Seabiscuit
Widescreen
DreamWorks / Universal Studio

Réalisateur: Gary Ross
Année: 2003
Classification: PG
Durée: 141 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 25
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Raphaël Martin
18 décembre 2003

Nous sommes à la toute fin des années 20. Charles Howard ne vit que pour les automobiles. Il sait que ces machines sont le futur et il investit tout son temps dans cette industrie. Cependant, une terrible tragédie chamboulera sa vie à jamais. En même temps, au mois d'octobre 1929, l'Amérique s'effondre avec l'énorme crash boursier. Des millions de familles se retrouvent à la rue. C'est le cas des Pollard. Les deux parents savent que leur aîné, Red, possède un talent inné pour monter à cheval. Ils n'hésitent pas une seconde à confier leur fils à un propriétaire d'écurie.

On se retrouve six ans plus tard. Red Pollard accumule les défaites comme jockey et comme boxeur sur le ring. Personne ne s'occupant véritablement de lui, le jeune homme, à moitié aveugle, est voué à un avenir de délinquant. Un beau soir, Tom Smith, un entraîneur de jockey vieillissant, fait la rencontre d'un nouvel étalon en qui il dénote immédiatement quelque chose de spécial. Seabiscuit semble posséder une fougue peu habituelle. Smith se met alors en tête de dénicher un jockey qui sera en mesure de monter convenablement le pur-sang. Cependant, le mauvais caractère du poulain rebute tout le monde. L'entraîneur aperçoit alors Red Pollard et le présente à Seabiscuit. C'est ainsi que s'enchaînera une épopée magistrale et victorieuse qui tiendra l'Amérique entière en haleine durant plusieurs mois.

Basé sur une histoire vraie, "Seabiscuit" possède tous les éléments pour plaire. La réalisation est soignée, la direction photo est superbe, l'histoire est poignante en plus d'être véridique et les acteurs offrent tous de grandes performances. C'est le cinéaste Gary Ross qui a donné vie à ce long métrage, en rédigeant le scénario d'après le roman de Laura Hillenbrand. Aussi surprenant que cela puisse paraître, "Seabiscuit" n'est que le deuxième film en carrière réalisé par Ross, le premier étant Pleasantville. Dans ces deux longs métrages, on peut constater l'intérêt de Ross envers le début du siècle et les images en noir et blanc. Le travail de réalisation est par contre beaucoup plus impressionnant sur "Seabiscuit". Ross a su filmer de magnifique façon toutes les scènes de course et a même réussi à y insuffler des moments d'émotion. La direction photo, prise en charge par John Schwartzman (notamment reconnu pour son travail sur Pearl Harbor et Armageddon), est tout simplement remarquable. Les images et les couleurs sont souvent d'une beauté à couper le souffle.

Ce n'est pas seulement le travail derrière la caméra qui ressort. Les interprétations des acteurs sont également à ne pas négliger. Une belle brochette d'acteurs se partage l'écran et le résultat est brillant. Dans la peau de l'homme d'affaires Charles Howard, Jeff Bridges est fidèle à lui-même. Une prestation intense et nuancée. Acteur autrefois sous-estimé, Chris Cooper commence de plus en plus à se bâtir une solide réputation. Sa performance dans ce film est encore une fois à la hauteur. Tobey Maguire, en jockey Red Pollard, nous fait facilement oublier l'homme-araignée qu'il est désormais avec une belle interprétation. Enfin, avec un petit rôle plutôt loufoque, William H. Macy ajoute la dose d'humour à l'histoire dramatique.

Pour un film d'une telle qualité, l'édition DVD d'un disque est très bien réussie. Tout d'abord, les menus sont simples sans être inintéressants. Bien que statique, chaque page comporte une belle photo et de la musique. Et les transitions pour passer d'une page à l'autre sont très jolies. Puisque les couleurs choisies par le réalisateur et le directeur photo sont très importantes à l'écran, il était essentiel qu'elles ressortent bien sur le DVD. Et c'est amplement le cas. Les scènes davantage colorées sortent parfaitement ou presque. Même chose pour les séquences plus sombres. En ce qui concerne la qualité sonore, c'est un très bon résultat également. Les nombreux moments de course dans le film sont parfaitement ressentis dans les cinq canaux. En fait, les multicanaux sont exploités à plusieurs reprises tout au long du visionnement, sans toutefois agacer.

Bien qu'une édition spéciale de deux disques aurait été encore plus appréciée (c'est toujours le cas lorsqu'on adore un film!), les suppléments inclus sur cette édition s'avèrent tous des plus intéressants. Tout d'abord, il y a le traditionnel documentaire sur la production intitulé "Bringing the legend to life". Ce vidéo donne la parole à plusieurs artisans qui expliquent divers aspects du long métrage. On y apprend qu'il y avait plusieurs chevaux pour camper Seabiscuit afin qu'il y en ait toujours un en forme pour courir. On y raconte également que c'était plutôt long de costumer les centaines de figurants qui prenaient place dans les estrades lors des courses de chevaux. Gary Ross, le réalisateur, discute ensuite du travail qu'il a accompli avec William Goldenberg lors du montage final du long métrage.

Nous avons ensuite droit à un petit vidéo de quatre minutes qui s'appelle "Anatomy to a movie moment". Durant ces quelques instants, Gary Ross explique en détail comment il a mis en image une scène en particulier à partir du scénario qu'il avait écrit. Ce supplément est très intéressant, car on y voit à la fois des images de la scène en question et des segments du scénario que Ross a écrit. En plus, celui-ci n'est pas avare sur les commentaires et on en apprend beaucoup en peu de temps. Il explique notamment les angles de caméra qu'il a utilisés.

"Racing through history" est un documentaire qui raconte la popularité des courses de chevaux en Amérique au début du siècle. Gary Ross y affirme que dans les années 30, les trois sports les plus populaires étaient la boxe, le baseball et les courses de chevaux. Laura Hillenbrand indique même que dans les journaux, on parlait davantage du cheval Seabiscuit que du président américain Roosevelt et Hitler! Ce sport, bien que fortement apprécié, était extrêmement dangereux. On y souligne qu'entre les années 1935 et 1939, pas moins de 19 jockeys sont morts en compétition.

Le dernier supplément vidéo est "Photo finish: Jeff Bridges on the set of Seabiscuit". Vouant une grande passion pour la photographie, l'acteur Jeff Bridges a décidé de prendre plusieurs clichés lors du tournage, afin d'en conserver un souvenir impérissable. Ce supplément nous offre 28 photos en noir et blanc avec les commentaires écrits par Bridges en dessous. Comme autres suppléments, il y a également des biographies sur les cinq acteurs principaux ainsi que le réalisateur et 27 pages de notes de production.

Enfin, il ne faut pas oublier la piste de commentaires avec Gary Ross et Steven Soderbergh (ce dernier avait été producteur sur Pleasantville). Au début de la piste, Soderbergh agit davantage à titre d'interviewer. Il fait part de ses commentaires et pose des questions à Ross. Les deux discutent ensemble, sans faire nécessairement référence aux scènes que nous voyons à l'écran. Mais par la suite, quelques minutes plus tard, Ross décrit les séquences avec la précision que l'on lui connaît. Une piste de commentaires plutôt intéressante qui nous en apprend encore plus sur le long métrage.

"Seabiscuit" est un film que j'ai énormément apprécié pour plusieurs raisons. L'histoire véridique nous présente des personnages qui font preuve d'une grande détermination et d'un acharnement sans fond. Ajoutées au récit, la réalisation et la direction photo font de ce long métrage un sérieux candidat pour la prochaine cérémonie des Oscars.


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