Scarface
Cinema Classics
Universal Studios Home Video

Réalisateurs: Howard Hawks, Richard Rosson
Année: 1932
Classification: PG
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 19
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
27 mai 2007

À moins d'être centenaire ou d'être un fervent enthousiaste des débuts du cinéma parlant américain, quand on mentionne Scarface on pense au film de Brian DePalma , ce grand plagiaire devant l'éternel. Or en 1930 le réalisateur hollywoodien Howard Hawks réalisa un film du même nom dont s'inspira largement DePalma pour son remake. À cause de sa nature violente et de problèmes avec le bureau de censure pour toutes ses références à la relation incestueuse entre le héros et sa sœur (Ann Dvorak), le film ne sortit pourtant en salle qu'en 1932 avec une scène ajoutée dans le but d'alléger le tout et qui ne fut même pas tournée par Hawks. Le producteur Howard Hughes fit même tourner une fin différente pour essayer de calmer les censeurs de certains états.

Tout comme son pendant récent, "Scarface" raconte l'histoire de Tony Carmonte, un petit criminel qui, de simple homme de main violent dans un syndicat du crime, en gravit rapidement les échelons pour finalement en devenir le grand patron. Bien que ni la ville de Chicago ni le nom d'Al Capone ne soient mentionnés, il est évident que la version de Hawks, scénarisée par Ben Hecht, LE scénariste de films noirs, fait fréquemment référence à la vie de ce bandit notoire qui avait terrorisé et passionné les gens peu avant l'époque du tournage du film. Même que des membres du gang de Capone furent engagés comme consultants pendant le tournage!

Le rôle principal de Carmonte est tenu par Paul Muni qui commença sa carrière en grande avec une excellente prestation. Il est vrai qu'aujourd'hui le jeu de Muni peut nous paraître un peu exagéré, voir caricatural, mais c'était le style de l'époque ou on sortait du muet et où les émotions passaient par les mimiques faute de dialogues. François Truffaut qui était critique de cinéma avant d'être réalisateur a même déjà suggéré que Hawks avait dirigé Muni pour le faire ressembler plus à un singe qu'à un homme, nous montrant ainsi le côté bestial du personnage! Il faut aussi remarquer la présence de l'excellent Boris Karloff qui avant de devenir le monstre le plus aimé de l'histoire du cinéma (de Frankenstein à la momie en passant par le loup-garou et autres bibittes) joue ici un gangster assez crédible.

"Scarface" étant considéré par plusieurs comme le film de gangsters le plus représentatif de l'époque, il fait donc plaisir de le voir pour la première fois en DVD La copie utilisée pour le transfert est assez belle et compte tenu l'âge vénérable du film, la qualité globale est satisfaisante. Bien entendu on est loin du raffinement technologique des pellicules noir et blanc des années cinquante et soixante, ce qui amène un manque de latitude dans les zones contrastées et un manque de définition dans les zones sombres. Si on ajoute la perte de nuances engendrée par la majorité des téléviseurs par rapport à l'écran de cinéma (le projecteur en fait), on peut dire que les noirs sont noirs et les gris foncés sont noirs aussi! On voit aussi par moments un peu de pompage de l'image, du à la vitesse irrégulière des caméras de l'époque. Pour l'audio, encore là on a affaire à un son enregistré en 1930, aux débuts du parlant. Pas de THX ni de Dolby stéréo à cette époque!!! Mais somme toute, on a essayé de faire le mieux possible avec la matière brute disponible. Un bon nettoyage et polissage de l'audio qui enlève beaucoup d'imperfections et rajeunit le tout, mais ne peut évidemment pas refaire totalement la bande originale. En suppléments, une introduction d'un historien du cinéma, Robert Osborne et la fin alternative tournée pour apaiser les censeurs de l'époque.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments6
Vidéo6
Audio5