Running with Scissors
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Ryan Murphy
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 122 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD51), Portugais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Chinois, Coréen
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
21 janvier 2007

La douloureuse existence de l'Américain moyen prend une nouvelle tangente dans "Running With Scissors", une comédie dramatique où l'être humain et la bonne musique sont positionnés au centre de l'échiquier. Un pansement provisoire d'une douce folie qui peut prendre des propensions extrêmement bizarres.

Pendant les années 1970, la vie du jeune Augusten (Joseph Cross) est chamboulée en de maintes occasions. Son père (Alec Baldwin) se chamaille inlassablement avec sa mère (Annette Bening), une femme névrosée qui aspire à devenir célèbre. Dans sa quête de gloire, elle suit les recommandations d'un psychologue charlatan (Brian Cox) qui conseille de lui laisser son fils afin de prendre sa carrière d'écrivaine en main. Dans sa nouvelle famille, Augusten doit cohabiter avec des gens manipulés, dont la mère bienveillante Agnes (Jill Clayburgh), l'aînée soumise Hope (Gwyneth Paltrow) et la rebelle adolescente Natalie (Evan Rachel Wood). Lorsqu'en plus le héros de quinze ans doit vivre pleinement ses pulsions homosexuelles, les imbroglios et les crises ne tardent pas à survenir.

Sur papier, "Running With Scissors" ressemble beaucoup à l'extraordinaire Tarnation de Jonathan Caouette. C'est une biographie extrêmement personnelle (basée sur le livre éponyme d'Augustin Burroughs), l'époque est la même, le climat social est aussi malsain et le personnage principal doit composer avec son orientation sexuelle qui n'est pas la même que celle de son entourage. À l'écran, le résultat ne pouvait pas être plus différent. Cette fois, ce ne sont pas des vieilles cassettes qui sont utilisées, mais bien de belles caméras qui ne laissent aucun plan au hasard. La réalisation sensible de Ryan Murphy fait fi des artifices pour mettre l'emphase sur les protagonistes. Entre les temps morts et les quelques répétitions, l'important, c'est la psychologie des individus qui priment.

Dans l'ensemble, l'interprétation est sentie et tout à fait appropriée. Annette Bening ressort son rôle d'hystérique irritante, mais le reste vaut le coup d'œil. Joseph Cross est suffisamment sobre pour faire croire de ses attentions, Alec Baldwin est crédible dans son éternel homme blasé et Brian Cox vole rapidement la vedette en proposant des alternatives un peu surprenantes. L'histoire a beau aller dans toutes les directions, la fin s'avère parfaitement prévisible et ce type de récit, très similaire de celui d'Igby Goes Down, ne brille pas par son originalité, les fans d'un cinéma imprévisible à la façon d'un Wes Anderson risquent toutefois de passer un bon moment.

Même si ce long-métrage se déroule pendant les années 1970, l'époque est très peu représentée. L'action se déroule principalement dans une maison au désordre permanent qui est souvent inquiétante. Les images solides ne laissent jamais transparaître de défauts majeurs, sauf peut-être ce blocage qui s'accapare de quelques coussins. Les couleurs honnêtes bénéficient d'une très bonne luminosité et de contrastes tout à fait adaptés aux situations. Contrairement aux décors, les chansons choisies sont tout à fait représentatives d'un temps révolu. Les gros succès s'enchaînent rapidement, envahissant les nombreux haut-parleurs par leur intensité. Les différentes pistes sonores sont rarement entravées par des bruits extérieurs et si le Dolby Digital 5.1 est disponible dans les langues anglaises, espagnoles et portugaises, celle de Molière devra se contenter d'un Dolby Digital 2.0... Cette dernière est cependant très au point et la traduction n'est pas si terrible. Au pire, une horde de sous-titres (en français, chinois, coréens, portugais, espagnols, anglais) sont disponibles.

Malgré son titre si étrange, encore plus que le supposé culte Snakes on a Plane, "Running With Scissors" est loin d'être une œuvre horrifique. Un simple coup d'œil sur la pochette pour s'en convaincre. Un être au visage voilé par un sac de papier tient une photographie à l'effigie de sept personnes. Intéressant à défaut d'être pleinement unique. Le menu principal du DVD offre un montage énergique et rapide de plusieurs séquences qui s'harmonisent sur une musique très légère. Les suppléments semblent nombreux et il ne faut pas se fier à leur nombre. Les trois documentaires réunis dépassent à peine vingt minutes et les informations sont loin d'être pleinement pertinentes. Sur "Creating the Cuckoo's Nest", l'homme derrière la création des décors, Richard Sherman, parle de cette maison si particulière. Ses efforts ne convainquent pas totalement. Lors de "Inside Outsides", les comédiens discutent de leurs personnages en passant un peu trop de temps sur leurs gros traits. Pendant "A Personal Memoir by Augusten Burroughs", l'auteur relate son enfance en abordant la construction du roman, le passage à l'écran et le rôle du réalisateur, producteur et scénariste Ryan Murphy. Ce dernier segment plus nutritif ne l'est pas assez pour faire oublier les largesses précédentes. Il y a également une section où il est possible de voir une multitude de bandes-annonces de futures productions de Sony Pictures.

Sorte de The Royal Tenenbaums en moins coloré et émouvant (tiens, Gwyneth Paltrow y était déjà), "Running With Scissors" est une douce comédie dramatique qui s'avère rapidement sympathique. S'il est facile de rester à l'écart de ces lieux connus, des situations très saugrenues et une magnifique trame sonore auront tôt fait de convaincre les esprits plus cyniques.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments4
Vidéo7
Audio7