Long-métrage canadien qui interroge la responsabilité individuelle et le poids du temps sur le quotidien, "Repeaters" est une expérience singulière, pas totalement au point, mais bien pensée, réalisée et interprétée.
Kyle (Dustin Milligan), Sonia (Amanda Crew) et Michael (Richard de Klerk) habitent dans un centre de réhabilitation. Après avoir attrapé un choc électrique, ils revivent sans cesse la même journée. Pendant que Kyle et Sonia cherchent un moyen d'échapper à leur sort, Michael ne se pose plus de questions et multiplie les comportements insensés, en se disant que toutes ses frasques seront effacées au lever du soleil.
Croisement entre Groundhog Day et Source Code, "Repeaters" privilégie le drame au détriment de la comédie et de la science-fiction. Même s'il ne possède pas les moyens financiers de ses prédécesseurs, cela ne heurte en rien ses ambitions, fascinantes et éloquentes, qui parlent de rédemption, de quêtes intérieures et de sacrifice. Lorsque tout va mal, le bonheur finira par poindre son nez à l'horizon, il faudra multiplier les efforts plutôt que de l'attendre les bras croisés. Le récit, volontairement répétitif, n'est pas sans fausse note. L'intérêt peut s'égarer à mi-chemin, le ton s'avère parfois moralisateur et le cinéaste Carl Bessai ne semble pas toujours quoi faire de sa riche matière première.
Sauf que le propos demeure bien ancré dans la réalité de tous les jours. La métaphore de la vie en société est finement rôdée et tous les personnages se défendent convenablement. Richard de Klerk a le rôle le plus ingrat, ce qui ne l'empêche pas de briller. Amanda Crew s'amuse à se dérober au spectateur, alors que Dustin Milligan incarne avec délectation le charismatique antihéros. De solides performances qui sont bien secondées par une mise en scène vivante et vitaminée, parfois tape-à-l'œil sans être inutilement stylisée.
L'agréable musique est parsemée de nombreux tubes accrocheurs, dont une perle inoubliable de la formation The Antlers. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 revigorent aisément les enceintes de bruits aussi divers que de la pluie, des avions et une cloche d'école. Les voix sont un peu faibles quoique compréhensibles, la traduction dans la langue de Molière ne pose aucun problème et il y a de très jolis sous-titres blancs en cas de nécessité. Les images dotées de contrastes un peu sombres bénéficient toutefois d'une palette de couleurs élaborée, de teintes à la finition souhaitée et de détails surprenants.
La pochette un peu quelconque n'est pas toujours attirante pour les yeux, représentant les trois protagonistes dans une sorte de cosmos du temps. Le menu principal du DVD reprend cet esthétisme qui est offert de façon statique et muette. Il n'y a aucun supplément de disponible sur cette édition.
"Repeaters" cherche à insuffler de nouvelles idées à un concept qui est loin d'être original. Sans y parvenir totalement, la production se veut rafraîchissante, et elle pose de très bonnes questions sur la façon de se comporter au jour le jour. Pour une fois que le cinéma du Canada anglais offre quelque chose de pertinent, il ne faudrait pas bouder son plaisir.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |