See Arnold Run
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: James B. Rogers
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 88 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
14 septembre 2005

J.B. Rogers, le réalisateur de "classiques" comme Say it Isn't So et American Pie 2 se risque dans un téléfilm ennuyeux sur la vie d'Arnold Schwarzenegger. "See Arnold Run" réussi peut-être l'exploit de demeurer assez objectif, mais l'ennui n'est jamais trop loin.

Pendant 88 minutes, le scénariste de Dumb and Dumber, J.B. Rogers, raconte classiquement l'histoire d'un des Autrichiens les plus célèbres de la planète. Afin de ne pas perdre le spectateur, le récit mélange allègrement trois époques différentes. La première montre un Arnold enfant friand de cinéma et qui aime beaucoup la compétition. La seconde, beaucoup plus longue, reconstitue les difficiles étapes d'une jeune étranger qui doit survivre dans un pays qui n'est pas le sien. Pour y arriver, il décide de devenir monsieur Olympia. Le dernier segment tente de raconter les dernières journées de l'élection qui a amené le triomphe du "Terminator" en Californie et de ses difficultés avec les partis adverses.

"See Arnold Run" aurait pu être un brillant documentaire sur un homme mésestimé. À l'aide d'archives et de témoignages, la vie d'une des vedettes les plus populaires d'Hollywood aurait pu fasciner à outrance. Mais il n'en est rien. Car cette histoire est un long métrage de fiction. Adapté platement du roman True Myths: The Life and Times of Arnold Schwarzenegger de Nigel Andrew, l'intérêt ne semble jamais présent bien longtemps. C'est qu'entre les accusations d'harcèlements sexuels, la prise de drogues et l'ignorance du principal intéressé envers les principaux enjeux politiques, rien de nouveau ou d'inédit ne ressortent du lot. Cette déception est d'autant plus grande qu'une bonne partie de l'existence de la vedette de True Lies est manquante. En effet, le réalisateur ne s'attarde jamais à sa carrière cinématographique! Il préfère tracer un parallèle entre ses succès dans un concours de culturisme et sa victoire surprise et médiatisée comme gouverneur en 2003. Très rapidement, le sujet est exploré à fond et la redite se fait sentir.

Du coup, il est très difficile de prendre cette entreprise au sérieux. Surtout que les acteurs ne ressemblent en rien aux modèles vivants. Dans le rôle titre, Jürgen Prochnow incarne un Arnold vieillissant faible et peu crédible. Son épouse, Maria Shriver, porte les traits d'une Mariel Hemingway (dont le dernier personnage intéressant doit remonter en 1979 avec Manhattan) effacée et assez inutile. Ensemble, ce couple est sujet à des dialogues lourds et sirupeux du genre "c'est parce que nous sommes unis que nous réussissons". Un peu plus sympathique, le jeune Arnold est défendu sans réelle passion par Roland Kickinger. Cet Américain a le physique de l'emploi, mais la tête et l'accent sonnent terriblement faux.

Puisque "See Arnold Run" est, à la base, un téléfilm, le transfert sur DVD est loin d'être mémorable. Le spectateur verra même des zones noires à des endroits précis, annonçant les publicités! Comme les évènements se déroulent en trois phases, il en va de même avec les images. Il y a quelques séquences en noir et blanc qui sont plutôt réussies. Les contrastes sont intéressants et les figures demeurent bien définies. Malheureusement, ces moments sont rares. Plus nombreux sont ces retours dans les années 1970. Cette fois-ci, la lentille utilisée est vive et suffocante. Un peu trop d'ailleurs. Le rouge sature les autres couleurs et les ombres prennent un peu trop de place. C'est toutefois le contraire pour les séquences qui se déroulent pendant la période électorale. À ce moment, les zones grises et bleues hantent la pellicule. Ce traitement, plus stérile et réaliste, permet une meilleure définition des détails. Si ce va-et-vient entre les tons chauds et froids n'est pas difficile à créer (tout dépend de la luminosité), le procédé n'est pas toujours fluide.

Loin d'être envahissante, la musique ne laisse en aucun moment des souvenirs impérissables. Il y en a peu et presque jamais lorsqu'un des protagonistes parle. Au moins, les différents airs rock sortent bien des haut-parleurs. Le son est d'une bonne intensité. Quant aux voix principales, rien à redire non plus. Il n'y a aucun écart ni de défauts majeurs dans cette utilisation rudimentaire de l'audio.

L'existence même du DVD est une véritable farce. Sur la pochette, deux photos du long métrage sont superposées l'une sur l'autre. À l'intérieur, seulement un disque orné des couleurs et des étoiles américaines. Le menu principal reprend un autre extrait du téléfilm. Sauf qu'il n'y a pas de son ou de segments déroulants pour attirer l'attention. Ce laxisme se répercute au niveau des options, pratiquement inexistantes. Entre le choix du film et celle des scènes, c'est très difficile de se tromper.

Bien que "See Arnold Run" comporte quelques calembours qui font sourires et tente à demeurer impartial, le reste est totalement désolant. C'est difficile de croire aux personnages, l'histoire est prévisible au possible et on cherche encore l'utilité d'un tel DVD.


Cotes

Film2
Présentation1
Suppléments-
Vidéo5
Audio6