Romance and Cigarettes
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: John Turturro
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Portugais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
4 février 2008

L'excellent acteur John Turturro n'en est pas à sa première aventure derrière la caméra. En effet, par le passé, il a créé les corrects Mac et Illuminata. En 2005 était diffusé au Festival du Nouveau Cinéma de Montréal sa troisième réalisation, "Romance and Cigarettes". Bizarrement, le film n'a jamais pris l'affiche en salles au Québec et c'est seulement en 2008 qu'il est disponible à la vente ou à la location. Pourtant, l'œuvre, sans réellement marquer les esprits, ne méritait pas un tel sort.

Nick (James Gandolfini) joue avec le feu et il finit par se brûler. Ainsi, sa femme Kitty (Susan Sarandon) découvre des proses érotiques qui ne lui sont pas destinées. Son mari a une aventure avec une femme plus jeune (Kate Winslet) et cette dernière est prête à tout pour ne pas échapper son trophée. Pendant que l'homme se pose mille et une questions en se confiant à son ami à la réplique bizarre (Steve Buscemi), l'épouse trompée demande à son excentrique cousin (Christopher Walken) d'arranger rapidement la situation.

"Romance and Cigarettes" est un long-métrage aux nombreuses idées réjouissantes qui ne fonctionnent qu'à moitié. Au départ, il s'agit d'une production des frères Coen qui ne parle que de cul. Les hommes suivent leurs pulsions alors que les femmes ne mâchent pas leurs mots grivois pour arriver à leurs fins. À ce schéma séduisant se rajoutent plusieurs numéros musicaux chantés qui ne peuvent que mettre de bonne humeur. Mais contrairement à l'irrésistible Everyone Says I Love You de Woody Allen, les chansons n'aident pas vraiment à faire avancer l'histoire et il n'y en a pas assez pour transformer la douloureuse réalité en fantasmes épanouis.

Si le rire n'est pas constant, les sourires le sont. Et ils arrivent principalement par la qualité de l'interprétation. En être dépassé par les évènements, James Gandolfini est d'un pathétisme touchant. Presque autant qu'un Steve Buscemi qui est complètement décalé et un Christopher Walken qui s'amuse comme un fou. De leurs côtés, la gent féminine décide d'en mettre beaucoup trop, ce qui n'est pas toujours à leur avantage. Susan Sarandon passe tout son temps à crier et elle le fait si bien. Pour sa part, Kate Winslet utilise son accent britannique en jouant la femme fatale, clichée et paillettes en prime. Dans des rôles secondaires, les trois filles composées de Mandy Moore, de Mary-Louise Parker et d'Aida Turturro s'en sortent sans broncher. Dommage que ces beaux personnages sont handicapés par un rythme un peu chancelant, des scènes qui chutent dans l'humour bas de gamme et une finale qui horripile par sa prévisibilité.

En dehors de ces hauts et de ces bas, la bande son est la grande gagnante du lot. Elle est riche et variée, allant de Bruce Springsteen à James Brown sans jamais décevoir les tympans. Les différentes pistes sonores en Dolby Digital 5.1 sont également très impressionnantes, avec ces ronflements, cris multiples, échos de voix, sirènes de police, coups de tonnerre, moteurs d'avion, cloches d'église et sonneries de téléphone qui se mélangent allègrement. Il est cependant un peu triste que ce tintamarre vienne brimer les voix qui ne sont pas assez élevées. Au moins, les sous-titres jaunes s'avèrent plus que parfaits. La qualité des images varie entre l'étincelant et le passable. Dans la première catégorie se retrouvent les couleurs sobres qui savent être plus édifiantes aux bons endroits et cette belle définition des contours. Dans la seconde optique détonne un peu trop de blocage et des contrastes incroyablement opaques.

La pochette est très attirante. Sur un lit figurent les jambes d'une femme, cigarette à la main. Le menu principal du DVD reprend exactement la même posture, en oubliant toutefois d'insérer une mélodie ou le moindre mouvement. Le comble pour une œuvre qui flirte avec la comédie musicale. Néanmoins, il y a quelques suppléments pour excuser cette largesse. Le cinéaste présente son nouvel opus en parlant de ce qui l'a inspiré. Il y a ensuite sept scènes supprimées (elles sont réussies, quoiqu'un un peu trop longues) avec une introduction de Turturro. Le troisième segment correspond à un documentaire sur le tournage où les acteurs ne font que louanger le travail acharné du metteur en scène. Un peu de retenue n'aurait pas fait de mal. Par la suite, il y a une multitude de publicités de produits de la compagnie Sony Pictures et une piste de commentaires un peu confuse composée des voix du réalisateur et de son fils Amedeo Turturro. La famille discute d'anecdotes sans jamais réellement expliquer les enjeux, rigolant allègrement sur les scènes coupées au lieu d'en dire davantage sur ce qui a été retenu au montage. Étrange, surtout que les deux adultes semblent être dans leur propre bulle.

Avec sa distribution étincelante et ses jolies chorégraphies, il est surprenant que "Romance and Cigarettes" n'ait jamais pu se trouver une voie jusque chez les écrans québécois. Heureusement, la sortie en DVD va permettre au public de découvrir la nouvelle réalisation de John Turturro. Sans doute que le film ne passera pas à l'histoire et qu'il aurait pu être beaucoup plus réussi, mais un certain plaisir ressort des numéros musicaux, ainsi que de son sujet universel traité avec beaucoup de simplicité. Une brise de fraîcheur qui s'oublie presque aussitôt.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments5
Vidéo7
Audio8