Repo Man
Collector's Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Alex Cox
Année: 1984
Classification: 18A
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
5 février 2006

C'est en puisant à même ses aventures de vie à Los Angeles et sur celles de son voisin, un "repo man" de la ville de Venice, qu'Alex Cox trouva l'inspiration pour l'écriture du scénario de "Repo Man", aujourd'hui considéré comme un film culte des années 1980. Au départ approuvé par Universal, le projet fut par la suite l'objet de diverses disputes internes, car certains le trouvaient trop choquant. Heureusement, grâce à l'appui de l'un des bonzes du studio, le film fut complété, mais ne bénéficia que d'une distribution limitée en salles. Mais le bouche à oreille, ainsi que la popularité de la bande sonore, très prisée auprès de la scène punk, contribuèrent à faire connaître le film.

Otto (Emilio Estevez), un jeune punk désabusé, quitte son emploi dans un supermarché et se fait par la suite larguer par sa petite amie. Errant dans les rues par frustration, il est recruté bien malgré lui par un "repo man" qui lui fait voler une voiture en lui laissant croire qu'il s'agit de la voiture de sa mère. Irrité par ce subterfuge, il se joindra tout de même à l'agence de reprises de possession après avoir appris que ses parents ont donné l'argent mis de côté pour ses études à un télévangéliste. Alors qu'il se familiarise avec son nouvel emploi les événements se précipitent. Il se lie d'amitié avec une jeune femme membre d'un culte voué aux OVNIS, est confronté par les "repo men" de compagnies rivales, doit subir les monologues sur la conscience cosmique du concierge de son agence et se retrouve plongé dans une aventure abracadabrante liée à la prime de reprise d'une Chevrolet Malibu 1964, conduite par un scientifique gouvernemental qui n'a pas toute sa tête, et dont la malle arrière renferme un contenu ultra-secret.

Nihiliste, drôle et irrévérencieux, ce classique absurde de science-fiction punk mélange allègrement les genres pour nous offrir un film complètement déjanté en forme d'allégorie sur la guerre nucléaire. Le long métrage d'Alan Cox s'attaque de façon ironique à l'atmosphère de paranoïa ("Roswell", Los Alamos et la bombe atomique, la chasse aux communistes, la guerre froide) qui régnait dans les années 1980 sous Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Il égratigne également au passage le corporatisme et souligne le sentiment d'aliénation d'une jeunesse incapable de s'identifier à cette morale conservatrice basée sur la consommation débridée et l'appât du gain qui laisse de côté les enjeux sociaux. Cette ambiance pessimiste est cependant désamorcée par un humour toujours présent et une galerie de personnages colorés qui forment une sorte de sous-culture évoluant selon ses propres règles. Certains moments touchants se mêlent aux blagues salaces, aux jurons et aux scènes d'action, et on s'attache rapidement à cette "famille" qui, malgré une certaine compétition entre ses membres, obéit à un code d'éthique et se tient les coudes quand vient le temps de défendre les valeurs auxquelles elle s'identifie. Malgré certaines failles (certains effets spéciaux peuvent paraître ridicules), le film est si original, divertissant et surprenant qu'il est difficile de ne pas succomber à son charme.

L'image proposée par ce transfert anamorphosé est claire et nette, bien que certaines scènes soient un peu granuleuses. La pellicule est propre et ne comporte que très peu de taches et d'égratignures. Les couleurs paraissent naturelles et le rendu des noirs est adéquat. Le niveau des contrastes est également à point et l'image est détaillée tant en avant-plan qu'en arrière-plan. Des problèmes mineurs d'accentuation des contours et de crénelage (effet "d'escalier") dû à la compression apparaissent à l'occasion. En général, la présentation vidéo est excellente. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 est bonne, même si l'activité est concentrée dans les enceintes avant. Les enceintes arrière se font entendre aux moments voulus, en particulier lors des scènes d'action qui bénéficient également de l'appui du haut-parleur des graves. Les dialogues sont clairs et dénués de distorsion. La piste audio originale en stéréo est également offerte. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont simples, statiques et sans accompagnement musical.

Plusieurs suppléments sont offerts sur cette "édition du collectionneur" qui, si je ne m'abuse, est la troisième (si ce n'est la quatrième...) édition de ce film à paraître en DVD. Pour débuter, on retrouve une piste audio de commentaires avec le réalisateur Alex Cox, le producteur Michael Nesmith, la directrice du casting Victoria Thomas et trois des acteurs du film. Il s'agit de la même piste que l'on retrouvait sur la version de l'éditeur Anchor Bay. L'atmosphère est joviale et détendue, et blagues et anecdotes se mêlent aux propos informatifs sur les hauts et les bas du tournage, ainsi que sur de nombreux aspects reliés à la pré-production, au marketing et à la distribution du film. Agréable et divertissant. Par la suite, on a droit à une toute nouvelle revuette intitulée "Up Close And Personal With Harry Dean Stanton" où l'acteur nous parle de sa vie et de sa carrière. Stanton est un personnage fascinant et disons-le, un peu étrange, qui ne mâche pas ses mots, fume comme une cheminée et fait beaucoup de grimaces! Deux autres revuettes réalisées spécialement pour cette édition suivent. Tout d'abord, dans "Repossessed", Alex Cox et les producteurs Jonathan Wacks et Peter McCarthy couvrent dans les moindres détails tous les aspects de la production. Du développement du scénario, en passant par le processus du casting, le choix des lieux de tournage et les performances d'acteurs, tout est abordé avec une bonne humeur contagieuse. Puis, dans "Missing Scenes", Alex Cox et Sam Cohen (l'inventeur de la bombe à neutron!) nous offrent leurs commentaires sur quelques scènes retranchées, sur le contexte socio-politique des années 1980 et sur l'impact du développement de la bombe atomique. Le propos passe souvent du coq à l'âne, mais demeure tout de même intéressant. Pour terminer, on retrouve un oeuf de Pâques "Repo Code", les biographies des principaux protagonistes, ainsi que la bande-annonce du film.

"Repo Man" pourra paraître ridicule pour ceux qui n'ont pas vécu les années 1980, mais pour les autres, il demeure un film important, sorte de symbole satirique de la contre-culture de l'époque qui n'a nullement vieilli malgré son contenu plutôt bizarroïde. Devriez-vous vous procurer cette édition si vous possédez déjà l'une des versions précédentes? Je dirais que oui, mais seulement si vous êtes fanas du film et que les quelques 75 minutes de suppléments inédits suffisent à combler votre appétit.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments8
Vidéo8
Audio7