Scorpion King 2: Rise Of A Warrior
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Russell Mulcahy
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
24 août 2008

Après Resident Evil: Extinction, que pouvait-on attendre du sieur Mulcahy, créateur de Highlander? En résumé: bien plus que cette farce utopique annonçant la descente aux enfers d'un guerrier supposé craint de tous. Il faut éviter à tout prix cet exercice futile de résurrection de Xena ou autre Hercules. Le mélange insipide laisse dans la bouche un arrière-goût d'ambitions jamais rehaussées.

Mathayus est un jeune guerrier voulant venger la mort de son père (quoi de neuf?). L'ayant vu casser sa pipe alors que des scorpions noirs lui injectaient leur venin mortel, le jeune homme a tôt fait de reconnaître la trace du Roi (Randy Couture), le tyran du royaume (à date, tout le monde suit, pas de doute). Prenant n'importe quel passant dans sa quête, Mathayus se rend jusqu'en Enfer pour prendre à la "déesse" Astarte l'épée de Damoclès. Pendant ce temps, le Roi chauve prépare son ascension et il se pourrait bien que personne ne puisse l'arrêter (sauf bien entendu une personne pourvue de l'épée de Damoclès... zut, j'en ai peut-être trop dit...).

Rien ne tient la route dans cette épopée ratée d'un bout à l'autre. Mulcahy, réalisateur de films plus réussis (The Shadow, largement sous-estimé), se voit aujourd'hui devenir l'ombre de l'ombre de lui-même. Des acteurs jouant sans aucune conviction (quand devient-il illégale de surnommer un acteur "acteur"?), des effets spéciaux "saisissants" (la pochette mentionne qu'ils le sont, du moins) au point de faire paraître ceux de Mortal Kombat (datant de 1995, NDC) comme l'équivalant de Lord of the Rings. Un Minotaure boiteux, un Scorpion semi-invisible et nase, sans compter plusieurs plans dont le ciel étoilé du voile de la nuit constitue un ratage notoire. Des répliques indigestes comme "Je vais t'arracher les yeux!" et d'autres telle: "Génial! Comme ça j'te verrai plus!" minent le film du début à la fin à un point tel qu'on se demande si l'on n'assiste pas à un concours du monologue le plus cheap (seul Army of Darkness a su trouver une place culte en la matière). Le scénario somnolant sous les traits du produit final laissent croire à un récit autrement plus ambitieux dont le budget a eu raison telle la morsure fatale d'un scorpion noir. Le carnet des stéréotypes est respecté: héros musclés, nymphettes fatales belles à en crever, les personnages rédempteurs de service (caricaturant Boromir avec peine), etc. Les emprunts faits à gauche et à droite sautent aux yeux. On se permet même de reprendre la phrase finale et culte du film de John Milius, à savoir Conan the Barbarian, et on voudrait que le spectateur soit rivé devant son poste de télé?? Laissez-moi donc rire! Et risibles, les performances pitoyables le sont certainement. La finale sans queue ni tête ne fonctionne pas avec ce happy-end doublé d'une mauvaise fin (Mathayus se contredit sans cesse de toute façon). C'en devient un réel plaisir coupable de voir ces jeunes gens tenter de rendre "crédibles" ces personnages à la psychologie de pâte à modeler et ce ne sont pas les suppléments qui diront le contraire.

Tiens, justement quand on parle du loup, les supposés extras ne sont en réalité qu'une formalité pour tenter de justifier ce bide mastoc à l'occasion du troisième film de la série The Mummy. On ne refait donc rien pour remonter le moral en nous présentant ces scènes coupées sans intérêt, une revuette sur le tournage ne nous apprenant rien d'autre qu'il s'agissait du plus difficile tournage pour les acteurs (ils ne sont pas habitués aux défis d'interpréter des personnages imbus d'une telle profondeur, imaginez un peu!! L'Odyssée d'Homère, ce n'était rien à comparer!). Tout ce qu'ils ont à faire, c'est empêcher un feu, combattre un Minotaure et un Scorpion, la déesse Astarte (pour les lettres précédant "as", elle mérite ce nom). Bref, pas de quoi en redemander. Au moins, la piste de commentaires habituelle est, cette fois, absente. Une bonne chose.

L'image est très bonne, contenant ne serait-ce que quelques défauts de compression. Les teintes chaudes sont particulièrement scrupuleusement respectées, ne tombant que très rarement dans les saturations exagérées (scènes de nuit, d'effets spéciaux). Côté sonore, le doublage québécois (enfin!!) et la piste d'origine nous plongent dans cet enfer cacophonique de dialogues pourris (les scènes de foule répètent souvent les mêmes paroles, comme si la foule n'était pas intelligente... ben voyons) et de confrontations supposées mythiques annonçant la chute d'un guerrier de valeur.

Ce spectacle ne satisfera que les fans de la série, et encore. Ce serait un bien triste constat pour une suite que l'on n'attendait en aucun cas. Puérile, immature, dialogues ne franchissant jamais la hauteur d'un étudiant du primaire, annonçant seulement ce que le spectateur sait déjà. La redondance à Hollywood, ça paie il paraît, mais quand il s'agit de la maison responsable de la création de récits immortels tels Frankenstein, Dracula, The Wolf Man, The Mummy, tous datant des années 30, force est de constater que la Universal continue dans l'exploitation du filon bon marché des suites à petit budget sans se soucier réellement de la qualité au final. Dommage puisque la finale originale de ce film aurait pu être démente: la foule brûlée vive, sacrifiée à Astarte, permet l'arrivée de la déesse sur Terre, confrontée à deux des personnages principaux. Ç'aurait été épique... mais bon... les dollars parlent plus fort aux tiroirs-caisses que les mots songés.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments7
Vidéo8
Audio8