Separate Lies
20th Century Fox

Réalisateur: Julian Fellowes
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 86 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
26 février 2006

Sans ses excellents interprètes, " Separate Lies " serait un vague téléfilm totalement anonyme et ennuyeux. Quelle chance que le duo formé de Tom Wilkinson et d'Emily Watson est de la partie pour sauver partiellement les meubles!

Pour leur entourage, Anne (Emily Watson) et James (Tom Wilkinson) forment un couple parfait. Il ne faudrait pas se fier aux apparences. En accumulant les longues charges de travail, James délaisse de plus en plus son épouse qui se fera réconforter par le jeune, riche et arrogant Bill (Rupert Everett). Lorsqu'un ami décède après avoir été happé par une automobile, la police enquête. De peur que Anne ne soit mêlée à cet incident, son mari commence à mentir pour la protéger. Une fois que les vérités commencent à être connues de tous, ce sacrifice ne pourra plus s'arrêter.

Gagnant d'un Oscar en 2001 pour l'écriture du scénario de Gosford Park, Julian Fellowes se risque à la réalisation avec le conventionnel " Separate Lies ". Cette fois, il cherche à savoir jusqu'où peut se rendre un homme amoureux envers sa femme adultère. Ce canevas, n'est-il pas le même que l'excellent The End of the Affair de Neil Jordan? Entre les deux, les comparaisons ne tiennent pas plus de deux secondes tant les longs métrages sont aux antipodes. Le travail du cinéaste de The Crying Game était luxueux, sa recréation d'époque absolument géniale, la trame sonore majestueuse et le récit, beaucoup plus enlevant. Ici, l'audace est absente, les plans sont communs et malgré ses quelques petites 85 minutes, il y en a au moins 15 de superflues à la toute fin.

Comme chez l'ordinaire Winter Solstice, le seul attrait réellement intéressant de "Separate Lies" est la magnificence des comédiens. À commencer par le très sympathique Tom Wilkinson, obsédant et très présent. Son jeu est truculent, souvent en œillades, en soupirs et en regards de cocker. Il est la base fondamentale de cette production artisanale. Toujours convaincant. De son côté, Emily Watson n'a pas besoin de trop jouer pour trouver le ton juste. Sa tristesse est infinie, maximisée par son regard bouleversant. Son être se déchire entre deux âmes et elle écoute ses pulsions plutôt que sa raison. Un beau personnage jamais caricatural ou dichotomique. Il n'y a que Rupert Everett qui horripile avec ses mimiques extrêmement désagréables. Quelle performance médiocre pour un acteur qui l'est tout autant!

Avec un tel drame, il n'est guère surprenant de constater comment les teintes de l'image sont grises et même fades. Si c'était le but visé, le résultat est réussi. La pâleur de l'environnement déteint sur les lieux et les personnages. Par moment, quelques parasites deviennent visibles, alors que des effets de blocages sont perceptibles à de nombreux endroits. Deux inconvénients qui ne briment pas trop ces détails justes et ces reflets lustrés. Les sous-titres blancs ne sont également pas une source de distraction. Ils se lisent aisément et ils sont pratiquement sans erreur orthographique. Les pistes sonores ne brillent cependant pas par leur ingéniosité. L'utilisation des haut-parleurs situés sur le côté est très limitée, parfois même à peine perceptible. Quelle chance que ceux à l'avant compensent aux bons endroits! Si les voix paraissent peu élevées, elles ne sont toutefois jamais enterrées par des bruits ou de la musique. À ce sujet, la trame sonore concoctée par Stanislas Syrewicz s'avère à la fois sensible et entraînante, métamorphosant souvent les émotions sans passer par les mots.

La présentation du DVD est fidèle au contenu. La pochette montre une séquence adultère avec un gros plan sur la tête du mari cocufié. Tout y est ciselé, avec beaucoup de gouttes personnifiant l'excitation et les larmes. Le menu principal suit cette thématique en y incorporant une mélodie douce. L'eau de la douleur est abondante dans ces regards tristes en mouvement qui composent un fond turquoise. Des icônes très visibles ornent le bas de l'écran pour éviter toute confusion. Si les bonus comportent une bande-annonce plus ou moins réussie, il y a également une piste de commentaires du cinéaste. Avec son accent très prononcé, il égaye quelque peu le récit en donnant mille et une explications pas toujours nécessaires, mais indéniablement divertissantes.

Honnête drame parfaitement prévisible, "Separate Lies" ne montre pas un talent très imaginatif ou hors du commun de son réalisateur Julian Fellowes. Le tout s'écoute généralement bien les jours de pluie et les principaux protagonistes s'avèrent éblouissants. Il n'y a que l'histoire, les suppléments et Rupert Everett qui laissent terriblement à désirer. Une location intéressante, mais sans plus.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments3
Vidéo6
Audio6