idée à Boon de partir en voiture jusqu'à Memphis, Tennessee pour y faire la bringue. Le gamin qui devait demeurer entre temps chez tante Callie, est embarqué malgré lui, dans les manigances de Boon. Lucius décide de monter un stratagème et fait croire aux uns qu'il ira demeurer chez l'autre. L'histoire se tient si bien que tous sans exception, oncles, tantes et cousins sont bien rassurés et il peut ainsi partir à l'aventure sans entraves. Boon et Lucius partent donc en randonnée à travers le Mississippi. En cours de route, ils s'aperçoivent que Ned s'était dissimulé à l'arrière de la voiture afin d'être de la partie; advienne que pourra, nos trois larrons poursuivent leur périple, le cœur joyeux. Tout semble rouler à merveille lorsque les quatre roues de la voiture s'embourbent dans une épaisse boue. Boon connaît bien cet endroit puisque l'année précédente, il avait dû donner deux dollars à un escroc qui passait son temps à entretenir son chemin boueux, pour ensuite dépanner les malheureux qui s'y aventuraient et finalement toucher de l'argent facilement. Boon décide de se déprendre avec les moyens du bord et utilise une perche. Lucius au volant, Boon et Ned poussent comme des forcenés... mais peine perdue, ils n'y arrivent pas. Couverts de boue, ils n'auront d'autres choix que d'accepter à contrecœur de se faire déprendre par l'escroc qui, fallait bien s'y attendre, avait changé ses tarifs depuis la dernière fois, le nouveau montant était maintenant de six dollars. Devant l'alternative de rentrer à pied, Boon accepte de verser la somme au filou et ils peuvent poursuivre leur route vers Memphis, la capitale du plaisir. La randonnée se révèle être une véritable épopée et un certain nombre d'épreuves attendent nos trois larrons. Ils se retrouvent même engagés dans une folle course de chevaux qu'ils doivent absolument gagner, s'ils veulent récupérer la Winton Flyer...

Voilà une comédie narquoise où l'on voit un Steve McQueen décontracté jouant avec désinvolture et de façon surprenante. Un contraste de ce que nous avions été habitués de voir du comédien durant sa carrière. Un voyage en voiture, fertile en rebondissements, avec des personnages pittoresques tant par leur dynamisme que par leur fantaisie. Un film burlesque et désopilant, voilà ce qui résume bien cette adaptation du roman de William Faulkner. The Reivers fut publié pour la première fois aux États-Unis en 1962, l'année même de son décès où William Faulkner recevra à titre posthume un second prix Pulitzer. Dans ce dernier récit (sous le titre français "Les Larrons") nous retrouvons des souvenirs d'enfance et un voyage initiatique relevant du drame psychologique avec un grand souci des émotions. Une sorte de conte de l'âge d'or et même mythique d'un Sud états-unien céleste. L'auteur fait ses adieux aux personnages de ses livres précédant principalement sombres et dramatiques, souvent adaptés au cinéma tels The Tarnished Angels, The Sound and the Fury et The Long Hot Summer.

Paramount nous offre ici une image relativement superbe dont la restauration est quasiment impeccable. L'interpositif est propre, seuls quelques points blancs discrets font leur apparition de temps à autres sans jamais être vraiment désagréables. La richesse des couleurs est impressionnante. Ces dernières sont très saturées, éclatantes et d'une stabilité exemplaire. Le rendu des teintes de la peau est d'un naturel remarquable. Les noirs sont très beaux et profonds. La définition est excellente. L'image est très détaillée et présente un contraste très équilibré. Parfois, nous voyons une image un peu granuleuse et légèrement floue, mais encore là, il n'y a rien de trop fâcheux pour les yeux.

Cette édition DVD propose trois bandes sonores, mais la 5.1 est de loin la meilleure. Même si les bandes monophoniques anglaise et surtout française sont moins biens détaillées, je dis un gros merci à la Paramount d'avoir pensé d'y inclure une bande-son dans la langue de Molière. Les dialogues sont en permanence parfaitement nets et intelligibles. La trame sonore aussi est excellente et est intégrée efficacement aux images. L'orchestration du compositeur de John Williams est délectable et originale. Sa musique vient parfaitement renforcer le contexte du film. Williams semble avoir été très inspiré par son sujet, il a su parfaitement maîtriser toutes les facettes du film: émotion, gaieté, inquiétude... rien n'y manque! Au niveau des suppléments, c'est le vide total même pas une petite bande-annonce à regarder ce qui semble être devenu la coutume chez la Paramount pour les vieilles productions cinématographiques.

En conclusion, le réalisateur Mark Rydell a créé une ode aux diverses splendeurs de l'amour dans "The Reivers" et a su trouver une manière spéciale de mettre en image des sentiments qui sont quelques peu indéfinissables. Dans son effort de capturer ce sentiment insaisissable d'effervescence émotionnelle à l'écran, Rydell a réuni un extraordinaire casting incluant Steve McQueen, Rupert Crosse, Will Geer, Sharon Farrell, Michael Constantine, Mitch Vogel et Dub Taylor. Mark Rydell a recruté l'excellent Richard Moore pour le rôle de directeur photo. L'un des meilleurs de sa profession, son travail est tout simplement prodigieux... Ses plans de caméra explorent et scrutent magnifiquement ces personnages pittoresques. Bref, "The Reivers" est une comédie qui répondra amplement à vos attentes. Ceux qui connaissent déjà le film seront enchantés de le revoir, pour les autres, voici la possibilité de découvrir ce petit chef-d'œuvre burlesque et abracadabrant où le rire est garanti! Un DVD d'exception qui mérite définitivement une place d'honneur dans votre vidéothèque.


Cotes

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Vidéo7
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