Derrière ses faux airs de petite comédie mignonne, "Say Uncle" ressemble plus en fait à une forme de dénonciation de l'amalgame que certaines personnes font du monde qui les entoure. Sous prétexte que, les marginaux de la société sont aussitôt catalogués par la masse populaire, souvent menée par quelques individus à la parole facile qui font briller le bien de la communauté. Mais que fait la police?
Paul Johnson (Peter Paige) habite à Portland, Oregon. C'est un jeune homme dans la trentaine, gai, très sociable, simple, qui partage son temps entre son travail qui l'ennuie, son ami Russel (Anthony Clark) qui essaie de l'aider, sa passion pour la peinture et surtout son filleul Morgan, avec qui il a développé une véritable passion de chaque instant. Paul est heureux avec des enfants et ces derniers le lui rendent bien. Mais son monde s'écroule rapidement quand les parents de Morgan, Jim et Sarah Faber (Lisa Edelstein) lui annoncent qu'ils partent vivre au Japon, où Jim a un nouvel emploi. Paul sombre alors dans une crise de tristesse importante, qui lui fera quitter son emploi. Morgan lui manque beaucoup, alors il décide de s'occuper d'enfants, ce qu'il sait le mieux faire et qu'il aime tant. Il fréquente les parcs et joue autant qu'il peut avec toutes les petites frimousses présentes. Mais Maggie Butler (Kathy Najimy) est suspicieuse. Un soir, alors qu'elle se sort de sa vie de couple ennuyante, un reportage à la télévision lui donne le portrait de l'abuseur d'enfant: jeune, seul, traînant dans les parcs et sans enfants. Il n'en faut pas plus à notre paranoïaque pour voir en Paul le monstre qu'il n'est pas et de vouloir à tout prix l'exclure de la société.
Écrit, coproduit, réalisé et joué par Peter Paige, cette satire de la vie sociale est un des malheureux exemples de cette surabondance d'informations laissées en jugement à tout le monde, sans avoir forcément les possibilités de les comprendre dans leur sens le plus strict. Malheureusement, nous n'avons pas tous la même facilité d'analyse. Certes, Paul n'est pas non plus très futé dans ses agissements, mais il est vrai et surtout honnête envers lui et le monde qui l'entoure. Notons, en plus des acteurs déjà cités, la présence de Jim Ortlieb, un habitué, que dis-je, un pilier de très nombreuses séries télévisées où il passe souvent le temps d'un épisode. Mentionnons également Gabrielle Union et Melanie Lynskey. Un bel ensemble d'acteurs, surtout venant de la télévision, dans cette production.
TLA Releasing nous propose une bonne édition DVD pour ce film, avec une image panoramique anamorphique manquant légèrement de finesse, de saturation dans les couleurs et montrant régulièrement quelques problèmes de compression (DVD-5 oblige). Du point de vue sonore, la piste anglaise n'a pas un grand déploiement, mais le film ne s'y prête pas non plus. Le tout reste très compréhensible. Il y a des sous-titres anglais de disponibles. La page de menu principal est animée avec des extraits du film et illustrée de la chanson thème. Les pages secondaires sont statiques. On ne manquera pas de constater la parodie de la célèbre toile de Grant Wood, "American Gothic", représentant ce fermier à la fourche avec sa femme, en guise de photo principale. De plus, le boîtier transparent permet d'avoir aussi des illustrations intérieures.
Les suppléments ne sont pas nombreux. Il y a une piste de commentaires de Peter Paige qui nous donne surtout des anecdotes de tournage, comme les présences de membres de l'équipe dans les scènes ou les remarques sur sa direction d'acteurs. On trouve également un très court documentaire de production (cinq minutes), qui est plus un film promotionnel. Et parlant de promotion, nous avons la bande-annonce du film ainsi que d'autres bandes-annonces de films de TLA Releasing.
"Say Uncle" est un petit film qui fait un peu réfléchir. Peter Paige a choisi un sujet délicat de nos jours, mais peut-être que le dosage entre la vie de Paul et l'affaire de l'abuseur manque d'ajustement. Il en ressort malgré tout qu'il faut peut-être plus se méfier des personnes qui montent vite en épingle une histoire banale que des vrais prédateurs. Finalement, il faudrait se méfier de tout le monde! À voir pour peut-être essayer de sensibiliser un peu la société qui nous entoure et éventuellement penser que la police n'est pas toujours aussi insouciante.
| Film | 8 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |