Seven / The Number 23
Double Feature
Alliance Vivafilm

Réalisateurs: David Fincher / Joel Schumacher
Année: 1995 / 2007
Classification: 18A
Durée: 127 / 98 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 22
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935837008

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
4 juin 2010

La chaleur et l'humidité sont accablantes? Pourquoi ne pas rester chez soi et revoir deux suspenses qui ont déjà quelques années au compteur? C'est le pari de ce disque simple qui réuni le magistral "Seven" et le beaucoup plus oubliable "The Number 23". Sans doute que deux intéressants longs-métrages auraient été meilleurs qu'un seul, mais bon, cela n'est pas le temps de trop rouspéter en cette période de l'année.

Probablement le meilleur film en carrière du réputé cinéaste David Fincher, "Seven" est également une œuvre toute simple, où deux inspecteurs de police (Morgan Freeman et Brad Pitt) sont à la poursuite d'un tueur en série qui assassine en s'inspirant des sept péchés capitaux. Tout dans cet opus sent la maîtrise: la sublime photographie nocturne noyée dans la pluie qui empêche d'identifier l'époque et la ville où se déroule l'action, le rythme haletant alors que les véritables moments d'action se font rares, la performance saisissante des interprètes, le cheminement moral liés aux thèmes en place, etc. Jusqu'à cette révélation finale qui marque au fer blanc la mémoire du cinéphile. La plus grande réussite de l'entreprise est que 15 ans plus tard (eh oui, déjà), le récit fonctionne toujours de la même manière, fascinant et faisant peur tout à la fois.

Distribué sur les écrans en 2007, "The Number 23" a déçu plusieurs personnes. Avec raison. Pas que l'histoire – où un homme obsédé par le chiffre 23 perd littéralement la tête – ne possédait pas le potentiel dramatique voulu. Surtout que Jim Carrey est toujours surprenant lorsqu'il décide de jouer dans un registre plus sérieux. C'est seulement le scénario qui ne fait aucun sens, se contentant de plagier les univers troubles de David Lynch mais sans rien proposer de très substantiel en retour. Ce contenu faible, voire inexistant, est néanmoins enrobé dans une mise en scène musclée (et tape à l'œil) de Joel Schumacher, dont la carrière cinématographique est en chute libre depuis belle lurette.

Les deux titres sont présentés dans des formats 1.78:1, alors qu'ils étaient disponibles en 2.35:1 sur les précédentes éditions DVD. Cela ne paraît pas trop sur "The Number 23" qui conserve généralement sa riche palette de couleurs et ses teintes soignées. Hors, une des nombreuses qualités de "Seven" est de faire réagir par son pouvoir d'évocation, de suggestion. Bien que l'univers oppressant du directeur de la photographie Darius Khondji soit au rendez-vous, il y manque ces contrastes nettement plus développés et cette superbe définition des détails. Sur le plan audio, c'est exactement le contraire. Les deux pistes sonores sont peut-être en Dolby Digital 2.0, sauf que les enceintes sont nettement plus soignées chez le Fincher qui regorgent de bruits et de pluie, alors que le Schumacher s'avère bien fade. Dans tous les cas, les voix s'entendent parfaitement, le doublage français se veut très compétent, et il n'y a aucun sous-titre disponible.

Le boîtier assez conventionnel sépare la pochette en deux, présentant le visage des différents héros. Le plus vieil essai se retrouve sur le côté A du disque, le plus récent du côté B. Dès l'insertion du DVD, un menu apparaît, obligeant de choisir entre les deux efforts. Ensuite, un second menu, statique et sans musique, se dévoile, reprenant l'image du boîtier. Il est impossible de se perdre puisqu'il est seulement possible de sélection la langue pour le visionnement. Il n'y a donc aucun supplément. Cela est dommage, surtout que les bonus de "The Number 23" présentés sur une précédente version étaient beaucoup plus passionnants que le résultat final, et quiconque regrettera le travail exemplaire et les quatre pistes de commentaires de "Seven" présentés sur la New Line Platinum Series.

Deux films pour le prix d'un et à un faible coût? C'est ce qu'offre cette nouveauté qui double le plaisir rencontré. Ceux qui ne jurent que par la qualité du son, de l'image et des suppléments se tourneront davantage vers les précédentes éditions, plus complètes et satisfaisantes. Les gens qui ne veulent que posséder les longs-métrages seront comblés. Sans doute pas devant "The Number 23" qui ne remplit pratiquement aucune de ses promesses, mais pour "Seven", facilement le meilleur suspense des années 1990, à égalité avec The Usual Suspects. C'est le temps de prendre congé de la lumière et de se laisser à nouveau envahir par les forces des ténèbres.


Cotes

Film9/4
Présentation2
Suppléments-
Vidéo6/7
Audio7/6